Caspar David Friedrich

 
 

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Autoportrait et portrait

 

Caspar David Friedrich. Autoportrait (1800)Caspar David Friedrich. Autoportrait (1800)

Pierre noire sur papier, 42 × 27,6 cm, Statens Museum for Kunst, Copenhague.

 

 

Carl Johann Bähr. Portrait de Caspar David Friedrich (1836)

Carl Johann Bähr. Portrait de Caspar David Friedrich (1836)

Huile sur toile, 55,5 × 47,5 cm, Galerie Neue Meister. Dresde.

 

Biographie

1774-1840

Jeunesse et formation (1774-1798)

Né le 5 septembre 1779 à Greifswald, port situé sur la mer Baltique, Caspar David Friedrich est le fils d’Adolph Gottlieb Friedrich, fabricant de savon et de bougies, et de Sophie Dorothea Bechly. Le couple eut dix enfants, Caspar David étant le sixième. Il connut une enfance tragique. Sa mère et l’une de ses sœurs meurent en 1781. En 1787, son frère Johann se noie dans la Baltique en tentant de sauver Caspar David. En 1791, sa sœur Maria décède elle aussi.

Après le décès de la mère, la gouvernante fut chargée de l’éducation des enfants sous la férule du père, protestant piétiste à la rigueur puritaine. La condition économique de la famille était plutôt bonne et le père devint même un homme d’affaires prospère.

A partir de 1790, Caspar David suit les cours de dessin de Johann Gottfried Quistorp, professeur à l’université de Greifswald, qui emmenait ses élèves dessiner sur le motif dans la nature. C’est avec Quistorp  que Friedrich découvre le peintre allemand Adam Elsheimer (1578-1610), qui utilisait beaucoup le paysage nocturne en arrière-plan de ses sujets religieux. Il étudie également la littérature et l’esthétique avec le professeur suédois Thomas Thorild.

En 1794, Caspar David part étudier au Danemark, à la prestigieuse Académie royale de Copenhague. L’enseignement pratique est orienté vers le dessin et le moulage de sculptures antiques, mais assez peu vers la peinture. Cependant, la vie à Copenhague permet d’accéder à la Galerie royale qui possède une riche collection de peintures hollandaises du 17e siècle.

 

Caspar David Friedrich. Paysage avec pavillon (v. 1797)

Caspar David Friedrich. Paysage avec pavillon (v. 1797)

Crayon, encre et aquarelle, 16,7 × 21,7 cm, Kunsthalle, Hambourg.

 

L’installation à Dresde et la dépression (1798-1805)

Au printemps 1798, Friedrich revient brièvement à Greifswald, puis s’installe à Dresde en Saxe, ville qu’il ne quittera plus que pour des voyages assez nombreux. C’est probablement sur la recommandation de son ancien professeur de dessin, Johann Gottfried Quistorp, que Friedrich choisit Dresde. La ville était en effet un centre artistique important. Il commence sa carrière par le dessin au crayon, à l’encre et à la sépia (encre de seiche) et réalise également des aquarelles. Ses dessins font l’objet de gravures sur cuivre (à l’acide nitrique, dit eau-forte à l’époque) ou sur bois en vue de la vente d’estampes. Ses sujets de prédilection sont des paysages recomposés en atelier à partir de croquis pris sur le vif.

A partir de 1801, Friedrich entre dans une période dépressive et une tentative de suicide pourrait avoir eu lieu à une date mal connue. En 1803-1804, sa production est presque au point mort. Cette crise existentielle aurait pu être exacerbée par un amour malheureux. Les biographes évoquent une possibilité : Julia Stoye, la belle-sœur de son frère Johann, dont Friedrich avait dessiné le portrait en robe de mariée en 1804.

 

La réussite artistique (1805-1835)

En 1805, à l’âge de 31 ans, Friedrich connaît sa première grande réussite artistique. Il reçoit le premier prix du concours de Weimar, organisé par Goethe en personne, pour deux dessins : Pèlerinage au coucher du soleil et Soir d'automne au bord du lac.

