|

Carlo Manieri. Nature morte avec coffre et fruits sur une table recouverte d'une nappe en brocart (1662-1700). Huile sur toile, 76 × 102 cm, collection particulière. « Carlo Manieri est une figure artistique dont la biographie et l'œuvre n'ont été étudiées et définies que récemment. Avant les années 1990, ses œuvres étaient souvent confondues avec celles d'autres artistes contemporains, notamment Mariano Fetti et le Cavalier de Malte. Cette relative méconnaissance s'explique en partie par la rareté des documents d'archives, inventaires et ouvrages historiques le mentionnant. Par exemple, son nom n'apparaît que trois fois dans les inventaires romains : l'inventaire Colonna de 1714 recense six tableaux de sa main ; celui de Pamphili de 1725 en mentionne deux ; et celui de Valenti Gonzaga de 1756, également deux. De même, le nom de Manieri est absent des biographies d'artistes rédigées à l'époque. Néanmoins, des études récentes ont révélé que Manieri était un peintre de natures mortes assez prolifique, qui semble également avoir entretenu un atelier actif.
Actif à Rome dès le début des années 1660, Manieri caractérise ses natures mortes par une palette sombre et riche et la présence de lourdes draperies brodées. Son œuvre se divise en deux groupes distincts : d’une part, les œuvres représentant des rideaux, des coussins, des instruments de musique, des armures et autres objets, comme celle-ci ; d’autre part, les natures mortes de fruits plus traditionnelles – disposées en grappes, en coupes ou éparpillées sur des tables richement drapées – telles que les deux œuvres conservées au Musée national de Capodimonte à Naples. Dans cette œuvre, le luxueux tissu rouge, bordé et brodé d’or, qui sert à représenter à la fois le coussin sur la table de gauche et le lourd rideau de droite, est caractéristique de l’artiste, tout comme les reflets lumineux de la lumière qui filtre par la gauche et se réfléchit sur les plis des étoffes de soie. » (Commentaire Sotheby’s, vente 2011, lot 16)
|
|

Carlo Manieri. Nature morte avec panier de raisins, grenades, coings et poires (1662-1700). Huile sur toile, 145 × 195 cm, collection particulière. « L’absence d’informations biographiques, ainsi que les dates de naissance et de décès encore inconnues de Carlo Manieri, ont contribué à son oubli au cours des siècles passés, bien que son appartenance à l’académie des Virtuosi del Pantheon soit attestée entre 1662 et 1675. Des documents d’archives confirment la présence de notre artiste dans les inventaires d’importantes collections romaines telles que les collections Colonna, Pamphilj, Valenti Gonzaga et Chigi. Ce n’est qu’en 2005 qu’un premier ensemble d’œuvres a pu être établi, à partir de compositions monogrammées ou signées. Auparavant, Eduard A. Safarik avait été le premier à identifier le monogramme “CMF” comme étant “Carlo Manieri Fecit” sur deux tableaux représentant des intérieurs de palais avec rideaux, tapis et armures, provenant du Palazzo Pamphilj à Rome.
Le motif principal de notre composition rappelle celui de deux autres tableaux, un lien déjà établi par Laura Laureati et Ludovica Trezzani, qui avaient proposé un contexte romain en raison de la forte ressemblance avec l'œuvre de Michele Pace et Michelangelo Cerquozzi. L'un de ces deux tableaux présente un arrière-plan architectural similaire, avec des trophées d'armures, tandis que l'autre ne conserve qu'une partie du motif central.
L'aspect gigantesque des différents fruits met en valeur leurs qualités individuelles et accentue l'effet baroque de cette abondante récolte qui s'étend du haut vers le bas. Le grand panier en osier et le tonneau en bois figurent dans d'autres compositions de l'artiste, et les fruits, rendus avec une riche palette de pigments et de couleurs – bleus, rouges et jaune coing – se détachent d'autant plus sur le fond sombre et naturaliste. Cette approche privilégie les contrastes d'ombre et de lumière, les verts du feuillage marquant des transitions entre les expressions vives de la nature et l'obscurité sous-jacente. » (Commentaire Galerie Canesso)
|
|

Carlo Manieri. Triomphe de fruits-1 (1662-1700)
Huile sur toile, 98 × 73,5 cm, Museo di Palazzo Pretorio, Prato.

Carlo Manieri. Triomphe de fruits-2 (1662-1700)
Huile sur toile, 98 × 73,5 cm, Museo di Palazzo Pretorio, Prato.
« Les deux Triomphes des fruits, avec raisins, melons, poires, grenades et figues, caractérisés par la méticulosité calligraphique, de Carlo Manieri, font partie de la collection Martini au musée du Palazzo Pretorio […]
Ces œuvres sont attribuées à Carlo Manieri, peintre romain actif entre 1662 et 1700, spécialisé dans les natures mortes et réputé pour ses compositions opulentes placées dans des intérieurs ornés de rideaux et d'objets de collection, de bouquets de fleurs et d’une profusion de fruits. Manieri était un maître qu'Eduard Safarik avait identifié depuis plusieurs années grâce aux descriptions figurant dans les inventaires de collections romaines, comme celui de la Maison Colonna.
La représentation de la profusion de fruits en plein air, en grande abondance et variété, parfois sous des rangs de vigne, est un élément caractéristique et récurrent de la peinture de natures mortes à Rome et à Naples entre la fin du XVIIe siècle et la première moitié du XVIIIe siècle.
La peinture brillante et lustrée de ces toiles, qui réagit avec sensibilité et vivacité à la lumière, témoigne également d'une influence nordique, notamment des œuvres contemporaines de Christian Berentz. Ce style hollandais et nordique se greffe sur une composition clairement romaine et trouve son précédent le plus significatif dans l'œuvre de Michelangelo Cerquozzi, peintre de natures mortes. » (Commentaire Museo di Palazzo Pretorio)
|
|

Carlo Manieri. Nature morte de fruits et fleurs dans un vase de cristal sur table drapée de brocart rouge-1 (v. 1690)
Huile sur toile, 96 × 74 cm, collection particulière.

