Wolf Huber

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Patrick AULNAS

Biographie

v. 1485-1553

Wolfgang (dit Wolf) Huber naît vers 1485 à Feldkirch, dans le Vorarlberg, partie la plus occidentale de l’Autriche. Il appartient à une famille d’artistes et a probablement été formé par le peintre Hans Huber, mort en 1501. Selon certaines sources, Hans Huber aurait pu être le père ou l’oncle de Wolf, mais ce ne sont là que des conjectures. Il est possible que Wolf Huber ait rencontré Albrecht Altdorfer, le chef de file de l’école du Danube vers 1500. Voilà tout ce que l’on sait de sa formation.
Les premières œuvres connues de Wolf Huber sont des dessins de paysages, datés de 1510, qui révèlent l’intérêt du jeune artiste pour l’évocation de la nature, sans qu’apparaisse une scène comportant des êtres humains. Vers 1515, il s’installe à Passau, en Bavière, où il passera la plus grande partie de sa carrière. Il est immédiatement considéré comme un peintre reconnu et appelé maître Wolfgang Huber de Feldkirch. Passau est une principauté ecclésiastique du Saint-Empire romain germanique, gouvernée par un prince-évêque. A partir de 1517, Huber travaille comme peintre de la cour du prince-évêque de Passau, Ernest de Bavière (1500-1560). Il réalise des portraits, des tableaux de dévotion et des retables.

 

Wolf Huber. Allégorie de la rédemption (après 1543)Wolf Huber. Allégorie de la rédemption (après 1543)
Huile sur bois, 154 × 130 cm, Kunsthistorisches Museum, Vienne.


Ces travaux lui apportent l’aisance financière. En 1539, lui et son épouse Anna font l'acquisition d'une maison à Passau. Cette même année, Wolf Huber devient citoyen de la ville. En 1540, le nouveau prince-évêque, Wolfgang von Salm (1514-1555), le confirme dans ses fonctions de peintre de la cour. Il le reste jusqu'à la fin de sa vie. Wolf Huber, contrairement à la plupart des peintres de son époque, excelle également dans le domaine architectural. En 1541, il est nommé architecte de la ville de Passau. Malheureusement, aucune de ses réalisations architecturales n’a été conservée dans son état d’origine.
Wolf Huber meurt à Passau le 3 juin 1553.

Œuvre

Un groupe d’artistes particulièrement sensibles aux émotions provenant de la nature apparaît au début de 16e siècle dans une région assez vaste d’Allemagne du sud comprenant une partie des Alpes et les rives du Danube. Son influence locale s’étend de Ratisbonne (Regensburg en allemand) à Vienne en Autriche. Son influence historique sera importante car il s’agit du premier mouvement artistique s’intéressant tout particulièrement au paysage. Le chef de file incontesté de ce groupe est Albrecht Altdorfer (v. 1480-1538). Wolf Huber est considéré comme l’un de ses membres les plus importants. L’historien de l’art Theodor von Frimmel (1853-1928) utilisa le terme École du Danube pour désigner ce groupe d’artistes. L’expression est encore couramment utilisée.
Les peintres de l’École du Danube exerçaient leur activité dans une région splendide aux paysages grandioses, comportant des sommets enneigés, des forêts profondes, des torrents puissants. Il n’est pas surprenant que le premier paysage connu de l’art occidental ne comportant aucun personnage et réalisé avec la technique de la peinture à l’huile provienne de cette région. Il s’agit de Paysage du Danube près de Ratisbonne (1520-1525) d’Altdorfer, petite composition de 30 cm sur 22 exaltant la beauté, la grandeur et les mystères de la nature. Les dessins pris sur le vif, ou les aquarelles, constituaient un élément important de préparation de tels tableaux. Wolf Huber est réputé pour la qualité de ses dessins.

 

Wolf Huber. Paysage préalpin (1532)Wolf Huber. Paysage préalpin (1522)
Aquarelle et gouache, 21 × 31 cm, Kupferstichkabinett, Staatliche Museen, Berlin.

