Mary Beale
Cliquer sur les images ci-dessus
PARTENAIRE AMAZON ► En tant que partenaire d'Amazon, le site est rémunéré pour les achats éligibles.
Patrick AULNAS
Autoportraits
Marie Beale. Autoportrait à la palette (v. 1670)
Huile sur toile, 46 × 38 cm, Moyses Hall Museum, Bury St Edmunds, Suffolk.
Marie Beale. Autoportrait (v. 1675)
Huile sur toile de jute,89 × 73 cm, Moyses Hall Museum, Bury St Edmunds, Suffolk.
Biographie
1633-1699
Mary Beale est la fille de John Cradock et de Dorothy Brinton, qui vivaient dans le village de Barrow dans le Suffolk. John Cradock, recteur de la paroisse, baptise sa fille le 26 mars 1633. Cradock, peintre amateur, qui a sans doute initié sa fille aux arts graphiques, fréquente des artistes locaux de Bury St Edmunds, commune proche de Barrow. Mary, qui n’a reçu aucune formation académique, a donc vécu sa prime jeunesse dans un milieu comportant à la fois le puritanisme de son père et son goût pour l’art de peindre. La proximité de son père avec le milieu des artistes peintres a conduit les historiens à citer comme maîtres probables Robert Walker (1599-1658) et Peter Lely (1618-1680), tous deux portraitistes.
A l’âge de 18 ans, en 1652, Mary épouse Charles Beale (1632-1705), également peintre amateur, qui avait un emploi de commis dans l’administration. John Cradock meurt peu de temps après ce mariage. Mary avait déjà perdu sa mère à l’âge de dix ans. Mary et Charles auront trois fils, dont deux survivront : Bartholomew (1656-1709) et Charles (1660-1714). Le couple s’installe dans le quartier de Covent Garden à Londres, où vivent de nombreux artistes. Mary Beale commence par réaliser des portraits qu’elle offre en cadeaux puis devient une artiste semi-professionnelle dans les années 1650.
Marie Beale. Charles Beale l’Ancien (v. 1660)
Huile sur toile, 24 × 21 cm, National Portrait Gallery, Londres.
Vers 1665, une épidémie de peste (la Grande peste) touche la capitale anglaise et tue au moins 75 000 personnes soit 20% de la population. Charles Beale perd son emploi et la famille s’installe à Allbrook dans le comté de Hampshire. Le retour à Londres n’a lieu qu’en 1670. Le couple vit alors sur Pall Mall, grande avenue londonienne, et la carrière de Mary Beale devient vraiment professionnelle, son mari jouant le rôle d’assistant préparant les couleurs et d’administrateur s’occupant des achats de fournitures, des ventes de portraits et tenant les comptes. Les enfants pouvaient aussi intervenir pour peindre les arrière-plans des portraits.
Charles Beale a tenu des carnets sur lesquels il décrivait l’activité de son épouse, qu’il nomme My Dear Heart (Mon Cher Cœur). Deux de ces carnets nous sont parvenus et sont conservés à la National Portrait Gallery de Londres. En voici une page recensant les sommes reçues en 1681 pour la vente des tableaux de Mary :
Carnet de Charles Beale (1681)
National Portrait Gallery, Londres,
Les carnets de Charles Beale fournissent également des informations sur les rapports entre Mary Beale et le grand portraitiste Peter Lely. Lely venait en visite dans la maison des Beale à Londres pour observer Mary au travail et la conseiller. Il a également prêté à Mary quelques anciennes peintures de maîtres pour qu’elle puisse les copier. Il existe une incertitude sur la date de la première rencontre de Mary Beale avec Peter Lely. Certains historiens la font remonter aux années 1650, d’autres à la réinstallation de la famille à Londres à partir de 1665.
Marie Beale. Jane Fox, Lady Leigh en bergère (v. 1675)
Huile sur toile, 56 × 46 cm, West Suffolk Heritage Service.
Influencée stylistiquement par Peter Lely, Mary Beale devient une artiste réputée dont les commanditaires appartiennent au milieu de la culture, à l’aristocratie, à la haute bourgeoisie et au clergé. Certains portraits font l’objet de gravures afin d’élargir leur diffusion.
Mary Beale meurt dans sa maison de Pall Mall en octobre 1699 à l’âge de 66 ans. Elle est inhumée le 8 octobre 1699 dans l’église Saint James de Piccadilly à Londres.