A l’exception de quelques réalisations dont l’attribution est incertaine, les premières peintures à l’huile datent de 1807. Le Retable de Tetschen (1807-1808) reçoit un accueil plutôt négatif de la critique car il apparaissait présomptueux d’investir le paysage d’une dimension religieuse. Mais le tableau est défendu par tous les amis du peintre et obtient une publicité importante.

 

Caspar David Friedrich. Le retable de Tetschen (1807-08)

Caspar David Friedrich. Le retable de Tetschen (1807-08)

Huile sur toile, 115 × 110 cm, Galerie Neue Meister, Dresde.

 

La mort de sa sœur Dorothea en 1808 et celle de son père en 1809 atteignent durement Friedrich. Le caractère désespéré du Moine au bord de la mer et de L’abbaye dans une forêt de chênes est le résultat de l’état d’esprit du peintre à cette époque. Mais, bien évidemment, ce sont les émotions profondes qui suscitent les grandes œuvres. Présentés à l’exposition de l’Académie de Berlin en 1810, les deux tableaux sont acquis par le roi de Prusse à l’instigation du prince héritier prussien Frederick William. Le 12 novembre 1810, Caspar David Friedrich devient membre de l’Académie de Berlin.

Commence alors la période production la plus intense de l’artiste. La peinture de Friedrich peut parfois adopter une tonalité nationaliste. Depuis la bataille d’Iéna en 1806, le royaume de Saxe était sous domination napoléonienne. Frédéric-Auguste Ier, roi de Saxe de 1806 à 1827, était fidèle à Napoléon. Mais Friedrich, comme beaucoup d’autres artistes de Dresde, se considérait comme un patriote anti-français. Il demanda cependant la citoyenneté saxonne et l’obtint en 1816, puis devint membre de l’académie de Dresde.

Le 21 janvier 1818, Friedrich épouse Caroline Boomer (1793-1847), âgée de vingt-cinq ans (il en a quarante-quatre), fille d’un teinturier de Dresde. Trois enfants naîtront de cette union. Le peintre et son épouse s’installent à Dresde dans un grand appartement au bord de l’Elbe, situé dans le même bâtiment que celui du peintre romantique Johan Christian Clausen Dahl (1788-1857), le plus proche ami de Friedrich. Ce mariage aura une certaine influence sur sa peinture. Il éclaircit sa palette et accorde plus de place aux figures humaines.

 

Caspar David Friedrich. Falaises de craie à Rügen (1818-19)

Caspar David Friedrich. Falaises de craie à Rügen (1818-19)

Huile sur toile, 90,5 × 71 cm, Kunst Museum, Winterthur.

 

La réputation internationale de l’artiste atteint la Russie. Le Grand-duc Nicolas Pavlovitch (1796-1855), qui deviendra le tsar Nicolas 1er en 1825, lui rend visite dans son atelier en 1820, accompagné de son épouse Alexandra Feodorovna, qui appréciait particulièrement les œuvres de Friedrich. La famille impériale russe devint un client régulier du peintre pendant de nombreuses années.

 

Caspar David Friedrich. Navires dans le port, le soir (v. 1828)

Caspar David Friedrich. Navires dans le port, le soir (v. 1828)

Huile sur toile, 25 × 31 cm, Galerie Neue Meister, Dresde.

 

La maladie et l’activité réduite (1835-1840)

Au début de la décennie 1830, la production de l’artiste est toujours importante, mais le 26 juin 1835 il subit un accident vasculaire cérébral qui le paralyse partiellement. Il fait alors un séjour à vocation rééducative dans la station thermale de Teplitz (actuellement en République Tchèque). Malgré des difficultés persistantes, il tente de peindre à nouveau à l’huile après cette cure. Il y parviendra encore en 1835-1836, mais se limitera ensuite aux dessins. Au cours de la dernière année de sa vie, il est incapable de travailler. Le médecin et peintre Carl Gustav Carus (1789-1869) et Caroline Bardua (1781-1864), également peintre, entourent le malade. Caspar David Friedrich meurt le 7 mai 1840, à l’âge de soixante-cinq ans.

