Maria van Oosterwijck

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Patrick AULNAS

Portrait

 

Wallerant Vaillant. Portrait de Maria van Oosterwijck (1671)Wallerant Vaillant. Portrait de Maria van Oosterwijck (1671)
Huile sur toile, 96 × 78 cm, Rijksmuseum, Amsterdam.

 

Biographie

1630-1693
Maria van Oosterwijck naît le 20 août 1630 à Nootdorp, près de Delft. Elle est le troisième enfant de Jacobus van Oosterwijck et de son épouse Adriana Lambrechts van Linschoten. Jocobus exerce la fonction de pasteur de l’Église réformée néerlandaise. Après la mort d’Adriana en 1636, la famille s’installe à Voorburg, où travaille désormais Jacobus. Ce dernier se remarie en 1643 avec Maria Jansdochter Cloetingh, issue d’une famille réputée d’imprimeurs de Delft.
C’est par l’intermédiaire de la famille Cloetingh que Maria entre en relation avec le milieu artistique. Cette famille comportait en effet des peintres et entretenait de liens étroits avec d’autres artistes. Ainsi, Abraham van Beijeren (1620-1690) peintre de marines et de natures mortes et cousin par alliance, et son épouse Anna van den Queborn (1625-1689), également peintre de natures mortes, ont certainement joué un rôle dans la vocation de Maria van Oosterwijck.

 

Maria van Oosterwijck. Fleurs dans un vase ornemental (v. 1670-75)Maria van Oosterwijck. Fleurs dans un vase ornemental (v. 1670-75)
Huile sur toile, 62 × 48 cm, Mauritshuis, La Haye.

 

Vers 1656, elle commence à travailler dans un atelier situé sur la Voorstraat à Delft, non loin de ceux d’Abraham van Beijeren et de son épouse. L’atelier est situé dans une maison dont son père avait hérité. En 1658, elle s’installe à Leyde avec son frère cadet Lambertus, qui commence à étudier la théologie. D’autres membres de sa famille vivent dans cette ville. Sa sœur Geertruyt était également venue vivre dans cette ville après son mariage avec Johan van Assendelft.
À partir de mai 1660, Maria vit à Utrecht comme élève du peintre de natures mortes Jan Davidsz. de Heem (1606-1684), qui l’influencera beaucoup.
Cinq ans plus tard, en 1666, elle s’installe à Amsterdam et travaille d’abord comme assistante du peintre de natures mortes Willem van Aelst (1627-1683). Cette présence à Amsterdam lui permet d’accéder à la clientèle de la classe dirigeante. La bourgeoisie de la ville apprécie ses natures mortes et le prince florentin Cosimo III de Médicis (1642-1723) la compare en 1667 à son maître van Aelst. La reconnaissance internationale est confirmée en 1668 par l’acquisition par l’empereur Léopold Ier du Saint-Empire romain germanique (1640-1705) de Vanité avec globe céleste.

 

Maria van Oosterwijck. Vanité avec globe céleste (1668)Maria van Oosterwijck. Vanité avec globe céleste (1668)
Huile sur toile, 73 × 89 cm, Kunsthistorisches Museum, Vienne.

 

L’aisance financière permet à Maria van Oosterwijck de s’installer dans un immeuble situé sur la Keizersgracht en face de l’atelier de Van Aelst. Mais cette brillante réussite ne l’autorise pas à devenir membre de la guilde des peintres d’Amsterdam (corporation de métier) qui était interdite aux femmes.
Elle ne s’est jamais mariée. Des rumeurs de demande en mariage de la part de Willem van Aelst existent mais cette demande ne s’est jamais concrétisée. Maria van Oosterwijck continue à peindre jusqu’à 1690. Elle part alors vivre à Uitdam avec son cousin Jacobus van Assendelft, fils de sa sœur Geertruyt, devenu pasteur. Elle meurt le 12 novembre 1693 et elle est inhumée dans le cimetière local.

 

Œuvre

Les femmes peintres étant exclues de la peinture mythologique et religieuse, elles devaient nécessairement s’orienter vers les scènes de genre ou les natures mortes. Les femmes spécialisées dans la nature morte sont assez nombreuses aux Pays-Bas au 17e siècle car une clientèle bourgeoise existait pour ce type de tableau particulièrement apprécié. Maria van Oosterwijck est considérée comme l’une des plus grandes artistes du siècle dans ce domaine.

