La route de la servitude

14/10/2012 

Pour tous les athées ou agnostiques, l’immixtion du religieux dans la vie publique relève souvent de l’archaïsme. Lorsque les religions acceptent la laïcité et ne cherchent pas à imposer leurs préceptes à l’ensemble de la société, il est possible de coexister avec elles. Mais lorsqu’elles se font menaçantes, autoritaires, intolérantes comme le fondamentalisme islamique, représenté particulièrement par la mouvance salafiste, alors il est nécessaire de montrer une fermeté à toute épreuve. Il s’agit en effet d’un choix fondamental : est-on contre l’homme (qui représente le mal car il est pécheur) ou pour l’homme (qui représente le bien car il est intelligent). La religion contre l’humanisme. La servitude contre la liberté.

Alors que le 20e siècle, du moins en France, était parvenu à faire accepter l’idée que le religieux relève de la sphère privée, le début du 21e siècle opère un retour en arrière qui inquiète tous les vrais démocrates. Les religions sont en effet par essence opposées à la liberté puisqu’elles proposent une représentation globale révélée. Un croyant a résolu de façon archaïque toutes les grandes questions de l’humanité : la parole soi-disant d’origine divine contient les solutions. La tentation de l’imposer à tous est omniprésente. Le prosélytisme est consubstantiel du religieux comme de tous les dogmatismes. On l’a encore vu avec la question du mariage homosexuel. Personne ne cherche à imposer à des homosexuels catholiques une obligation de se marier. Il s’agit tout simplement d’être juridiquement libre de le faire. Mais l’église catholique veut imposer sa philosophie à toute la société au lieu de se limiter aux seuls catholiques. Elle est relayée par des politiques plus ou moins manipulés, plus ou moins naïfs, plus ou moins intéressés.

Le problème n’est pas politique mais philosophique. Chacun doit exercer son libre arbitre et prendre position : l’avenir est-il ouvert et à la disposition de l’homme qui a toute liberté pour le configurer ou est-il entre les mains de représentants autoproclamés d’une divinité ? Nous avions choisi au 18e siècle le chemin de la liberté. Il n’y a pas à transiger avec ceux qui voudraient aujourd’hui nous mener vers la route de la servitude.