Contraints et forcés

2/08/2011    

Il faut décidément que la classe politique occidentale soit acculée par la réalité économique et financière pour qu’elle se décide à prendre les mesures qui s’imposent. Du moins, à commencer à les prendre. La dette grecque a obligé les dirigeants européens à taire leurs dissensions. La dette américaine a obligé Obama à composer avec le Parti Républicain. Mais tout cela reste transitoire. Les dettes publiques européennes restent plus que préoccupantes. Quant à la dette américaine, elle pourra désormais augmenter de 2 000 milliards de dollars, c'est dire que tout reste à faire. Les rééquilibrages fondamentaux prendront des années et probablement des décennies. Il faudra avoir le courage d’expliquer à l’opinion que la fête est finie, que les taux de croissance des PIB occidentaux resteront durablement faibles en raison du manque de compétitivité de nos économies, que par conséquent les dépenses sociales doivent être contenues. Il faudra faire comprendre qu’il n’est pas possible de payer les retraites et les remboursements maladie à crédit  comme on le fait aujourd’hui et qu’il sera indispensable de diminuer les unes et les autres. Il faudra que les actifs et les retraités comprennent enfin que reporter une lourde dette publique sur les actifs de demain, c'est-à-dire sur leurs enfants, est une abominable lâcheté. Mais qui sera capable d’expliquer  sur la scène politique que la réalité financière est incompatible avec les promesses fallacieuses des uns et des autres ? La gauche a totalement démissionné à cet égard et continue à se comporter comme au temps des trente glorieuses avec promesses de lendemains qui chantent. La droite est d’une timidité qui n’est pas en rapport avec la gravité de la situation. C’est seulement contraints et forcés que nos politiques agissent.