 

Œuvre

 

Caspar David Friedrich. Les âges de la vie (1834)

Caspar David Friedrich. Les âges de la vie (1834)

Huile sur toile, 72 × 94 cm, Museum der bildenden Künste, Leipzig.

 

Caspar David Friedrich représente pour nous aujourd’hui l’archétype du peintre romantique. La vie plutôt solitaire et tragique du peintre, au cours de laquelle la mort des membres de la famille et des amis est omniprésente, offre déjà l’image d’une personnalité vulnérable. Les émotions induisent un parcours existentiel chaotique qui se termine en tragédie : l’incapacité physique de travailler.

L’œuvre, dans sa totalité, témoigne de la nécessité intérieure d’investir la nature d’une dimension spirituelle. A la nature raisonnable des classiques, idéalisation de l’environnement humain, les romantiques opposent la nature en tant qu’expression de l’intériorité. Les paysages de Friedrich représentent donc sa perception singulière d’une nature porteuse de symboles qu’il s’agit de dévoiler. Les rivages nocturnes éclairés par la lune, les forêts envahies par la brume de laquelle émerge parfois une ruine ou une petite figure humaine, les personnages vus de dos relèvent d’une symbolique de la révélation. En perçant les mystères d’un simple paysage, c’est probablement la révélation divine que cherchait l’artiste. Ainsi, le paysage est considéré comme sublime, parce qu’il permet de conjuguer l’indicible grandeur de l’espace naturel et la spiritualité du moi profond.

Friedrich connut une célébrité internationale de son vivant mais fut largement oublié après sa mort. Déjà, à la fin de la vie du peintre, la peinture de paysage évoluait vers le réalisme (Constable en Angleterre, école de Barbizon en France). Cette tendance ne fera que s’accentuer avec l’impressionnisme. Le paysage romantique et sa conception symbolique de la nature étaient donc passés de mode. Il faudra attendre le début du 20e siècle pour que cet immense artiste soit considéré comme l’un des plus grands paysagistes du 19e siècle.

 

Huiles

Caspar David Friedrich. Épave dans la mer de glace (1798)

Caspar David Friedrich. Épave dans la mer de glace (1798). Huile sur toile, 31 × 24 cm, Kunsthalle, Hambourg. L’attribution à Friedrich est discutée. En tout état de cause, il ne pourrait s’agir que d’une expérimentation à l’huile car à cette époque le peintre produisait des aquarelles et des dessins (voir ci-après).

Caspar David Friedrich. L’été (1807)

Caspar David Friedrich. L’été (1807). Huile sur toile, 71 × 104 cm, Neue Pinakothek, Munich. Ce paysage composé est une des premières huiles où le style du peintre s’affirme. L’immensité du paysage a pour contrepoint le couple d’amoureux sous un arceau de verdure au premier plan. Le romantisme s’exprime ainsi par la modestie de l’homme face à l’immensité, mais aussi par l’illustration de la relation amoureuse.

Caspar David Friedrich. Le retable de Tetschen (1807-08)

Caspar David Friedrich. Le retable de Tetschen (1807-08).

 

Caspar David Friedrich. Le retable de Tetschen (1807-08)

Caspar David Friedrich. Le retable de Tetschen (1807-08). Huile sur toile, 115 × 110 cm, Galerie Neue Meister, Dresde. Le romantisme cherche à bousculer la hiérarchie académique qui plaçait la peinture d’histoire au premier rang. Cette composition, qui souligne la dimension spirituelle de la nature, a pour ambition de hisser la peinture de paysage au niveau de la peinture d’histoire. Friedrich a conçu lui-même le cadre doré, un arc gothique comportant à la base l’œil de Dieu, la vigne et le blé de l’Eucharistie. La peinture elle-même magnifie la dimension religieuse de la nature. Une masse rocheuse surmontée d’un crucifix se détache sur un ciel d’aurore tourmenté. Le soleil projette ses rayons depuis l’horizon, produisant un effet de contre-jour symbolisant la spiritualité.

