Isaac Oliver

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Patrick AULNAS

Autoportraits

 

Isaac Oliver. Autoportrait 1 (v. 1590)Isaac Oliver. Autoportrait 1 (v. 1590)
Aquarelle sur vélin, 64 × 51 mm, National Portrait Gallery, Londres.

 

Isaac Oliver. Autoportrait 2 (v. 1590)Isaac Oliver. Autoportrait 2 (v. 1590)
Aquarelle sur vélin, 45 × 37 mm, Royal Collection, Windsor.

 

Biographie


1565-1617
Isaac Oliver, né vers 1565 à Rouen, est le fils de Pierre Oliver, orfèvre, et de son épouse Épiphanie, tous deux de religion protestante. La France était troublée à cette époque par des guerres de Religion opposant les partisans du catholicisme aux partisans du protestantisme (dits huguenots). Huit guerres de Religion se déroulèrent de 1562 à 1598. Pour fuir les persécutions à l’égard des protestants, la famille Oliver s’installe à Londres en 1568.
Pierre Oliver avait séjourné à Genève bien avant la naissance de son fils et y avait rencontré Nicholas Hilliard (v. 1547-1619), encore très jeune. Hilliard devint par la suite l’un des miniaturistes les plus célèbres d’Angleterre, travaillant pour la famille royale pendant les règnes d'Élisabeth Ire et de Jacques Ier. A Londres, Pierre Oliver fit entrer son fils comme assistant dans l’atelier de Hilliard. Isaac Oliver se forma ainsi à l’art du portrait miniature et se montra particulièrement brillant dans ce domaine. Sa plus ancienne miniature connue date de 1587. Il avait alors 22 ans. Son style évolua rapidement par rapport à celui de son maître.  Hilliard réalisait des portraits très lumineux avec peu d’ombres. Oliver, au contraire, privilégiait la lumière adoucie projetant de profondes ombres sur le visage du modèle. Il conquit ainsi les faveurs de l’aristocratie britannique.
Isaac Oliver a probablement voyagé en Italie en 1596. Une inscription au revers d’un portrait réalisé cette année-là indique en effet qu’il a été peint à Venise. L’influence italienne conduit Oliver à élargir sa thématique, tout en restant dans la miniature. Il crée des portraits en pied, des allégories ou même des scènes de genre comme ce célébrissime et remarquable Jeune homme assis sous un arbre :

 

Isaac Oliver. Jeune homme assis sous un arbre (v.1590-95)Isaac Oliver. Jeune homme assis sous un arbre (v.1590-95)
Aquarelle sur vélin contrecollé sur carton, 124 × 89 mm, Royal Collection, Windsor.

 

Après la mort d’Elisabeth Ire en 1603, l’artiste connaît la faveur royale. Anne de Danemark (1574-1619), épouse du roi Jacques Ier (1566-1625) et mécène aux goûts très raffinés, apprécie le talent novateur d’Oliver et le désigne comme son limner (miniaturiste) personnel en 1605. Hilliard restait cependant celui du monarque. Mais Henry le prince de Galles (1594-1612), avait hérité des goûts artistiques de sa mère et commanda de nombreux portraits à Oliver. Il mourut malheureusement à l’âge de 18 ans.
Isaac Oliver s’est marié trois fois. Très jeune, il épouse Elisabeth, d’origine française, qui lui donne un fils, Peter (1589-1647). En 1602, il épouse Sara Gheeraerts (vers 1575-1605), qui appartenait à une famille d’artistes néerlandais. Sa troisième épouse, Elizabeth Harding ou Harden (v 1589-v.1640) était la fille d’un musicien de cour nommé James Harding. Le mariage a lieu en 1606.

 

Isaac Oliver. Henry Frederick, Prince de Galles (v. 1610)Isaac Oliver. Henry Frederick, Prince de Galles (v. 1610)
Aquarelle sur vélin posé sur carton, 132 × 100 mm, Royal Collection, Windsor.

 

Isaac Oliver meurt à Londres en 1617 et il est inhumé à l’église St Ann Blackfriars, détruite lors du Grand Incendie de Londres en 1666.