Carlo Manieri. Nature morte de fruits et fleurs dans un vase de cristal sur table drapée de brocart rouge-2 (v. 1690)
Huile sur toile, 96 × 74 cm, collection particulière.
« Principalement dans des collections privées – sans doute en raison de leur esthétique décorative évidente – les toiles de notre artiste permettent, prises dans leur ensemble, de comprendre ses influences et le caractère unique de ses natures mortes. Il se positionna comme l’un des piliers du genre à Rome durant la seconde moitié du XVIIe siècle, en réussissant à assimiler et à faire vibrer les nobles compositions rigides de Benedetto Fioravanti ; en insufflant à ses toiles l’élégance et la légèreté de Berentz ; et en employant le naturalisme généreux de Michelangelo del Campidoglio. Au-delà de ces observations théoriques, les œuvres de Manieri furent très appréciées des riches commanditaires de son temps, raison pour laquelle il réalisa de nombreuses séries, des répétitions aux légères variations toujours cohérentes, afin d’orner de somptueux intérieurs, comme c’est sans doute le cas pour nos deux œuvres.
Le premier plan est occupé par un support : un entablement en pierre sculpté d’une patte de lion s’envolant en une feuille d’acanthe pour le premier, et une table à plateau de marbre blanc aux pieds dorés décorés de motifs végétaux pour le second. Un magnifique rideau de brocart rouge chatoyant, aux motifs floraux brodés de fils d’or, est négligemment posé sur chacun de ces supports, déclinant toute une série de plis complexes. Tels des autels à la nature morte, ces présentoirs drapés offrent à la contemplation une farandole de fruits charnus et bigarrés, des poires aux grappes de raisins, en passant par des pêches, des prunes et des grenades. Cette abondance, bien que débordante, est contenue – si elle n’est pas directement posée sur la table – à l’intérieur d’une urne argentée sur chacun des pendants. Mais il ne s’agit pas des seules pièces d’orfèvrerie, puisque tout un ensemble composé d’une aiguière dorée, d’un cartel finement ouvragé et d’un vase de cristal en forme calice et au pied orné vient agrémenter ce foisonnement de fruits et de sarments de vigne. D’ailleurs, les vases de cristal, cadrant la composition par leur verticalité, accueillent un bouquet de pétunias bleus et de roses pâles, apportant une touche de grâce à cette généreuse scène. Enfin, à l’arrière-plan, un rideau de couleur sombre vient clore et délimiter l’espace comme s’il s’agissait de l’intérieur tamisé d’un fastueux palais du XVIIe siècle.
Ces deux tableaux représentent donc un double témoignage : celui d’un goût particulièrement développé pour l’esthétique de la nature morte et de la décoration d’intérieur au XVIIe siècle, à Rome ; ainsi que celui d’une histoire de l’art changeante, dévoilant progressivement, au fur et à mesure des découvertes, la main d’un artiste qui semble avoir été un artiste décorateur incontournable chez les plus hauts dignitaires de la cité papale. » (Commentaire Galerie DIDIER AARON)
|
|

Carlo Manieri. Nature morte aux instruments de musique (1662-1700). Huile sur toile, 74 × 97 cm, collection particulière. « Actif à Rome dès le début des années 1660, Carlo Manieri fut admis à la Congregazione dei Virtuosi al Pantheon en 1662, dont il resta membre jusqu'en 1675. Ses œuvres figurent dans d'importantes collections romaines, telles que celles des familles Colonna (inventaire de 1714), Pamphilj (1735) et Valenti Gonzaga (1756), bien que les tableaux cités ne soient plus identifiables au sein de ces collections.
Par le passé, les œuvres de Manieri ont souvent été confondues avec celles de Francesco Noletti. Ce tableau, en effet, présente des similitudes significatives, tant dans sa composition que dans son agencement, avec une nature morte attribuée à Il Maltese, conservée à l'Alte Pinakothek de Munich (inv. 1118). Cette œuvre se distingue par sa palette sombre et riche, une caractéristique de Manieri, et par l'utilisation de lourdes draperies de brocart, un élément récurrent dans ses compositions, qui accentuent le sentiment d'opulence et de théâtralité de la scène. » (Commentaire Drouot)
|
|

Carlo Manieri. Instruments de musique dans un intérieur classique (1662-1700). Huile sur toile, 100 × 124 cm, collection particulière. Dans la partie gauche, le peintre a placé des aiguières et une statue antique avec des instruments de musique. Un pistolet au métal décoré et un miroir reposent sur un coussin rose avec glands, lui-même posé sur une table drapée. Dans la partie droite apparaît un meuble décoratif complexe provenant de l’imagination de l’artiste. A l’arrière-plan, un ensemble architectural classique permet un effet de perspective et solennise la composition.
|
|

Carlo Manieri. Intérieur avec rideaux (1662-1700). Huile sur toile, 60 × 76 cm, collection particulière. En haut du tableau un rideau relevé dévoile un amoncellement d’objets divers placé au sol et sur une table recouverte d’une nappe rose et d’une étoffe bleue et or. On discerne des fleurs des aiguières, deux coffres, des éléments d’armure, un drapeau, des armes et une statue de petit chien. L’arrière-plan, laissant apparaitre une porte entrouverte, a pour fonction de donner de la profondeur à la composition.
|