 

Maria van Oosterwijck. Nature morte avec deux tulipes (1669)Maria van Oosterwijck. Nature morte avec deux tulipes (1669)
Huile sur toile, 46 × 37 cm, Cincinnati Art Museum.

 

Son œuvre comporte des natures mortes florales, des natures mortes ostentatoires (pronkstillevens) et des vanités. Sur un fond sombre, elle utilise des couleurs lumineuses et l’influence baroque apparaît dans le clair-obscur faisant ressortir les jeux d’ombre et de lumière. La lumière vient toujours de la gauche. La vérité de la représentation des espèces florales, des insectes ou des objets constitue pour l’artiste une contrainte assumée. Mais une symbolique d’origine religieuse est aussi présente. Les vanités symbolisent la nature éphémère de la vie. Le papillon, présent dans les natures mortes florales, symbolise la résurrection : la chrysalide, perçue comme morte, se transforme en papillon.

 

Maria van Oosterwijck. Nature morte de fruits avec un homard (1660-93)Maria van Oosterwijck. Nature morte de fruits avec un homard (1660-93)
Huile sur toile, 121 × 143 cm, collection particulière.

 

Le site de référence concernant Maria van Oosterwijck est le suivant (en néerlandais) : https://www.mariavanoosterwijck.nl/

 

Natures mortes florales

Maria van Oosterwijck. Bouquet de tournesol dans un vase en verre (1668-69)Maria van Oosterwijck. Bouquet de tournesol dans un vase en verre (1668-69). Huile sur toile, 74 × 56 cm, Denver Art Museum. « Le bouquet est disposé dans un vase en verre sur une table en marbre veiné gris-noir sur fond sombre.
Ici aussi, un tournesol domine, semblant “regarder” vers la gauche, en direction d'une tulipe rayée rouge et blanc, dont la feuille éloignée est dévorée par les insectes. Le parallélisme entre ces deux fleurs a déjà été souligné dans la description de la toile B3, Nature morte florale sur une table en marbre avec corde et couteau. Là encore, une signification symbolique semble se dégager : la lumière opposée à l'avidité et au gaspillage […]
La disposition face à face du tournesol et de la tulipe ne peut guère s'interpréter autrement que comme une leçon de morale : le tournesol symbolisant tout ce qui aspire à la Lumière et à la Vérité, et la tulipe, la poursuite des biens matériels et éphémères. » (Commentaire mariavanoosterwijck.nl)

 

Maria van Oosterwijck. Nature morte avec deux tulipes (1669)

Maria van Oosterwijck. Nature morte avec deux tulipes (1669). Huile sur toile, 46 × 37 cm, Cincinnati Art Museum. « Un vase de fleurs est posé sur une table en pierre brune, sur un fond sombre.
Ce tableau, en soi petit, incorpore néanmoins treize fleurs et plantes différentes : roseau panaché (Phalaris arundinacea “Picta”), capucine (Tropaeolum majus), acanthe tendre (Achantus mollis) dont seul le feuillage est visible, œillet de jardin rouge et blanc (Dianthus caryophyllus), rose de Provence rose (Rosa Centifolia), rose blanche (Rosa alba semi-plena), le romarin (Rosmatinus officinalis) (seulement le feuillage également), l'orange Rosa foetida (pas de nom néerlandais), le muguet blanc (Convallaria majalis), la jacinthe étoilée bleue précoce (Scilla bifolia), l'iris bleu de Sibérie (Iris siberica), le pavot à opium (Papaver somniferum) et la tulipe “virus” aujourd’hui disparue, ressemblant à la tulipe “Demoiselle d'honneur”. [Avec nos remerciements à Victor van Pieterson]
Les insectes ne sont pas en reste. On y voit le lycopode commun, le vulcain, le petit nacré, l'araignée des jardins et la mouche.
Dans le vase, on distingue (une fois de plus) le reflet de la fenêtre de l'atelier. Un autoportrait de Maria y est également visible. 
Ce tableau recèle plusieurs références symboliques (tulipes : vanité, vie et mort ; mouche : déclin ; papillon (vulcain) : résurrection). » (Commentaire mariavanoosterwijck.nl)

 