 

Œuvre

 

Isaac Oliver. Élisabeth, reine de Bohême (après 1596)Isaac Oliver. Élisabeth, reine de Bohême (après 1596)
Gouache sur parchemin monté sur carton, 57 × 48 mm, Yale Center for British Art, New Haven, États-Unis.

 

Avant l’apparition de la photographie, le portrait peint permettait de conserver l’image d’une personne. Le portrait miniature avait l’avantage de pouvoir être facilement transporté, transmis à un tiers ou conservé sur soi. Il apparaît au 16e siècle et se développe jusqu’au 19e.
Isaac Oliver est considéré comme un maître du portrait miniature car son approche raffinée et sa méticulosité renouvellent la représentation du modèle, qui restait jusqu’alors assez sommaire. Il parvenait sur de très petites surfaces à saisir la ressemblance physique, les traits de personnalité et les caractéristiques de la mode de son époque : détails complexes des vêtements, coiffures élaborées.
Au début du 17e siècle, le vélin tendu sur une plaque de carton fort était le support le plus utilisé, avant l’apparition du cuivre, de la porcelaine ou de l’ivoire. Oliver utilise la gouache ou l’aquarelle et non l’huile qui ne sera utilisée que plus tardivement avec les nouveaux supports.

 

Isaac Oliver. Portrait miniature de Richard Sackville, 3e comte de Dorset (1615)Isaac Oliver. Portrait miniature de Richard Sackville, 3e comte de Dorset (1615)
Aquarelle sur vélin contrecollé sur carton, 345 × 245 mm, Victoria and Albert Museum, Londres.

 

Portraits miniatures

Isaac Oliver. Frances Howard, comtesse de Somerset (1596-1600)Isaac Oliver. Frances Howard, comtesse de Somerset (1596-1600). Aquarelle sur vélin contrecollé sur carton, diamètre 130 mm, Victoria and Albert Museum, Londres. « Cette miniature, l'un des chefs-d'œuvre d'Oliver, offre un contraste saisissant avec le style emblématique de son maître, Nicholas Hilliard, caractérisé par des couleurs vives, une lumière éclatante et une certaine solennité. Témoignage de l'influence qu'exerça sur lui son voyage en Italie en 1596, cette œuvre est une véritable prouesse de clair-obscur – ou jeu d'ombre et de lumière – traitée dans une gamme monochromatique ; elle présente de subtils dégradés allant du gris au gris-noir, délicatement rehaussés de touches de blanc, d'or et d'argent. Le personnage émerge de l'ombre, enveloppé de voiles vaporeux, arborant un demi-sourire insaisissable et énigmatique qui rappelle La Joconde de Léonard de Vinci. Les voiles évoquent une tenue d'intimité ; associés au geste de la main posée sur le cœur, ils indiquent qu'il s'agit d'un gage d'amour privé.
Malheureusement, le pigment rouge utilisé à l'époque pour peindre les traits du visage s'altère facilement ; on ne peut donc qu'imaginer l'effet saisissant qu'auraient produit la couleur de ses joues et de ses lèvres au sein de la monochromie froide de cette œuvre élégante. » (Commentaire Victoria and Albert Museum)

 

