« L’Etat ne peut pas tout »

29/07/2012   

Cette phrase a été prononcée par Lionel Jospin en 2000 parce qu’il lui était impossible d’empêcher des licenciements chez Michelin. Certains prétendent qu’elle a pesé lourd dans sa défaite de 2002. On a du mal à le croire. Toujours est-il qu’elle reflète l’exacte vérité. Lorsque dire la vérité en politique est considéré comme contre-productif, il y a un grave problème éthique. Nous assistons aujourd’hui avec l’épisode Peugeot à un spectacle politique qui pourrait faire sourire si la situation n’était pas aussi sérieuse pour l’industrie française. Le Ministre du Redressement Productif s’agite, menace, convoque la famille Peugeot. Il a même des doutes sur la pertinence de la stratégie de cette entreprise, ce qui, après coup, suppose une brillante intelligence. Bref Arnaud Montebourg fait son travail de ministre : il offre un spectacle, c'est-à-dire une diversion. Car la réalité est toute simple : il n’a aucun pouvoir sur le groupe Peugeot qui est entièrement privé et qui décide librement de sa stratégie et des licenciements nécessaires dans le respect du code du travail.

Mais il y a plus : le plan gouvernemental concernant la filière automobile ne présente aucun intérêt. Il cherche en effet à agir sur une production très marginale (voitures électriques et hybrides). En 2011, il s’est vendu en France 2630 voitures électriques et 13340 voitures hybrides sur 2,2 millions de voitures immatriculées au total, ce qui représente 0,7% du marché. Les chances sont minces de voir décoller ce marché. Les voitures électriques ont une autonomie extrêmement faible (130 km environ). Les voitures hybrides sont très coûteuses. Tant que le stockage de l’électricité nécessitera de lourdes et encombrantes batteries, ces voitures ne seront pas des produits de consommation de masse.

Conclusion : le plan gouvernemental est un simulacre. Les « bonus » coûteront très peu au budget de l’Etat puisque le marché est ridiculement faible. La probabilité de succès de la voiture « verte » est elle-même ridiculement faible. Il n’y a donc aucun plan automobile, seulement de l’agitation politique.