 

Wolf Huber est également l’auteur de scènes religieuses placées dans un cadre naturel inspiré des paysages alpins.

 

Wolf Huber. La Déploration du Christ (1524)Wolf Huber. La Déploration du Christ (1524)
Huile sur bois, 106 × 87 cm, musée du Louvre, Paris.

 

La gravure permettait aux artistes d’élargir leur clientèle en vendant des adaptations sur papier de compositions à l’huile ou des créations originale destinées à la gravure. La technique de la gravure sur bois était utilisée au début du 16e siècle. Huber est un maître dans ce domaine. La nature, en arrière-plan de la scène principale, demeure un élément essentiel de la composition.

 

Wolf Huber. Saint Georges et le dragon (1520)Wolf Huber. Saint Georges et le dragon (1520)
Gravure sur bois, 20 × 15 cm, Staatliche Museen zu Berlin.

 

Wolf Huber est également un portraitiste de personnalités locales. Son portrait le plus célèbre est celui de Jacob Ziegler (1471-1549), humaniste bavarois mort à Passau.

 

Wolf Huber. L'humaniste Jacob Ziegler (1544-49)Wolf Huber. L'humaniste Jacob Ziegler (1544-49)
Huile sur bois, 59 × 44 cm, Kunsthistorisches Museum, Vienne.

 

Scènes religieuses

 

Wolf Huber. Les adieux du Christ à sa mère (1519)Wolf Huber. Les adieux du Christ à sa mère (1519). Huile sur bois, 38 × 28 cm, Kunsthistorisches Museum, Vienne. Le thème iconographique des adieux du Christ à sa mère ne figure pas dans les Évangiles mais dans des textes ultérieurs. Le Christ dit adieu à sa mère avant son dernier voyage pour Jérusalem qui se terminera par la Crucifixion. Huber place la scène dans un paysage montagneux de type alpin avec un groupe de femmes vêtues selon la mode de son époque. La scène de la Vierge agenouillée devant le Christ la bénissant et entourée de trois femmes la réconfortant permet de mettre en évidence le caractère dramatique de ce dernier départ.
Altdorfer a traité le même sujet à la même époque dans une composition assez proche. 

 

Wolf Huber. Les adieux du Christ à sa mère (v. 1520)Wolf Huber. Les adieux du Christ à sa mère (v. 1520). Huile sur bois, 96 × 68 cm, National Gallery, Londres. « Le thème du Christ faisant ses adieux à sa mère, la Vierge Marie, avant de se rendre à Jérusalem pour y être arrêté, jugé et mis à mort, était très apprécié dans le sud de l'Allemagne. Ce fragment d'un panneau plus large a été tronqué sur le côté droit ; il ne reste que les mains du Christ et une partie de sa longue robe cramoisie. Le point focal de l'image est la Vierge Marie évanouie, effondrée dans les bras de ses compagnes.
Huber excellait à exprimer l'émotion par le geste, et cette œuvre est sans doute la plus expressive et la plus dramatique qu'il ait réalisée. La composition, avec les saintes femmes à gauche et le Christ debout à droite, rappelle une version de la même scène par Albrecht Altdorfer, également conservée à la National Gallery. Huber s'est peut-être inspiré de cette toile d'Altdorfer, réalisée un peu antérieurement. » (Commentaire National Gallery)

 