Isaac Oliver. Henry Frederick, Prince de Galles (v. 1610)Isaac Oliver. Henry Frederick, Prince de Galles (v. 1610). Aquarelle sur vélin posé sur carton, 132 × 100 mm, Royal Collection, Windsor. « Henry, prince de Galles (1594-1612), était l'aîné de Jacques VI d'Écosse et d'Anne de Danemark. À la mort de la reine Élisabeth Iʳᵉ en 1603, il se rendit à Londres avec son père, qui accéda au trône d'Angleterre sous le nom de Jacques Iᵉʳ, premier monarque de la dynastie des Stuart. En juillet de la même année, il fut investi de l'ordre de la Jarretière ; il apparaît arborant le ruban bleu et l'insigne de l'ordre dans la plupart de ses portraits, y compris cette miniature.
Bien que Hilliard ait réalisé deux miniatures d'Henry, prince de Galles (toutes deux conservées dans la Royal Collection), celle-ci constitue l'image de référence dans ce médium. Il s'agit de l'une des œuvres majeures d'Oliver, qui a servi de modèle à de nombreuses versions. La rencontre entre le modèle et l'artiste symbolise un moment important de l'art britannique. Jeune mécène passionné, Henry, prince de Galles, collectionnait des peintures et des sculptures néerlandaises et italiennes, ainsi que des monnaies, des médailles et des livres. Isaac Oliver joua un rôle de catalyseur essentiel dans l'adoption par la Grande-Bretagne des avancées réalisées sur le continent durant la Renaissance, tant par sa technique que par sa connaissance de l'art européen, principalement maniériste. Henri, prince de Galles, mourut à l'âge de 18 ans seulement ; ses funérailles constituèrent, en elles-mêmes, un spectacle culturel.
Van der Doort a décrit cette miniature, alors conservée dans la collection du frère cadet du prince (le futur Charles Iᵉʳ), comme “la plus grande peinture sur vélin jamais réalisée” représentant Henry, prince de Galles ; en effet, par le choix de ce format, Oliver relève le défi offert par les nouvelles possibilités qui s'ouvraient à la cour. Le prince porte une armure dorée (vers 1570) ornée de reliefs remarquables par leurs motifs d'inspiration classique. À droite, derrière le personnage, un rideau laisse entrevoir un campement militaire peuplé de soldats et doté d'une pièce d'artillerie. Ces figures arborent peut-être des costumes médiévaux, voire antiques, bien qu'un lien soit possible avec l'art plus récent de l'école de Fontainebleau. L'importance de cette miniature apparaît clairement lorsque l'on sait que le prince Henry participait lui-même à des tournois et à des masques (spectacles de cour). L'un de ces événements fut le tournoi Barriers (Barrière), conçu par Ben Jonson et mis en scène par Inigo Jones. Cette œuvre fut représentée le jour de la fête des Rois en 1610, dans la salle des banquets de Whitehall, et se déroulait à l'époque du roi Arthur. » (Commentaire Royal Collection)

 

Isaac Oliver. Anne de Danemark (1611-12)Isaac Oliver. Anne de Danemark (1611-12). Aquarelle sur vélin posé sur carte à jouer (as de trèfle), 53 × 42 mm, Royal Collection, Windsor. « Anne de Danemark (1574-1619) était réputée pour son goût des bijoux raffinés. Le S couronné épinglé sur sa collerette rigide fait probablement référence à sa mère, Sophie de Mecklembourg ; quant au bijou caractéristique en forme de C4 couronné qu'elle porte dans les cheveux, il lui fut offert par son frère, Christian IV, roi du Danemark, en 1611, ce qui permet d'établir la date la plus précoce possible pour la réalisation de cette miniature. Ces bijoux soulignent l'importance dynastique propre de la reine, indépendamment de son statut d'épouse du roi d'Angleterre. Isaac Oliver était au service d'Anne de Danemark en tant que peintre de miniatures officiel depuis 1605 ; ce portrait n'est que l'un des nombreux types de miniatures qu'il a réalisés à son effigie (voir aussi 420025).
La miniature présentée ici a été réencadrée, tout comme la quasi-totalité de la collection de miniatures de la Royal Collection, à l'initiative de la reine Victoria et du prince Albert dans les années 1850. À l'origine, toutefois, de telles miniatures étaient portées dans des médaillons ovales richement ornés de bijoux ou d'émaux, suspendus à des rubans autour du cou ou épinglés sur le vêtement, souvent près du cœur. On peut d'ailleurs apercevoir un tel “médaillon-portrait” sur la miniature elle-même : il est suspendu par un ruban rose au niveau de la poitrine d'Anne de Danemark, en bas à droite. » (Commentaire Royal Collection)

 

Isaac Oliver. Lucy Harington, comtesse de Bedford (1600-10)Isaac Oliver. Lucy Harington, comtesse de Bedford (1600-10). Gouache et aquarelle sur carton, diamètre 127 mm, The Fitzwilliam Museum, Cambridge. Voir ci-après les commentaires de deux autres portraits de la comtesse de Bedford.