Maria van Oosterwijck. Fleurs dans un vase ornemental (v. 1670-75)Maria van Oosterwijck. Fleurs dans un vase ornemental (v. 1670-75). Huile sur toile, 62 × 48 cm, Mauritshuis, La Haye. « Ce bouquet, que Van Oosterwyck peignit probablement vers 1670-1675, se compose de diverses fleurs et plantes rarement représentées en peinture, telles que le thym, le cerfeuil sauvage, le pied-d'alouette, la gentiane et l'aconit. Les tulipes sont étrangement absentes. Van Oosterwyck utilisait souvent des roseaux colorés pour créer une asymétrie fantaisiste, donnant ainsi de la profondeur à la composition. Aujourd'hui, cela est d'autant plus flagrant que, avec le temps, le reste du feuillage s'est décoloré, ce qui donne au bouquet une grande partie de sa profondeur.
Le bouquet est placé dans un vase orné de reliefs représentant des putti, des chèvres et des vignes. Le couvercle est surmonté d'une Vénus au bain, de style classique. Van Oosterwyck a disposé le couvercle de telle sorte que la figure féminine nue semble contempler les fleurs. Au sommet du bouquet, un tournesol et un pavot à opium se font face avec insistance. Ces deux fleurs devaient avoir une forte dimension symbolique à l'époque. Le tournesol, qui suit toujours le soleil, était souvent utilisé dans la littérature du XVIIe siècle comme métaphore des chrétiens fervents suivant le Christ en tous points. Le pavot, qui fuit la lumière, était en revanche associé à l'obscurité et à la nuit. Il est inconcevable que Van Oosterwyck, réputée pour sa piété, n'ait pas souhaité transmettre un message à travers cette curieuse confrontation entre deux fleurs si emblématiques, mais à ce jour, aucune explication concluante n'a été trouvée. » (Commentaire Mauritshuis)

 

Maria van Oosterwijck. Nature morte florale sur une table en marbre avec corde et couteau (1680)Maria van Oosterwijck. Nature morte florale sur une table en marbre avec corde et couteau (1680). Huile sur toile, 97 × 77 cm, collection particulière. « Le bouquet présenté dans un vase en verre est dominé par un tournesol […] À gauche du vase, une mouche se pose sur le plateau de marbre gris. Devant le vase gisent quelques pétales de rose tombés, et à sa droite, un couteau (spécial) et un morceau de ficelle enroulé […]
En haut du tableau, on aperçoit deux fleurs : un tournesol et un coquelicot. Il est remarquable que le coquelicot (somnifère, symbole de la nuit) soit tourné vers le tournesol. Le symbolisme de ce geste semble évident : le jour, la lumière, triomphe de la nuit, des ténèbres. On retrouve cette même image dans la nature morte aux fleurs dans un vase ornemental, conservée au Mauritshuis de La Haye.
La manière dont le tournesol est peint est presque caractéristique de Van Oosterwijck. On observe un parallèle frappant avec d'autres œuvres de l'artiste où figure un tournesol.
Une comparaison intéressante peut être faite avec la toile B.7, Bouquet au tournesol dans un vase en verre. Sur cette toile, on voit également deux fleurs, un tournesol et une tulipe. La direction du “regard” de la tulipe et la courbure de sa tige sont identiques à celles de ce tableau. » (Commentaire mariavanoosterwijck.nl)

 