Wolf Huber. Élévation de la Sainte Croix du Christ (v. 1522)Wolf Huber. Élévation de la Sainte Croix du Christ (v. 1522). Huile sur bois, 115 × 154 cm, Kunsthistorisches Museum, Vienne. « À en juger par son sommet arqué, le panneau peint couronnait à l'origine le reliquaire d'un retable à volets, qui représentait probablement la Crucifixion […]
L'effort considérable déployé par l'artiste pour représenter cette scène dramatique, et notamment pour caractériser les nombreux protagonistes, confirme l'importance de cette commande. Apparemment en guise de préparation, Huber réalisa une série de têtes dessinées, presque toutes datées de 1522, fournissant ainsi un indice précieux pour la datation du retable. L'un de ces dessins (conservé à Berlin), représentant un homme coiffé d'un béret, a influencé non seulement l'homme à l'air pensif à l'extrême droite de la scène de la crucifixion, qui emmène deux prisonniers, mais aussi les deux hommes de main, dépeints comme nettement plus malveillants, qui hissent la croix au centre. Huber utilise également des raccourcis et des superpositions dramatiques pour exprimer le tumulte et l'excitation. Il a même intégré des animaux à son œuvre, les assimilant aux humains : même les chevaux ont de grands yeux fixes, et le chien au premier plan, qui nous fixe d'un air méfiant, a quelque chose d'étrange, son expression étant étonnamment similaire à celle des deux hommes de main mentionnés. [Guido Messling, extrait du catalogue d'exposition « Mondes fantastiques », Francfort/Vienne 2014/15, Munich 2014, cat. n° 99] » (Commentaire Kunsthistorisches Museum)

 

Wolf Huber. La Déploration du Christ (1524)Wolf Huber. La Déploration du Christ (1524). Huile sur bois, 106 × 87 cm, musée du Louvre, Paris. Thème récurrent de la peinture occidentale appelé aussi Lamentation sur le Christ. Le Christ est mort, allongé, et des personnages le pleurent. La déploration est un élargissement du thème également classique de la Pietà, ou Vierge de Pitié, qui ne comprend que la Vierge supportant le Christ mort.
« Nicodème, à droite, ainsi que la jeune femme dont on aperçoit le visage, derrière lui, ne sont pas nimbés, d’où l’hypothèse de Salm (1969) d’y voir les portraits du commanditaire-donateur ainsi que de son épouse, à savoir le comte Nicolas II zu Salm-Neuburg (1503-1550), au service duquel travaillait Wolf Huber.
Bon exemple de scène religieuse insérée dans un paysage forestier et montagneux, typique de l’école du Danube et digne d’Altdorfer. » (Commentaire musée du Louvre)

 

Wolf Huber. La fuite en Égypte (1525-30)Wolf Huber. La fuite en Égypte (1525-30). Huile sur bois, 56 × 56 cm, Gemäldegalerie, Berlin. Le roi Hérode Ier de Palestine, ayant appris la naissance à Bethléem du roi des Juifs, donne l’ordre de tuer tous les enfants de moins de deux ans se trouvant dans la ville. Prévenu par un songe, Joseph s’enfuit en Égypte avec l’enfant Jésus et sa mère Marie. Ils y resteront jusqu’à la mort d’Hérode.
« Wolf Huber, artiste danubien, a peint un retable représentant des scènes de la vie de la Vierge, dont seuls deux panneaux subsistent : La Fuite en Égypte à Berlin et La Visitation (Bayerisches Nationalmuseum, Munich). Dans La Fuite en Égypte, la Sainte Famille semble poser sur un promontoire rocheux, à la manière d’un groupe statuaire. Les figures de Huber rappellent les statuettes en tilleul, souvent aux couleurs éclatantes, de l’époque autrichienne et allemande. » Commentaire Web Gallery of Art)

 

Wolf Huber. L’arrestation du Christ (v. 1530)Wolf Huber. L’arrestation du Christ (v. 1530). Huile sur bois, 61 × 67 cm, Alte Pinakothek, Munich. Le Christ s’est retiré avec quelques apôtres pour prier au Jardin des Oliviers. Judas, l’un des douze apôtres, arrive avec une foule nombreuse. Il embrasse Jésus, signe convenu pour indiquer aux autorités l’homme qu’il fallait arrêter. « Alors ces gens s'avancèrent, mirent la main sur Jésus et l'arrêtèrent. » (Matthieu, 26.50)
Altdorfer avait traité le même thème entre 1509 et 1518 dans une composition également très animée.