 

Isaac Oliver. Portrait de Lucy Russell, comtesse de Bedford, née Harrington (1612)Isaac Oliver. Portrait de Lucy Russell, comtesse de Bedford, née Harrington (1612). Aquarelle sur vélin rehaussée d’or et d’argent dans son étui d’origine en ivoire teinté, 53 × 42 mm sans le cadre, The Cleveland Museum of Art. « Bien que l'identité de cette dame soit incertaine, il devait s'agir d'une femme fortunée, à en juger par ses bijoux massifs et ouvragés – collier, chaîne, boucles d'oreilles, robe ornée de pierreries et une sorte d'aigrette dans la chevelure. À une époque où le vêtement était considéré comme un indicateur fiable du rang social, il était jugé essentiel d'afficher sa richesse, surtout lorsqu'on se faisait immortaliser en portrait. Oliver a peint les boucles d'oreilles en perles en employant la technique de rendu des bijoux chère à Nicholas Hilliard, qui consistait à déposer une goutte en relief de peinture à la céruse (blanc de plomb), ombrée sur un côté. Ce motif était ensuite surmonté d'une touche arrondie d'argent véritable, brunie à l'aide – pour reprendre les mots de Hilliard – “d’une jolie petite dent de furet, d'hermine ou de quelque autre petit animal sauvage”. Cette technique conférait à l'argent un éclat étincelant, tandis que de l'or véritable servait à peindre la monture de la perle. L'argent s'oxydant avec le temps, les boucles d'oreilles en perles apparaissent aujourd'hui noires. » (Commentaire The Cleveland Museum of Art)
Lucy Russell, comtesse de Bedford (1581-1627), née Harington, fut une importante mécène des arts et de la littérature à l’époque élisabéthaine (règne d’Elisabeth Ière) et jacobéenne (règne de Jacques Ier), à la fin du 16e siècle et au début du 17e. Elle était aussi une femme de lettres et une poétesse.

 

Isaac Oliver. Lucy Harington, comtesse de Bedford (v. 1612-16)Isaac Oliver. Lucy Harington, comtesse de Bedford (v. 1612-16). Aquarelle sur vélin, 51 × 44 mm, Royal Collection, Windsor. « Lucy Harington, fille de John, Lord Harington d'Exton, épousa en 1594 Edward Russell, troisième comte de Bedford. Dame d'honneur d'Anne de Danemark, elle fut une mécène pour les artistes et les écrivains ainsi qu'une figure centrale de la vie culturelle à la cour jacobéenne. Isaac Oliver, dont la carrière de miniaturiste était alors en plein essor sous le patronage d'Anne de Danemark et d'Henry, prince de Galles, s'imposait naturellement pour peindre une personnalité aussi marquante dans ce format ; plusieurs versions de cette miniature sont d'ailleurs répertoriées (Cleveland Museum of Art ; Christie's, Londres, 15 octobre 1996, lot 3 ; Castle Howard, Yorkshire). Une grande miniature circulaire représentant le même modèle, réalisée par Isaac Oliver (Fitzwilliam Museum, Cambridge), compte parmi les œuvres les plus ambitieuses et les plus réussies de sa carrière. Dans la miniature du Fitzwilliam, la comtesse est représentée à une date légèrement antérieure (vers 1605), vêtue d'une robe richement brodée, coiffée de boucles serrées et portant une coiffe à armature ; dans la miniature plus tardive conservée dans la Royal Collection, elle apparaît telle une Titania (*), sa chevelure abondante retombant librement sur ses épaules, encadrée par un voile de gaze transparente. La couronne qu'elle porte pourrait être une couronne de comtesse ou bien un élément d'un costume fantaisiste, peut-être destiné à un masque de cour. » (Commentaire Royal Collection)
(*) Titania est le nom donné par William Shakespeare à la reine des fées des contes populaires anglais.