Caspar David Friedrich. Le moine au bord de la mer (1809)

Caspar David Friedrich. Le moine au bord de la mer (1809). Huile sur toile, 110 × 172 cm, Alte Nationalgalerie, Berlin. Présentés à l’exposition de l’Académie de Berlin en 1810, Le moine au bord de la mer et son pendant L’abbaye dans une forêt de chênes ont été achetés par le prince héritier prussien Frederick William. Les toiles ayant d’abord suscité la perplexité, l’achat royal représentait une surprise et une consécration officielle. Le moine au bord de la mer est sans aucun doute le paysage le plus audacieux du romantisme allemand. Trois bandes horizontales structurent l’image, le ciel représentant les 5/6 de la hauteur. Rien n’apparaît sur la mer très sombre. Sur le sable, un homme minuscule face à la mer constitue le seul élément de verticalité. Ce paysage composé n’a pas de fonction descriptive mais l’ambition d’évoquer la transcendance. La solitude du moine dans une nature réduite à la minéralité (aucun végétal) symbolise l’homme perdu dans l’univers glacé. L’espoir ne peut alors venir que la spiritualité, ce qui justifie la figure du moine.
Le tableau aura une influence importante sur la peinture de paysage jusqu’à aujourd’hui. Il est possible de considérer les paysages du peintre allemand Gerhard Richter, né en 1932, comme une lointaine déclinaison du tableau de Friedrich.

Caspar David Friedrich. L’abbaye dans une forêt de chênes (1809-10)

Caspar David Friedrich. L’abbaye dans une forêt de chênes (1809-10). Huile sur toile, 110 × 171 cm, Alte Nationalgalerie, Berlin. Un groupe de moines portant un cercueil se dirige vers le portail en ruine d’une ancienne église gothique. Les personnages minuscules sur un sol enneigé sont dominés par une nature écrasante qui semble absorber les créations humaines. L’œuvre ayant été peinte à la suite de l’invasion de l’Allemagne par les troupes de Napoléon Ier, elle a été interprétée comme un symbole de l’état du pays.

Caspar David Friedrich. Le chasseur dans la forêt (1814)

Caspar David Friedrich. Le chasseur dans la forêt (1814). Huile sur toile, 66 × 47 cm, collection particulière. Il s’agit en fait d’un militaire français perdu dans la profonde forêt de sapins allemande. Après l’invasion de la France par les troupes prussiennes, Napoléon Ier doit abdiquer le 6 avril 1814. Le tableau célèbre la fin de l’occupation de l’Allemagne par les français. L’image du soldat perdu symbolise le destin tragique de l’envahisseur qui a présumé de ses forces. Fragile au milieu des arbres immenses, le dragon de Napoléon suscite aussi la compassion.

Caspar David Friedrich. Voyageur contemplant une mer de nuages (1818)

Caspar David Friedrich. Voyageur contemplant une mer de nuages (1818). Huile sur toile, 95 × 75 cm, Kunsthalle, Hambourg. De nombreuses interprétations ont été données de ce tableau emblématique du romantisme. On peut y voir de multiples symboles et se perdre dans une savante exégèse. Mais, de toute évidence, il s'agit pour nous aujourd'hui du héros romantique face aux splendeurs de la nature. Pour le reste, l'interprétation est libre. Solitude face à l'immensité ? Emerveillement face à la beauté ? Petitesse de l'homme face à la grandeur et à la puissance ? Quête de spiritualité ?

Caspar David Friedrich. Falaises de craie à Rügen (1818-19)

Caspar David Friedrich. Falaises de craie à Rügen (1818-19). Huile sur toile, 90,5 × 71 cm, Kunst Museum, Winterthur. Rügen est une île située au large de la côte de Mecklembourg-Poméranie dans la Baltique. Friedrich a épousé Caroline Bommer le 21 janvier 1818. Le couple effectue un voyage de noces et visite la famille du peintre à Greifswald. C’est à cette occasion qu’il séjourne sur cette île. Le tableau représente le couple. L’ouverture sur l’espace maritime infini, cher au peintre, subsiste, mais la palette claire renvoie un optimisme rare chez Friedrich.