Maria van Oosterwijck. Nature morte avec fleurs et papillons (1686)Maria van Oosterwijck. Nature morte avec fleurs et papillons (1686). Huile sur toile, 47 × 37 cm, Royal Collection, Kensington Palace. « La peinture de fleurs est née aux Pays-Bas au XVIe siècle, mais elle devint l'un des genres les plus appréciés en Hollande au XVIIe siècle, et certains artistes se spécialisèrent dans cette forme de nature morte. Ces peintures ont peut-être débuté comme une célébration de l'horticulture néerlandaise – un aspect de la vie aux Pays-Bas encore très présent aujourd'hui – illustrée dès les débuts de cette tradition par des artistes tels qu'Ambrosius Bosschaert, dont les compositions sont dominées par des bouquets disposés symétriquement et constituent une transcription fidèle de la réalité botanique. Plus tard au XVIIe siècle, cependant, dans les œuvres de Jan Davidsz. de Heem, par exemple, un style plus ample (baroque) est adopté, avec des superpositions et des spirales complexes des différentes formes. Plus important encore, d'autres éléments entrent en jeu dans la représentation : des aspects d'illusionnisme (eau, gouttes d'humidité, coquillages, insectes) et diverses significations symboliques. Plusieurs interprétations s'appuient sur l'iconographie religieuse, différentes fleurs ou symboles représentant la Passion du Christ ou, plus généralement, la beauté de la création divine. Mais lorsque des éléments étrangers sont représentés – certains insectes, des escargots, des gouttes de rosée, un crâne – ils introduisent des notions de mortalité ou de fugacité de la vie. Dans ce tableau d'Oosterwyck, mentionné pour la première fois dans la Collection Royale sous le règne de la reine Anne, le vase de verre repose sur un rebord. On distingue plusieurs variétés de roses et un iris, ainsi que deux papillons. À gauche, des pétales de rose et à droite, un bouquet de capucines, reposent sur le rebord. L'artiste a ici trouvé un équilibre dans la signification inhérente à cette nature morte : les pétales de rose rappellent au spectateur que la beauté est éphémère, tandis que les papillons évoquent la Résurrection du Christ. » (Commentaire Royal Collection)

 

Maria van Oosterwijck. Nature morte avec fleurs, insectes et coquillage (1689)Maria van Oosterwijck. Nature morte avec fleurs, insectes et coquillage (1689). Huile sur toile, 48 × 37 cm, Royal Collection, Palais de Kensington. « Dans ce tableau d'Oosterwyck, un vase de verre repose sur le rebord d'une niche. On distingue différentes variétés de roses, ainsi qu'un œillet, un liseron, une renoncule et un souci. Une abeille, un papillon et une libellule se sont posés sur les fleurs. Un coquillage se trouve sur le rebord, à gauche du vase. Ce tableau est daté de trois ans après la Nature morte avec fleurs et papillons, mais il est possible qu'il ait été peint pour former un diptyque avec cette dernière et, comme elle, il est mentionné pour la première fois dans la Collection royale sous le règne de la reine Anne.
Signé et daté en bas à gauche : “MARIA VAN OOSTERWYCK 1689” » (Commentaire Royal Collection)

 

Maria van Oosterwijck. Roses et papillon (1660-90)Maria van Oosterwijck. Roses et papillon (1660-90). Huile sur toile, 37 × 29 cm, Crocker Art Museum, Sacramento. « Roses et Papillon est une petite mais saisissante nature morte hollandaise. Probablement peinte entre 1660 et 1690, elle représente des roses à différents stades de floraison : certaines fraîches, d’autres commençant à faner. Un papillon blanc, délicatement peint, se pose sur la plus grande fleur, au centre. La composition se détache sur un fond sombre, une technique courante qui accentue la profondeur et rehausse les couleurs vives des plantes.
Gouttes de rosée, pétales délicats et épines acérées sont peints avec un grand réalisme, révélant la technique raffinée de Van Oosterwijck et sa maîtrise sensible de la lumière et de l’ombre. Si la rose symbolise souvent l’amour et la beauté, dans la tradition des vanités, elle représente aussi la fragilité de la vie et le passage du temps. Le papillon, symbole chrétien familier, évoque la transformation et la résurrection de l’âme. Ensemble, ces éléments invitent à une douce réflexion sur la mortalité et l’espérance spirituelle. » (Commentaire dailyartmagazine.com)

 

Vanités

La vanité est une nature morte allégorique qui se développe au 17e siècle. Elle symbolise la mort et la vacuité de l’existence humaine. Le sablier, par exemple, évoque l’inexorable écoulement du temps et la fleur dans le vase va se faner très vite. Quant à l’homme, il sera bientôt réduit à l’état de squelette. De façon sous-jacente, il faut entendre que seule la vie éternelle, promise par la religion, mérite d’être prise en considération.