 

Isaac Oliver. Portrait miniature de Richard Sackville, 3e comte de Dorset (1615)Isaac Oliver. Portrait miniature de Richard Sackville, 3e comte de Dorset (1615). Aquarelle sur vélin contrecollé sur carton, 345 × 245 mm, Victoria and Albert Museum, Londres.
« Type d'objet
Le terme miniature désigne une technique d'aquarelle plutôt que la taille de l'œuvre. Ainsi, bien que ce tableau puisse paraître imposant, il s'agit d'une miniature car il est peint à l'aquarelle sur vélin (une peau animale très fine). Ces miniatures de grand format sont aujourd'hui appelées miniatures de cabinet. Ce terme récent fait référence aux miniatures conservées dans un placard ou dans une pièce où étaient accrochées d'autres petites peintures ; ces deux types d'espaces étaient alors désignés sous le nom de cabinets.
Personnages
Richard Sackville (1590-1624) devint le 3e comte de Dorset en 1609. Il épousa Anne Clifford, fille de George Clifford, 3e comte de Cumberland. Le journal intime de cette dernière relate les nombreuses extravagances qui conduisirent à l'hypothèque de sa demeure, Knole, dans le Kent. Sackville était une figure marquante des joutes équestres (où un cavalier armé d'une lance chargeait une cible ou un adversaire). Son intérêt pour ces divertissements chevaleresques se reflète dans les pièces d'armure disposées sur la table et au sol.
Matériaux et réalisation
Il s'agit de l'une des plus grandes et des plus importantes miniatures d'Isaac Oliver. Pour Dorset, aucune dépense n'était trop élevée. L'artiste a ici utilisé les trois principaux pigments bleus : le précieux outremer (lapis-lazuli) pour la culotte parsemée de lunes et de soleils ; le cendre bleu (azurite) pour le rideau latéral, le lambrequin et les bas ; et le smalt (pigment à base de verre coloré au cobalt) pour le rideau grisâtre situé derrière le modèle. » (Commentaire Victoria and Albert Museum)

 

Isaac Oliver. Élisabeth, reine de Bohême (après 1596)Isaac Oliver. Élisabeth, reine de Bohême (après 1596). Gouache sur parchemin monté sur carton, 57 × 48 mm, Yale Center for British Art, New Haven, États-Unis. Elisabeth Stuart (1596-1662) était la fille de Jacques VI d'Écosse (1566-1625) et d'Anne du Danemark. Jacques VI devint le roi d’Angleterre Jacques 1er en 1603, succédant à Elisabeth Ire. Elisabeth Stuart se maria en 1613, à l’âge de 16 ans, avec l'électeur palatin Frédéric V et devint reine de Bohême. La Bohême, auparavant un petit royaume, est actuellement une région de la Tchéquie.

 

Isaac Oliver. Ludovic Stuart (1580-1617)Isaac Oliver. Ludovic Stuart (1580-1617). Aquarelle sur vélin, 50 × 40 mm, Rijksmuseum, Amsterdam. « Portrait de Ludovic Stuart (1574-1623/1624), premier duc de Richmond et deuxième duc de Lennox, ou de Thomas Howard (1561-1628), comte de Suffolk. Buste tourné vers la gauche. » (Commentaire Rijksmuseum)

 

Allégories miniatures

 

Isaac Oliver. Une fête en plein air. Allégorie de l'amour conjugal (1590-95)Isaac Oliver. Une fête en plein air. Allégorie de l'amour conjugal (1590-95). Aquarelle et gouache sur parchemin, marouflée sur carton, 174 × 113 mm, Statens Museum for Kunst, Copenhague. « Cette miniature représente une scène foisonnante de détails où hommes et femmes se sont réunis pour une fête en plein air placée sous le signe de l'amour. Oliver, figure marquante de la cour d'Angleterre à la fin du XVIe siècle, comptait parmi les plus grands peintres de miniatures de son époque.
La miniature d'Oliver déploie une scène riche en détails. Dans un paysage agrémenté d'arbres et de falaises en arrière-plan, des groupes d'hommes et de femmes sont rassemblés pour une fête en plein air. Une femme au luth et un homme à la flûte assurent l'accompagnement musical, tandis qu'au loin, certains chassent le sanglier et d'autres animaux sauvages. Au premier plan, deux groupes incarnent des opposés absolus. À droite, hommes et femmes arborent des costumes colorés brodés de fils d'or ; les femmes ont la poitrine dénudée. À gauche, les femmes sont vêtues sobrement de noir. Entre ces deux groupes, un couple s'enlace avec passion à même le sol.
La juxtaposition de ces deux groupes de personnages, clairement distincts, souligne la portée allégorique et morale de la scène : il s'agit d'une mise en garde opposant l'amour conjugal chrétien à l'amour charnel, alors perçu comme une source de corruption et une faute. La jeunesse, la richesse et la beauté sont aussi éphémères que les douces mélodies des instruments ; au loin, sur la gauche, une potence nous rappelle l'inéluctabilité de la mort et la nécessité de choisir une voie vertueuse et droite dans l'existence. » (Commentaire Google Arts & Culture)