Caspar David Friedrich. Sur le voilier (v. 1819)

Caspar David Friedrich. Sur le voilier (v. 1819). Huile sur toile, 71 × 56 cm, musée de l’Ermitage, Saint-Pétersbourg. Cette composition, particulièrement audacieuse pour l’époque, joue sur l’asymétrie. Les verticales du gréement laissent apparaître à gauche une percée vers l’horizontale de la ligne d’horizon. La description du voilier à l’aide d’un raccourci magistral permet à l’observateur de se sentir visuellement à l’arrière du bateau. A l’avant, un couple se tient la main, le regard dirigé vers une ville qui se dessine dans le lointain. Il symbolise le voyage de la vie. Beaucoup plus tard, les impressionnistes reprendront ce modèle de composition, en particulier Mary Cassatt (La promenade en barque, 1893-94).

Caspar David Friedrich. Deux hommes contemplant la lune (1819-20)

Caspar David Friedrich. Deux hommes contemplant la lune (1819-20). Huile sur toile, 35 × 44,5 cm, Galerie Neue Meister, Dresde. Deux hommes observent la lune dans un paysage de montagne chaotique. L’artiste a réalisé plusieurs versions de ce tableau, dont l’une avec une femme et un homme (Alte Nationalgalerie de Berlin). Ce sujet typiquement romantique a inspiré Samuel Beckett lors de son voyage en Allemagne en 1936-37. L’écrivain a déclaré que le tableau était à l’origine de sa pièce En attendant Godot (1948).

Caspar David Friedrich. Lever de lune sur la mer (v. 1821)

Caspar David Friedrich. Lever de lune sur la mer (v. 1821). Huile sur toile, 135 × 170 cm, musée de l'Ermitage, Saint-Pétersbourg. Cette composition représente le paysage romantique archétypal, qu'évoque spontanément l'énoncé du mot romantique. Deux couples contemplent l'apparition de la lune sur la mer où naviguent deux voiliers. Lumière vespérale en contre-jour, amour suggéré, immensité de l'océan...

Caspar David Friedrich. Le Watzmann (1824-25)

Caspar David Friedrich. Le Watzmann (1824-25). Huile sur toile, 136 × 170 cm, Alte Nationalgalerie, Berlin. Le massif du Watzmann, à l’extrême sud-Est de l’Allemagne actuelle, est vu depuis Berchtesgaden. L'historien de l'art Helmut Börsch-Supan analyse Le Watzmann, comme un symbole de Dieu. « La glace éternelle du glacier est un équivalent de l'éternité de Dieu. » La composition utilise systématiquement le triangle et progresse de l’ombre à la lumière du premier plan aux sommets enneigés. Friedrich n’a jamais séjourné dans les Alpes et s’est inspiré d’une étude à l’aquarelle de son élève Johann August Heinrich et d’une huile de Ludwig Richter (1803-1884) qui en reste à l’aspect magique du paysage.

Caspar David Friedrich. Navires dans le port, le soir (v. 1828)

Caspar David Friedrich. Navires dans le port, le soir (v. 1828). Huile sur toile, 25 × 31 cm, Galerie Neue Meister, Dresde. Autre titre : Après le coucher du soleil. Des bateaux de pêche reviennent au port le soir. Le rivage de la mer et ses vastes perspectives ont été utilisés à de nombreuses reprises par Friedrich. Il y ajoute parfois le thème du port, havre de paix pour les humains, symbole de la vie où l’homme arrive un jour (la naissance) et qu’il quitte un peu plus tard (la mort).

Caspar David Friedrich. Matin de Pâques (v. 1833)

Caspar David Friedrich. Matin de Pâques (v. 1833). Huile sur toile, 44 × 34 cm, Museo Thyssen-Bornemisza, Madrid. La fête religieuse constitue un moment privilégié de communion entre l’homme et la nature, dans une atmosphère de parfaite quiétude, qui cependant laisse percer une profonde mélancolie. Friedrich a 59 ans, n’est pas en bonne santé et évoque par « la tragédie du paysage » son monde intérieur.