 

Maria van Oosterwijck. Vanité avec globe céleste (1668)Maria van Oosterwijck. Vanité avec globe céleste (1668). Huile sur toile, 73 × 89 cm, Kunsthistorisches Museum, Vienne. « Devant une niche se dresse une table en marbre gris, quelque peu abîmée. Sur le plateau, à l'avant gauche, une souris grignote un épi de blé. Juste derrière, une flûte à bec repose sur un livre de musique ouvert, où l'on peut lire, en caractères indistincts, “M. Wijn…[?]”, lui-même posé sur un second livre. En diagonale devant la flûte et les livres, se trouve une bouteille bulbeuse en verre transparent contenant un liquide rose pâle, fermée par un bouchon d'argent. Une étiquette portant l'inscription “Aqua Vita” est visible sur la bouteille. Dans le reflet de celle-ci se dessine l'atelier d'un peintre avec un autoportrait de Marie. Devant la bouteille se trouve un claquoir de Lazare (claquoir en bois utilisé par les lépreux), avec un épi de maïs à moitié épluché et un crâne orné d'une couronne de lierre juste derrière. Le vase contenant le bouquet est à peine visible. Appuyé contre un globe céleste à l'arrière-plan, à droite, se trouve un livre corné à la couverture jaunie portant l'inscription “REKENINGH / Wy leeven om te sterven / En / Steruen om te leeven” [RÉCIT / Nous vivons pour mourir / Et / Mourir pour vivre]. Un papillon, un Vulcain, ailes déployées, se pose sur le livre. En dessous, une lettre porte l'inscription : “ Job : 14.// L'homme [né d'une femme] / a peu de jours [et] / est plein d'agitation.” Une mouche bleue se pose en bas à droite de la lettre. À droite, devant le livre “Rekeningh”, on aperçoit un petit encrier blanc orné de motifs floraux bleus. Une plume d'oie repose, la pointe contre le livre, sur une petite pile de deux livres. Des feuilles de papier dépassent des deux livres. Celle du bas porte l'inscription “Navolging Christi” (Imitation du Christ) et celle du haut “SELF-STRYT” (Lutte contre soi-même). Sur les livres repose un sablier, une mouche est posée, et plusieurs fleurs printanières s'épanouissent : un perce-neige, un aconit d'hiver et une jacinthe sauvage. Devant une bourse à droite, deux pièces d'argent et deux d'or sont posées. Dans le vase, pas moins de 17 fleurs et herbes différentes, ainsi que du blé : rose de Provence, ipomée, pavot, rose blanche, pimprenelle, rose jaune, souci, romarin, iris, giroflée, mauve, aneth, œillet, tulipe, millepertuis, petite cerise du Pérou et rose trémière. Le papillon en haut à gauche, sur l'épi de blé, est une piéride du chou.
Comme souvent dans les natures mortes, la lumière rasante vient de la gauche […]
Il est évident que le crâne représente le symbole de la mort. Il constitue un vestige terrestre humain reconnaissable après la mort. La forme ronde du crâne correspond à celle du globe céleste, symbole de la dimension céleste, de la vie après la mort […]
Il convient de considérer ce tableau avant tout comme une nature morte de type vanité, où la peintre, à l'instar de nombreuses autres vanités du XVIIe siècle, souligne la fugacité de la vie […]
Par ailleurs, le tableau peut également être interprété comme une référence à la vie intellectuelle et aux études, compte tenu de la présence de la flûte (musique), des livres (études) et du globe terrestre (astronomie). » (Commentaire mariavanoosterwijck.nl)

 

Maria van Oosterwijck. Vanité avec tournesol et boîte à bijoux (v. 1675)Maria van Oosterwijck. Vanité avec tournesol et boîte à bijoux (v. 1675). Huile sur toile, 79 × 104 cm, Rijksmuseum, Amsterdam. « Un vase de fleurs trône au centre d’une table en pierre, entouré de nombreux objets. À gauche se trouve une petite boîte remplie principalement de pièces d'or ; à côté, un hochet, un médaillon, deux oranges, une branche de roses, un crâne orné d'une couronne de fleurs, un livre, une montre, les deux tables de la Loi portant les Dix Commandements et une fleur de tournesol. Au premier plan, une feuille de papier énumère les objets peints, avec une référence à un verset biblique. Une fenêtre à barreaux est visible à l'arrière-plan, à gauche. » (Commentaire Rijksmuseum)

 

Natures mortes ostentatoires (pronkstillevens)

Les natures mortes dites ostentatoires ont pris naissance aux Pays-Bas au milieu du 17e siècle. Elles étaient désignées par le terme pronkstilleven (de stilleven : nature morte, pronk : ostentatoire). Ces natures mortes de grand format se caractérisent par une grande variété d’objets représentés : mobilier, accessoires, armes, fruits, fleurs, aliments, voire figures humaines ou animales. Le flamand Frans Snyders (1579-1657), établi à Anvers, est considéré comme l’un des principaux initiateurs de ce type de nature morte.