 

Isaac Oliver. Charité (v. 1597-1617)Isaac Oliver. Charité (v. 1597-1617). Encre, aquarelle et gouache sur papier, 114 × 81 mm, Tate Britain, Londres. Dans la théologie chrétienne, la charité est, avec la foi et l’espérance, l’une des trois vertus théologales c’est-à-dire visant à faire le bien.  Elle est représentée en peinture aux 16e et 17e siècle de façon allégorique par une femme entourée d’enfants. « Cette iconographie a connu un apogée au cours du XVIe siècle en Italie, et s’est propagée en France par le truchement de l’école de Fontainebleau. » (musée du Louvre).

 

Autres thèmes

 

Isaac Oliver. Jeune homme assis sous un arbre (v.1590-95)Isaac Oliver. Jeune homme assis sous un arbre (v.1590-95). Aquarelle sur vélin contrecollé sur carton, 124 × 89 mm, Royal Collection, Windsor. « Considéré comme l'une des plus belles miniatures de l'œuvre d'Oliver et l'une des images les plus célèbres de l'art britannique, le Portrait d'un jeune homme montre l'artiste s'appropriant le format en pied, inauguré par Hilliard dans les années 1580. L'agrandissement du format et la représentation du personnage en pied ont élargi les possibilités de la miniature, permettant d'inclure un arrière-plan détaillé et d'introduire une dimension narrative. Oliver a toujours fait preuve d'une grande habileté pour intégrer le personnage dans son décor ; à cet égard, cette miniature peut être comparée à celle de Hilliard intitulée Jeune homme parmi les roses (vers 1587, Londres, Victoria and Albert Museum). Si ces deux miniatures ont donné lieu à diverses interprétations, l'identité du modèle est, dans les deux cas, restée incertaine. L'hypothèse avancée au XVIIIe siècle par Horace Walpole, selon laquelle le jeune homme serait Sir Philip Sidney (1554-1586) – soldat, homme d'État et poète – représenté à Wilton House (Wiltshire) alors qu'il composait son poème Arcadia, ne peut être retenue.
On sait désormais que l'arrière-plan s'inspire d'une gravure tirée du recueil de modèles architecturaux Artis Perspectivae... multigenis Fontibus Liber Primus de Hans Vredeman de Vries (1568). Oliver a enrichi la dimension narrative de l'œuvre en y ajoutant deux personnages se promenant dans le jardin. Bien que le recueil de Vredeman de Vries ne fût peut-être pas largement connu des artistes britanniques de la fin du XVIe siècle, un exemplaire aurait appartenu à Marcus Gheeraedts l'Ancien, dont Oliver épousa la fille, Sara, en 1602.
Au-delà de l'identification du modèle et du décor, le Portrait d'un jeune homme a également été étudié sous l'angle de la “mélancolie élisabéthaine”, telle que décrite par Robert Burton dans L'Anatomie de la mélancolie (1621). État d'esprit associé à la création mais pouvant basculer vers la tristesse (ou, pour employer un terme actuel, la dépression) et le désir d'isolement, la mélancolie touchait particulièrement l'aristocratie. Toutefois, hormis l'expression lointaine et mélancolique ainsi que le gant abandonné, d'autres attributs de la mélancolie – comme le désordre vestimentaire ou la chevelure ébouriffée – sont absents de l'œuvre ; le Portrait d'un jeune homme conserve donc, pour l'heure, tout son mystère. » (Commentaire Royal Collection)

 

