Le président Hollande face au mensonge

13/04/2012   

Au soir du 6 mai 2012, le rideau se fermera sur le mauvais spectacle que nous ont donné les candidats à l’élection présidentielle. Le président devra affronter le très grave problème qui a été totalement occulté pendant la campagne, c’est-à-dire l’endettement insoutenable du pays, qui continue à se creuser mois après mois. Les marchés financiers ont accordé à la France une sorte de sursis pendant la période électorale. Mais comme nous dépendons entièrement d’eux pour payer les fonctionnaires, les remboursements maladie, les retraites et les allocations chômage, le nouveau président devra composer. Il faudra prendre très vite des mesures drastiques permettant de rassurer les créanciers de la France et ses prêteurs potentiels, sinon les taux d’intérêt s’envoleront et le pays s’enfoncera dans une crise extrêmement grave, entraînant dans sa chute l’Europe de Maastricht. S’il s’agit de Nicolas Sarkozy, qui n’a rien promis de très coûteux, il n’aura pas vraiment à se déjuger ; il suffira d’accentuer assez sévèrement la rigueur budgétaire. Mais s’il s’agit de François Hollande, il ne sera absolument pas en mesure d’appliquer le programme présenté au cours de sa campagne. Il devra, comme en 1982-83, abandonner les promesses démagogiques.

L’énorme différence avec le « tournant de la rigueur » de l’époque mitterrandienne, c’est que nous sommes aujourd’hui au bout du chemin et non plus au début. C’est à partir des années 80 que le pays s’enlise progressivement dans le surendettement. Il n’existe aucune excuse à cela : les dirigeants politiques de droite comme de gauche en portent l’entière responsabilité. Quand la croissance est faible, il faut adapter le niveau de vie de la population à la réalité économique et non la tromper en lui permettant de vivre à crédit au dessus de ses moyens. Un tel expédient, utilisé pendant trente ans, n’est plus disponible aujourd’hui : nous ne trouverions plus de prêteurs. Il ne reste qu’une sévère austérité, l’exact opposé des promesses électorales, c'est-à-dire du mensonge éternellement ressassé.