Œuvre
Le portrait peint, extrêmement coûteux, ne pouvait être commandé que par les couches supérieures de la société. Il s’agissait de conserver pour les générations futures l’image d’une personne et également, pour les dirigeants, de diffuser une image d’eux-mêmes dans la population. Le statut social devait donc apparaître clairement, d’où des vêtements somptueux ou une armure d’apparat pour les militaires, un arrière-plan avec paysage ou architecture et une posture grave, voire majestueuse. Le sourire était prohibé. Il n’apparaîtra qu’au 18e siècle. L’œuvre de Mary Beale satisfait évidemment à ces critères, indispensables pour connaître le succès.
Marie Beale. Le roi Charles II (v. 1675)
Huile sur toile, 45 × 36 cm, collection particulière.
Marie Beale. Frances Pierrepont, duchesse de Newcastle (fin 17e s.)
Huile sur toile, 76 × 63 cm, collection particulière.
Mais Marie Beale s’évade parfois du rigorisme imposé pour chercher à représenter une personnalité. La focalisation sur la figure est alors nécessaire et s’accompagne d’un fond sombre.
Marie Beale. Jan Baptist van Helmont (1674)
Huile sur toile, 72 × 71 cm, Natural History Museum, Londres.
Marie Beale. Portrait d’une jeune fille (1681)
Huile sur toile, 53 × 45 cm, Tate Britain, Londres.
Rattachée parfois au style baroque, l’œuvre de Marie Beale reste surtout un témoignage majeur de la peinture féminine du 17e siècle car les portraitistes femmes étaient rarissimes. Elle est en général considérée comme la première portraitiste anglaise.
|
Marie Beale. Frances Vaughan, Comtesse de Carbery (v. 1650). Huile sur toile, 12,3 × 9,9 cm, Carmarthenshire Museum, Carmarthen. « Il s'agit d'un portrait de Frances, fille de Sir John Altham. Elle épousa Richard Vaughan, 2e comte de Carbery de Golden Grove, dans le Carmarthenshire. Elle mourut en couches en 1650. Ce tableau, autrefois attribué à Sir Peter Lely, pourrait avoir été peint après la mort du modèle. Le paysage à l'arrière-plan pourrait être une vue ancienne de Llandelio, dans le Carmarthenshire. Cette œuvre faisait autrefois partie de la collection de Gelli Aur (Golden Grove) House, dans le Carmarthenshire. » (Commentaire Art UK) |
|
Marie Beale. Charles Beale l’Ancien (v. 1660). Huile sur toile, 24 × 21 cm, National Portrait Gallery, Londres. « Charles Beale l’Ancien (1632-1705), mari et administrateur de l'atelier de Mary Beale. » (Commentaire Portrait Gallery)
|
|
Marie Beale. Autoportrait avec son mari Charles et son fils Bartholomew (v. 1660). Huile sur toile, 60 × 74 cm, Museum of the Home, Londres. Ce portrait permet de visualiser le caractère atypique du couple Beale dans la société patriarcale du 17e siècle. Le père pose une main sur l’épaule de son fils et lui tient la main. La mère fixe le spectateur et tient dans sa main droite une étoffe qui n’est là que pour fixer un geste. La tendresse est du côté du mari, le visage de la femme paraissant d’ailleurs plutôt impérieux. Le portrait reflète les relations entre Charles et Mary Beale et l’indépendance de cette dernière résultant de leurs activités respectives : une brillante réussite artistique pour Mary, une fonction d’assistant et d’administrateur pour son mari.
|
|
Marie Beale. Mary Wither of Andwell (v. 1670). Huile sur toile, 73 × 60 cm, Art Gallery of South Australia, Adelaide. Mary est la fille de Thomas Fulkes ou Faulkes. Vers 1675, elle épouse Thomas Wither (1652-1700), de Manydown Park, ancien manoir situé à Wootton St Lawrence, dans le Hampshire et propriété de la famille Wither pendant plus de quatre siècles. Jane Austen (1775-1817) fut par la suite une visiteuse fréquente de la grande maison de Manydown vers 1799-1806.