Caspar David Friedrich. Les âges de la vie (1834)

Caspar David Friedrich. Les âges de la vie (1834). Huile sur toile, 72 × 94 cm, Museum der bildenden Künste, Leipzig. Friedrich revisite le thème allégorique des âges de la vie, traité en peinture depuis la Renaissance. La vie n’est qu’un passage, comme un voyage en bateau, mais elle conduit inéluctablement à la mort. Traditionnellement, plusieurs âges (en général trois) sont représentés par des figures humaines. Ici, l’homme de dos symbolise la vieillesse, l’homme debout en haut-de-forme l’âge adulte et la jeune fille et les enfants la jeunesse. Certains commentateurs ont considéré les bateaux comme une réitération de cette symbolique : interprétation libre (grands et petits, lointains et proches). Tout le charme de la composition provient de l’exceptionnelle quiétude qui s’en dégage, qui repose sur le dessin magistralement équilibré, la pureté du trait et les choix chromatiques induisant une atmosphère limpide.

Caspar David Friedrich. Le rivage au clair de lune. (1835-36)

Caspar David Friedrich. Le rivage au clair de lune. (1835-36). Huile sur toile, 135 × 170 cm, Hamburger Kunsthalle, Hambourg. Cette huile est l’une des dernières peintes par Friedrich. Diminué à la suite d’un accident vasculaire cérébral, l’artiste restitue son monde intérieur par une image particulièrement sombre de la nature. L’historien de l’art britannique William Vaughan décrit ce tableau comme « le plus sombre de tous ses rivages ».


 

Dessins et aquarelles

Caspar David Friedrich. Paysage avec pavillon (v. 1797)

Caspar David Friedrich. Paysage avec pavillon (v. 1797). Crayon, encre et aquarelle, 16,7 × 21,7 cm, Kunsthalle, Hambourg. Cette aquarelle date de l’époque où Friedrich étudiait à l’académie de Copenhague. Le thème du jardin à l’anglaise appartient aux sources d’inspiration des romantiques. La représentation des massifs arbustifs et de la construction rappelle le style rococo, qui avait dominé la peinture française pendant les trois premiers quarts du 18e siècle.

Caspar David Friedrich. Pèlerinage au coucher du soleil (1805)

Caspar David Friedrich. Pèlerinage au coucher du soleil (1805). Sépia et crayon sur papier, 40,7 × 62 cm, Schlossmuseum, Weimar. Ce dessin remporta le premier prix au concours de Weimar en 1805 et obtint l’approbation de Goethe.

Caspar David Friedrich. La croix dans la montagne (1805-06)

Caspar David Friedrich. La croix dans la montagne (1805-06). Sépia et crayon sur papier, 64 × 93 cm, Staatliche Museen, Berlin. Friedrich reprendra le thème du rocher, des conifères et de la croix en 1807 avec Le retable de Tetschen (voir ci-dessus).

Caspar David Friedrich. Les ruines d'Eldena (v. 1825)

Caspar David Friedrich. Les ruines d'Eldena (v. 1825). Huile sur toile, 17,8 × 22,9 cm, collection particulière. Friedrich a représenté à plusieurs reprises les ruines du monastère cistercien d’Eldena, proche de Hambourg, dont la construction avait débuté au 12e siècle. Au début du 19e siècle, le site ne comporte plus que des ruines qui suscitent l’intérêt des archéologues. Au 20e siècle, les vestiges ont été consolidés et le domaine aménagé.

Caspar David Friedrich. Les portes rocheuses de Neurathen (1826-28)

Caspar David Friedrich. Les portes rocheuses de Neurathen (1826-28). Aquarelle et crayon sur papier, 27,9 × 24,5 cm, musée de l’Ermitage, Saint-Pétersbourg. Ces rochers font partie du Bastei (bastion), formation rocheuse située en Saxe, à proximité de la frontière suisse.

Caspar David Friedrich. Lever de lune (1835-37)

Caspar David Friedrich. Lever de lune (1835-37). Sépia et crayon sur papier, 24,5 × 34,5 cm, musée de l’Ermitage, Saint-Pétersbourg. Autre titre : Deux hommes sur le rivage. Le thème avait déjà été traité à l’huile en 1819-20. Voir ci-dessus, Deux -hommes contemplant la lune.

 

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Caspar David Friedrich

 

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