 

Wolf Huber. Allégorie de la rédemption (après 1543)Wolf Huber. Allégorie de la rédemption (après 1543). Huile sur bois, 154 × 130 cm, Kunsthistorisches Museum, Vienne. « Huber réalisa ce tableau d'une grande richesse de détails sur commande de son mécène, le prince-évêque de Passau, Wolfgang comte von Salm (règne : 1541-1555), représenté agenouillé au premier plan en tant que donateur. La scène est dominée par la juxtaposition de la crucifixion du Christ et de son pendant “typologique” dans l'Ancien Testament : l'élévation du serpent de bronze par Moïse (Nombres 21, 6-9), par lequel Dieu guérissait les hommes des morsures de serpents venimeux. À l'arrière-plan figurent diverses scènes des Actes des Apôtres : au centre, la guérison du paralytique par Pierre et Jean (Actes 3, 1-10), la prédication de Pierre au Temple (Actes 3, 12-26) et, à droite, l'emprisonnement des apôtres (Actes 4, 3). L'inscription latine sur la tablette au premier plan est également tirée des Actes des Apôtres (Actes 4, 10-12) et en constitue la clé de compréhension. Pierre y explique que ses œuvres et ses miracles furent accomplis uniquement “au nom de Jésus-Christ de Nazareth, que vous avez crucifié et que Dieu a ressuscité des morts”. En faisant apparaître Pierre lui-même derrière le donateur agenouillé, désignant le Christ crucifié, le message de salut et de guérison par la foi est directement transmis au spectateur. Huber illustre la portée universelle de ce message par un magnifique panorama, couronné par l'apparition de Dieu le Père dans le cosmos. » (Commentaire Kunsthistorisches Museum)

 

Portraits

 

Wolf Huber. Portrait d'une femme de la famille Reuss (v. 1524)Wolf Huber. Portrait d'une femme de la famille Reuss (v. 1524). Huile sur bois, 43 × 33 cm, musée Thyssen-Bornemisza, Madrid. « Ce panneau représente une femme en demi-longueur portant une large guimpe. Son visage traité de manière réaliste a une expression pensive. Elle porte des vêtements noirs unis garnis de fourrure au niveau du cou, des coudes et des poignets mais dépourvus d'éléments décoratifs. Absorbée dans ses propres pensées, ses manches cachent ses mains, qui pourraient porter des anneaux donnant éventuellement un indice sur son identité. Huber situe son modèle dans le coin d'une pièce avec deux fenêtres à travers lesquelles on voit un tronc d'arbre nu, une ville dans les montagnes et un pic rocheux sur la gauche. Sa représentation nette des traits de la femme contraste avec les touches lâches et diluées utilisées pour le paysage. Le modèle a été identifié comme un membre de la famille Reuss grâce aux armoiries au dos du panneau, qui comportent une devise, un lion et une licorne avec un heaume. Au revers figure une date difficile à lire, notamment les deux derniers chiffres. Elle a été interprétée comme 1524, date supposée de ce tableau. » (Commentaire musée Thyssen-Bornemisza)

 

Wolf Huber. Portrait d’Anton Hundertpfundt (1526)Wolf Huber. Portrait d’Anton Hundertpfundt (1526). Huile sur bois, 69 × 47 cm, National Gallery of Ireland, Dublin.

Wolf Huber. Portrait de Margaret Hundertpfundt (1526)Wolf Huber. Portrait de Margaret Hundertpfundt (1526). Huile sur bois, 69 × 47 cm, Philadelphia Art Museum, Philadelphie. 


Anton Hundertpfundt a exercé les fonctions de maître de la Monnaie à Landshut en 1506, puis à Munich de 1506 à 1522. Il était très estimé en tant que citoyen de Munich et administrateur des finances et de la frappe monétaire du duché de Bavière sous le règne de Guillaume IV de Bavière (1508-1550).