 

Maria van Oosterwijck. Nature morte de fruits avec un homard (1660-93)Maria van Oosterwijck. Nature morte de fruits avec un homard (1660-93). Huile sur toile, 121 × 143 cm, collection particulière. « Sur une table recouverte d'une nappe persane multicolore repliée, un bol Wan Li (porcelaine Kraak) à motifs blancs et bleus trône au centre, avec un homard rouge. À sa droite, une assiette en argent est posée sur une serviette blanche. Sur cette assiette se trouvent deux oranges, une demi-pêche et un morceau de melon. Un melon coupé est placé derrière le bol. À gauche du homard, une autre assiette en argent présente un œillet épanoui et un œillet en bouton, entourés de tiges d'herbes séchées et de feuillage vert. À gauche, derrière le homard, se trouve une coupe à fruits en porcelaine, également Wan Li Kraak, dans laquelle et devant laquelle on aperçoit divers fruits : poire, pêches, pamplemousse et raisins rouges et blancs. À droite, au-dessus du homard, se trouve une autre corbeille à fruits en osier. Celle-ci est remplie de pêches, de citrons et de raisins rouges et blancs. À l'arrière-plan, un arrangement floral est disposé dans un vase en verre sur un coffre noir aux bords jaune ocre. Le bouquet comprend, entre autres : une rose de Provence, une rose blanche, plusieurs roses jaunes, un œillet, un lys turc, une fritillaire double et, en guise de fleur principale, une tulipe violette tournée vers l'extérieur. Le haut du tableau est occupé par un rideau rouge foncé noué. Un pompon de rideau est également visible sur le côté gauche de la toile.
L'attribution de ce tableau à Maria van Oosterwijck repose principalement sur la composition florale, qui lui est indéniablement propre. Le panier situé derrière le bol Wanli contenant le homard a également contribué à cette identification. Cette toile est la plus grande de l'œuvre connue de Maria van Oosterwijck et s'éloigne quelque peu de l'image que l'on se fait généralement de ses peintures. Elle révèle de fortes influences de Jan Davidsz. de Heem, Pieter de Ring et Van Beijeren. » (Commentaire mariavanoosterwijck.nl)

 

Maria van Oosterwijck. Nature morte de fruits avec une coupe ornementale (1660-93)Maria van Oosterwijck. Nature morte de fruits avec une coupe ornementale (1660-93). Huile sur toile, 71 × 56 cm, Gemaldegalerie Alte Meister, Dresde. « Le tableau représente une composition de fruits avec un calice orné et un verre à vin sur un plat en argent, dit plat pointu, posé sur une table en marbre qui constitue le point focal central. La table est placée contre un mur, son bord gauche adossé à une fenêtre. Un paysage se dessine à travers cette fenêtre. Une vigne est étendue sur le rebord de la fenêtre. Sur la table, à gauche, on aperçoit trois grappes de raisin blanc avec leur feuillage, derrière lesquelles se devine une pastèque. Une autre grappe de raisin repose sur l'axe central, ses feuilles retombant du bord de la table. Presque au centre du tableau se dresse une coupe richement ornée, avec un verre à vin à sa droite. Une orange est posée devant le verre. Le verre et l'orange sont disposés sur un plat en argent anguleux, dont le bord dépasse légèrement celui de la table. Dans le coin supérieur gauche, un rideau est suspendu en diagonale vers la droite, retenu par un cordon. Un cordon de rideau muni d'un pompon pend du coin supérieur gauche, et un autre cordon part en diagonale vers la droite depuis le coin supérieur gauche.
À tous égards, ce tableau porte l'empreinte de De Heem et de son cercle. On y retrouve également des similitudes avec Van Beijeren. Nombre d'éléments, tels que la coupe ornementale, le plat pointu, l'orange, les raisins, le roemer et le rideau, apparaissent aussi dans des natures mortes tout aussi opulentes. Si les toiles de De Heem sont généralement plus foisonnantes et plus riches, celle-ci se distingue par une composition plus sobre et austère. » (Commentaire mariavanoosterwijck.nl)

 

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Maria van Oosterwijck
 

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