Isaac Oliver. Jésus-Christ (v. 1610)Isaac Oliver. Jésus-Christ (v. 1610). Aquarelle sur vélin contrecollé sur carton, 53 × 43 mm, Victoria and Albert Museum, Londres. « Cette miniature ne ressemble en rien aux autres œuvres connues d'Isaac Oliver. L'image est entièrement construite par le jeu de l'ombre et de la lumière et travaillée au pointillé – à l'aide de minuscules touches de peinture – sans les contours nets qui constituaient l'idéal de Nicholas Hilliard et des autres premiers miniaturistes. Oliver cherche ici à reproduire les effets de la peinture baroque italienne, empreinte d'une religiosité vaporeuse. Cette miniature a appartenu à la collection du célèbre collectionneur du XVIIIe siècle, le Dr Richard Mead ; elle était alors particulièrement admirée pour l'effet de flou artistique conféré par son extraordinaire technique de pointillé, rappelant l'œuvre de l'artiste italien Le Corrège (1489-1534). Toutefois, à l'époque de sa création, les mécènes anglais s'intéressaient peu à autre chose qu'au portrait, et l'on ne peut que supposer à qui une telle œuvre était destinée. » (Commentaire Victoria and Albert Museum)

 

Dessins

 

Isaac Oliver. Étude de 4 têtes (v. 1610)Isaac Oliver. Étude de 4 têtes (v. 1610). Plume et encre (noire et rouge) avec lavis gris pâle sur papier, 65 × 67 mm, Victoria and Albert Museum, Londres. « Bien qu'il soit surtout connu comme miniaturiste et élève de Nicholas Hilliard, Isaac Oliver fut également un dessinateur prolifique et sans doute le premier artiste en Angleterre à faire du dessin une forme d'art à part entière ; il réalisa de nombreux dessins autonomes très aboutis, employant une grande variété de techniques telles que la plume et l'encre, la pierre noire ou la sanguine, le lavis, la gouache et les papiers colorés. Plus important encore, Oliver introduisit en Angleterre une conception nouvelle : celle du dessin comme activité dynamique et spontanée, idéale pour noter rapidement des impressions visuelles, plutôt que comme un simple outil – tel que l'utilisait son maître Hilliard – limité à l'ébauche des contours fondamentaux d'une composition. Toutefois, si ses dessins pleins de vivacité semblent avoir été réalisés directement d'après nature, ils s'inspirent pour la plupart de sources visuelles préexistantes. » (Commentaire Victoria and Albert Museum)

 

Isaac Oliver. Étude de la tête d’un homme âgé (v. 1610)Isaac Oliver. Étude de la tête d’un homme âgé (v. 1610). Plume et encre brune sur papier, 91 × 78 mm, Victoria and Albert Museum, Londres. « Ce dessin en particulier semble fondé sur des études de têtes de Léonard de Vinci, bien que cette influence soit probablement indirecte et transmise par l'intermédiaire de graveurs de l'époque. »

 

Attribution incertaine

 

Isaac Oliver. Elisabeth I Rainbow Portrait (1600-02)Isaac Oliver. Elisabeth I Rainbow Portrait (1600-02)
Huile sur toile, 127 × 99 cm, Hatfield House, Herfordshire.

 

Isaac Oliver. Elisabeth I Rainbow Portrait avec cadre à Hatfield House (1600-02)Isaac Oliver. Elisabeth I Rainbow Portrait avec cadre à Hatfield House (1600-02)
 

Ce portrait, dit Portrait arc-en-ciel, a été attribué à Marcus Gheeraerts le Jeune (1562-1636), peintre flamand travaillant à la cour des Tudor, puis à Isaac Oliver, avec d’importantes incertitudes. Elisabeth tient dans sa main un arc-en-ciel, symbole de paix. Au-dessus figure l’inscription “Non sine sole iris”, (Pas d’arc-en-ciel sans soleil), indiquant la nécessité d’un monarque pour assurer la prospérité.
« La robe de la reine est brodée de fleurs des champs et parsemée de perles, symbole de la Vierge Marie. La doublure orange de sa cape est ornée de nombreux yeux et oreilles brodés, rappelant que la reine veille constamment aux intérêts de son peuple. Le bras gauche d'Élisabeth porte un serpent – symbole traditionnel de la sagesse – qui tient dans sa gueule un pendentif en rubis en forme de cœur. » (Commentaire worldhistory.org)

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Isaac Oliver
 

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