|
|
Marie Beale. Jan Baptist van Helmont (1674). Huile sur toile, 72 × 71 cm, Natural History Museum, Londres. Ce portrait est attribué à Mary Beale par Art UK, mais ne peut être dans ce cas que posthume. Jan Baptist van Helmont (1579-1644) est un alchimiste, scientifique et médecin originaire des Pays-Bas méridionaux. Il a laissé des traités en latin et en néerlandais. Ce portrait se distingue par sa sobriété, la tenue vestimentaire du modèle atteignant l’austérité. Mary Beale ne s’intéresse pas au statut social mais à la personnalité : intelligence, fermeté, rigueur émanent du personnage.
|
|
Marie Beale. Le roi Charles II (v. 1675). Huile sur toile, 45 × 36 cm, collection particulière. Charles II (1630-1685) règne dans une période troublée puisque Cromwell (1599-1658) gouverne l’Angleterre à partir de 1653 avec le titre de lord-protecteur. Le roi est alors en exil en France et aux Provinces-Unies. Charles II est couronné Roi d'Angleterre, d'Écosse et d'Irlande en 1661. Il apparaît sur ce portrait en armure d’apparat afin de mettre en valeur son rôle de chef militaire. De nombreux souverains européens ont été peint dans cette tenue, bien que leurs compétences dans le domaine militaire étaient en général faibles.
|
|
Marie Beale. Jane Fox, Lady Leigh en bergère (v. 1675). Huile sur toile, 56 × 46 cm, West Suffolk Heritage Service. Ce type de portrait permettait d’assouplir le rigorisme de la composition par une anecdote. L’aristocrate représentée en bergère sur un arrière-plan paysager n’a pas abandonné sa superbe robe au tissu moiré, mais elle tient dans la main un bâton de berger et donne délicatement quelques feuilles à un mouton. Le portrait permet à Lady Leigh d’apparaître dans un rôle, comme si, pour un instant, elle se transformait en comédienne. |
|
Marie Beale. George Saville, Premier marquis d’Halifax (1674-76). Huile sur toile, 124 × 100 cm, National Portrait Gallery, Londres. « Homme d'État et écrivain, Halifax était un proche de Charles II ; son traité politique le plus connu, Character of a Trimmer, exhortait Charles à se libérer de l'influence de son frère Jacques. Conseiller privé, il s'efforça de maintenir une position modérée entre les protestants extrémistes, les tories de la Haute Église et les catholiques, mais il fut destitué à l'accession au trône de Jacques en 1685. Halifax joua un rôle déterminant dans la révolution de 1688 et présida le conseil des lords qui organisa la succession de Guillaume et Marie. On disait de cette révolution qu'elle portait “ l’empreinte de l'esprit vaste mais prudent d'Halifax”. Dryden le décrivait comme “doté d'un esprit pénétrant et d'une pensée profonde” ». (Commentaire Art UK) |
|
Marie Beale. Portrait d’une dame (v. 1678). Huile sur toile, 122 × 95 cm, Royal Albert Memorial Museum & Art Gallery, Exeter. Titre complet donné par le musée : Portrait of a Lady (called ‘Mrs Walkey of Alphington’) |
|
Marie Beale. Portrait d’une dame (v. 1680). Huile sur toile, 76 × 64 cm, National Gallery of Victoria, Melbourne. « Mary Beale était la portraitiste la plus reconnue de la période Stuart. Son plus fervent admirateur était Sir Peter Lely, peintre officiel de la cour de Charles II. L'amitié qui liait Lely et Beale lui permit, comme chacun sait, d'observer le maître en train de peindre – ce qui était considéré comme un privilège remarquable – afin d'étudier sa technique. Ce portrait séduisant est l'un des portraits les plus réussis de Beale représentant une femme. Les traits du modèle présentent certaines similitudes avec ceux de la figure littéraire contemporaine Aphra Behn (1640-1689), bien qu'il ne soit pas possible à ce stade de l'identifier avec certitude. » (Commentaire National Gallery of Victoria) |
|
Marie Beale. Portrait d’une jeune fille (1681). Huile sur toile, 53 × 45 cm, Tate Britain, Londres. Ce tableau met l’accent sur la douceur et l’innocence. La composition de profil sur fond sombre permet au spectateur d’imaginer qu’il surprend une attitude du modèle plongé dans un rêve éveillé. Seul le visage, les épaules et les mains sont en pleine lumière, la chevelure restant assez indistincte. |