 

Wolf Huber. L'humaniste Jacob Ziegler (1544-49)Wolf Huber. L'humaniste Jacob Ziegler (1544-49). Huile sur bois, 59 × 44 cm, Kunsthistorisches Museum, Vienne. « L'inscription mentionne le nom du modèle et ses origines ; son style classique fait allusion à sa profession d'humaniste, théologien, mathématicien, géographe et astronome. Ziegler (vers 1470/71-1549) fit ses études auprès de Conrad Celtis aux universités d'Ingolstadt et de Vienne, et devint par la suite doyen de la faculté de théologie de Vienne. Proche d'Érasme de Rotterdam, il partageait avec lui des sympathies pour la Réforme, sans toutefois quitter l'Église catholique. » (Commentaire Kunsthistorisches Museum)

 

Gravures, dessins et aquarelles

 

Wolf Huber. La Grande Crucifixion (v. 1516)Wolf Huber. La Grande Crucifixion (v. 1516). Gravure sur bois, 12 × 9 cm, Art Institute Chicago. « Wolfgang Huber était membre de l'École du Danube, un groupe novateur de peintres et graveurs de paysages, actifs le long du Danube, en Autriche et dans le sud de l'Allemagne, au début du XVIe siècle. Cette saisissante scène de la Crucifixion mêle arbres et croix du Calvaire. La gravure sur bois confère au paysage une importance égale à celle de Jésus, de sa mère et de l'apôtre Jean. Le vent se devine au flottement du pagne de Jésus et du vêtement de Jean, tandis que le soleil couchant marque la fin de la vie terrestre du Christ. La lumière du soleil glisse harmonieusement le long de la Croix vers les collines environnantes, accentuant le drame par l'obscurité imminente. » (Commentaire Art Institute Chicago)

 

Wolf Huber. Paysage (v. 1520)Wolf Huber. Paysage (v. 1520). Dessin à la plume et encre noire, trait d'encadrement à la plume et à l'encre brune sur papier vergé beige, 20 × 16 cm, musée de Grenoble. « Le paysage de Huber étudié ici, exécuté à la plume et à l’encre noire, est très équilibré et savamment composé. Les arbres pittoresques, comme le saule à gauche, sont reliés à l’arrière- plan montagneux et escarpé par un vaste pont aux multiples arcs. Le rocher creusé est un élément emprunté aux œuvres de Léonard de Vinci, dont les paysages grandioses influencent les artistes européens depuis le début du XVIe siècle. Ce dessin est mentionné comme une œuvre “dans le style de Wolf Huber”, dans une exposition de 1984 à Paris, ce qui est juste car il s’agit d’une belle copie d’après l’artiste. Cependant, on ne connaît pas aujourd’hui le dessin original qui a servi de modèle. L’auteur de cette feuille utilise un jeu important de hachures parallèles, imitant à la perfection l’art de Huber, même si l’utilisation de la plume est ici plus sèche. L’artiste mêle l’observation sur le vif à une approche calligraphique et ornementale, ce qui marque surtout ses premières œuvres qui deviennent presque “romantiques” dans les années 1520. » (Commentaire musée de Grenoble)

 

Wolf Huber. Saint Georges et le dragon (1520)Wolf Huber. Saint Georges et le dragon (1520). Gravure sur bois, 20 × 15 cm, Staatliche Museen zu Berlin. Georges de Lydda (saint Georges pour les chrétiens) est un martyr de 4e siècle après J.-C., en général représenté en héros terrassant un dragon. Ce combat symbolise la lutte entre le bien et le mal. Il s’agit d’un thème récurrent depuis l’Antiquité où le dragon s’oppose au héros. Le dragon est souvent représenté comme un reptile géant, parfois ailé, qui crache du feu.

 

Wolf Huber. Paysage préalpin (1532)Wolf Huber. Paysage préalpin (1522). Aquarelle et gouache, 21 × 31 cm, Kupferstichkabinett, Staatliche Museen, Berlin. Wolf Huber propose ici une composition entièrement dépourvue de figures humaines ou de prétexte religieux. La nature devient le sujet unique du tableau. L'usage de l'aquarelle lui permet de jouer sur la transparence et de capter les nuances des reliefs préalpins. Comme le montrent les arbres étiques du premier plan, qui semblent survivre à un cataclysme, ce paysage conserve un caractère inquiétant hérité des paysages fantastiques historiquement antérieurs.

