Nos petits énarques

12/09/2011   

Le spectacle affligeant qu’offre la classe politique française, lorsqu’elle n’est pas directement en charge des responsabilités, incite au pessimisme. J.P. Raffarin, qui a pourtant été premier ministre, intervient pour un misérable problème de TVA. Il se fait ainsi le vil serviteur de quelques groupes de pression. François Hollande, pour grappiller quelques voix du côté des enseignants, promet de rétablir plusieurs dizaines de milliers de postes de fonctionnaires, s’il est élu président. Ainsi, face à la plus grave crise économique depuis 1929, nos petits politiciens continuent à faire de la politique. De la politique déclarative, communicationnelle, de la politique spectacle, de la politique… politicienne. Bref, de la toute petite politique. Les députés de la majorité ne valent pas mieux que ceux de l’opposition, qui ont l’avantage, pour montrer leur bêtise et leur cynisme, d’être précisément dans l’opposition. On s’oppose pour s’opposer, parce qu’on fait partie d’un clan qui estime avoir des droits à gouverner. Pas une voix ne s’élève chez les « représentants du peuple » (les guillemets s’imposent) pour se placer à la hauteur des problèmes, c'est-à-dire très haut, au-delà des médiocres divergences partisanes et des petits intérêts claniques. De Gaulle affirmait être monté vers les sommets pour ne plus jamais les quitter. Il devait être bien seul là haut, face au destin des peuples. Aujourd’hui, c’est nous qui nous sentons très seuls face à l’histoire car nous n’avons pas de dirigeants. Nous sommes en droit de regarder de très haut nos petits énarques.