|
Marie Beale. Benjamin Whichcote (1682). Huile sur toile, 74 × 61 cm, University of Cambridge. « Il s'agit ici du pasteur Benjamin Whichcote (1609-1683), membre d'Emmanuel College, devenu prévôt de King's College, vice-chancelier de l'université et chef de file d'un groupe de penseurs religieux appelé les platoniciens de Cambridge. Il a traversé une période tumultueuse, se frayant un chemin à travers les bouleversements politiques et religieux de la guerre civile anglaise, de l'Interrègne et de la Restauration. Cependant, ce qui est inhabituel dans ce portrait, ce n'est pas le modèle, mais l'artiste. Il a été peint par Mary Beale (1633-1699), la première femme peintre professionnelle de Grande-Bretagne […] |
|
Marie Beale. Lady Essex Finch (v. 1684). Huile sur toile, 45 × 37 cm, West Suffolk Heritage Service. « Lady Essex (vers 1652-1684) était la fille de Robert Rich, 3e comte de Warwick. Elle épousa Daniel Finch (1647-1730), qui devint plus tard comte de Nottingham et comte de Winchilsea. Célèbre pour sa beauté, elle a été représentée dans plusieurs tableaux de Lely et de son atelier. Le plus remarquable est le portrait réalisé par Lely en 1675, conservé à la Huntington Gallery, à San Marino, en Californie. La pose a été copiée par Mary Beale et d'autres artistes. Parmi les 14 tableaux de Mary Beale appartenant à Richard Jeffree, c'est le seul dont il n'était pas certain de l'attribution. C'est également celui qui est le plus influencé par Lely, et il pourrait s'agir d'une “copie en miniature” d'un de ses propres portraits. » (Commentaire West Suffolk Heritage Service) |
|
Marie Beale. Francis Turner (1683-87). Huile sur toile, 75 × 62 cm, National Portrait Gallery, Londres. Francis Turner (1637-1700) était évêque d’Ely. Il fut l’un des sept évêques signataires d’une pétition contre la Déclaration d’indulgence qui instituait la liberté de conscience. Il fut également l’un des neuf évêques ayant refusé de prêter serment d’allégeance à Guillaume III, ou Guillaume d’Orange (1650-1702), devenu roi d’Angleterre en 1689. |
|
Marie Beale. Portrait d’un physicien (fin 17e s.). Huile sur toile, 76 × 63 cm, Dulwich Picture Gallery, Londres. « Le modèle tient un dessin anatomique, ce qui a suggéré une identification avec le médecin et poète Sir Richard Blackmore (mort en 1729), auquel il ressemble quelque peu (cf. John Closterman, cat. exp. National Portrait Gallery, 1981, n° 13). Il présente également une certaine ressemblance avec le médecin Sir Edmund King (1629-1709). Sa pose correspond à celle du portrait réalisé par Kneller en 1690 du constructeur naval Sir Anthony Deane tenant un dessin de navire (National Portrait Gallery). » (Commentaire Google Art & Culture) |
|
Marie Beale. Frances Pierrepont, duchesse de Newcastle (fin 17e s.). Huile sur toile, 76 × 63 cm, collection particulière. Frances Pierrepont est une aristocrate anglaise née en 1630 dans le Nottinghamshire. Elle est la fille de William Pierrepont, et d’Elizabeth Harries. En 1652, elle épouse Henry Cavendish, 2e duc de Newcastle-on-Tyne. Le couple a au moins deux fils et cinq filles. Frances Pierrepont meurt en 1695 à Londres à l'âge de 65 ans. Elle est inhumée à Bolsover, dans le Derbyshire. |
|
Marie Beale. Ann Grenville, Comtesse de Kingston (fin 17e s.). Huile sur toile, 36 × 25 cm, Weston Park, Weston-under-Lizard, Staffordshire. « Portrait à mi-corps du modèle vêtu d'une robe bleue et d'un châle d'hermine, dans un ovale peint. Le modèle était l'épouse de William Pierpoint, 4e comte de Kingston, et la fille de Robert, 4e lord Brooke. » (Commentaire Art UK) |
Pour visionner d'autres œuvres sur GOOGLE ARTS & CULTURE, cliquer sur le nom du peintre :
Ajouter un commentaire






















Français
English
Español
Italiano
Deutsch
Nederlands
Portuguesa