 

Wolf Huber. Portrait en buste d'un homme imberbe portant une casquette (1522)Wolf Huber. Portrait en buste d'un homme imberbe portant une casquette (1522). Dessin au fusain rehaussé de blanc, sur papier apprêté rouge brique, 28 × 20 cm, Kupferstichkabinett, Staatliche Museen, Berlin. Ce remarquable portrait permet d’appréhender l’aspect psychologique du personnage, ce qui est exceptionnel au début du 16e siècle. Le portrait avait pour fonction de mettre en valeur le statut social du modèle (aristocrate, religieux, etc.) et de flatter la personne représentée. Ici, Huber insiste sur le caractère volontaire, voir intransigeant de ce modèle au regard dur et implacable. 

 

Wolf Huber. Paysage du Danube (1520-50)Wolf Huber. Paysage du Danube (1520-50). Dessin à l’encre noire sur papier, 22 × 31 cm, Kupferstichkabinett, Staatliche Museen, Berlin. Il était extrêmement rare au début su 16e siècle que le paysage soit traité comme une œuvre à part entière. Il constituait en général l’arrière-plan d’une scène religieuse ou mythologique. L’école du Danube est considérée comme la plus novatrice dans ce domaine. Les dessins de Wolf Huber témoignent d’une vision poétique de la nature, tout à fait nouvelle à cette époque où le milieu naturel, dont il fallait se protéger, était considéré comme hostile.

 

Wolf Huber. Paysage avec pâturages (1520-50)Wolf Huber. Paysage avec pâturages (1520-50). Dessin à l’encre noire sur papier, 21 × 16 cm, Kupferstichkabinett, Staatliche Museen, Berlin. Le paysage d’arrière-plan, dans une vallée calme traversée par un fleuve, contraste avec les arbres du premier plan, destinés à produire un effet angoissant. L’ambivalence de l’approche de la nature (paradisiaque et dangereuse) est caractéristique de l’époque.

 

Wolf Huber. L'Adoration des Mages (1520-50)Wolf Huber. L'Adoration des Mages (1520-50). Gravure sur bois, Staatliche Museen zu Berlin. Selon la tradition chrétienne, trois mages (sages) auraient suivi une étoile vers le lieu de naissance de Jésus-Christ. Arrivés près de Jésus, ils lui offrent l’or, l’encens et la myrrhe.

 

Wolf Huber. Pyrame et Thisbé (1520-50)Wolf Huber. Pyrame et Thisbé (1520-50). Gravure sur bois, Staatliche Museen zu Berlin. Mythe antique dont le poète Ovide (43 av. JC-18 ap. JC) écrivit une version. Pyrame et Thisbé sont deux jeunes amants de Babylone dont les familles ennemies interdisent l'union. Ils se donnent rendez-vous à l’écart de la ville. Thisbé, arrivée la première, rencontre une lionne et se cache dans une caverne. Elle perd son foulard que la lionne déchiquette et macule du sang d’un animal. Pyrame trouve le foulard en arrivant au rendez-vous et croit que Thisbé a été dévorée par la lionne. Désespéré, il se poignarde sous un mûrier. Thisbé le découvre et se poignarde également. Ce thème a inspiré la pièce de Shakespeare intitulée Roméo et Juliette.

 

Wolf Huber. La présentation au temple (1520-50)Wolf Huber. La présentation au temple (1520-50). Gravure sur bois, National Gallery of Art, Washington. Selon la tradition chrétienne, Marie fut présentée encore enfant au temple de Jérusalem par ses parents Joachim et Anne. Elle resta dans le temple jusqu'à l'âge de sa majorité et fut alors accordée en fiançailles à Joseph.

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