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Eglise Sant'Andrea de Cercina, Saint Jérôme (v. 1471). Le jeune Ghirlandaio, peu connu à l'époque, est choisi pour la réalisation de fresques dans l'église Sant'Andrea de la petite bourgade de Cercina, proche de Florence. Ces fresques doivent décorer les murs semi-circulaires d'une petite abside. Le peintre utilise magistralement la circularité en représentant trois saints (Jérôme, Barbe, Antoine) séparés par des pilastres à chapiteaux corinthiens en trompe-l'œil. Jérôme de Stridon (vers 347-420), dit Saint Jérôme par l'Église catholique, est un moine, traducteur de la Bible, fondateur de l'Ordre Hiéronymite, docteur de l'Église et l'un des quatre pères de l'Église latine. Il est ici représenté en pénitent tenant dans sa main droite une pierre avec laquelle il se frappe la poitrine.
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Scènes de la vie de sainte Fina, Collégiale Santa Maria Assunta, San Gimignano.
Les deux fresques de Scènes de la vie de sainte Fina dans la Collégiale Santa Maria Assunta de San Gimignano, un peu au sud de Florence, montrent l'intérêt qu'accordait Ghirlandaio à la perspective initiée par Masaccio. Fina de San Gimignano (1238-1253) est une mystique italienne. Atteinte d'une maladie, elle passa sa vie sur une planche en priant Dieu. Elle est considérée comme une sainte par l'église catholique et très vénérée dans sa commune de San Gimignano, proche de Florence.

L'annonce de la mort de sainte Fina (1473-75). « Fina, fille pieuse de parents pauvres, mourut le jour de la fête de saint Grégoire en 1253, après une longue et douloureuse maladie. Elle n'avait que quinze ans. Selon la légende, après la mort de sa mère, Fina mena une vie ascétique, si rigoureuse qu'elle finit par être à peine capable de bouger. Vermine et rats rongeaient son corps jusqu'à ce que la mort la libère enfin de ses souffrances. Le pape Grégoire le Grand, en grande tenue, apparut, flottant dans une gloire d'anges aux ailes rouges, pour bénir la jeune femme et annoncer sa mort imminente. À l'instant même où elle rendit l'âme, des fleurs blanches et délicieusement parfumées éclosirent de son lit de douleur. Les témoins de ce miracle sont sa vieille nourrice et une autre femme, peut-être une voisine bienveillante.
La voisine salue le grand Docteur de l'Église avec hésitation, dans un geste de crainte contenue. Derrière elle, une rangée d'objets est disposée sur un banc. Parmi eux, appuyé contre le mur du fond de la pièce cubique, se trouve une coupe en or, un objet qui semble incongru dans ce décor austère. Il en va de même des pilastres de part et d'autre, dont les chapiteaux dorés soutiennent l'imposante architrave. Cette architecture vise davantage à créer un cadre somptueux pour le tableau qu'à refléter le lieu où se déroulent les événements. » (Commentaire Web Gallery of Art)

Les funérailles de sainte Fina (1473-75). « Pour ses obsèques, en contraste saisissant, la belle sainte ne repose pas sur son lit de bois, mais sur un riche drap et un oreiller, devant l'autel. Les fleurs fraîches se sont muées en brocart d'or qui scintille sur le tissu noir et turquoise foncé. Suivons l'inscription sur sa tombe et cherchons les miracles représentés sur les murs. La vieille nourrice, ayant si longtemps soutenu la tête de Fina, s'est retrouvée paralysée des bras. À présent, agenouillée derrière le catafalque au centre de la scène, elle est guérie par le contact des mains de sainte Fina. Une autre guérison a lieu aux pieds de la défunte. Un jeune garçon aveugle recouvre la vue en touchant les pieds de la sainte avec ses yeux. Un troisième miracle se produit à l'arrière-plan, à gauche, où un ange apparaît pour sonner le glas.
Les pilastres peints qui encadraient la zone picturale des premières œuvres de Ghirlandaio sont désormais intégrés à l'arrière-plan du tableau, comme éléments d'une architecture sacrée monumentale. En arrière-plan se trouve une abside, qui s'harmonise avec le tympan du mur de la chapelle et qui guide le regard vers le centre de la scène. Le point de fuite de cette composition est la croix d'autel, flanquée de deux cierges. Ghirlandaio aurait puisé son inspiration pour cette architecture, qui utilise avec habileté le marbre polychrome, dans les tombeaux monumentaux de son époque, tels que l'œuvre de Bernardo Rossellino dans l'église Santa Croce de Florence. L'inspiration immédiate de cette composition fut cependant la fresque de Fra Filippo Lippi dans le chœur de la cathédrale de Prato, les Obsèques de saint Étienne. Ghirlandaio créera plus tard une autre variation de cette composition dans une fresque pour la chapelle Sassetti à Florence. » (Commentaire Web Gallery of Art)
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La Cène (1480). Fresque, 440 × 880 cm, église Ognissanti, Florence. La Cène est le nom donné par les chrétiens au dernier repas pris par Jésus-Christ avec les douze apôtres, la veille de sa crucifixion. Il s'agit ici d'une fresque peinte dans le réfectoire du couvent Ognissanti à Florence. L'effet de perspective est accentué par l'ouverture de la double voûte sur un jardin avec arbres fruitiers. Les dimensions de l'œuvre sont impressionnantes. Andrea del Castagno avait réalisé une fresque sur le même thème avec, également et symboliquement, Juda Iscariote seul face au Christ. Entre 1494 et 1498, Léonard de Vinci reprendra le sujet en lui donnant plus d'animation.
« Les lunettes offrent au peintre averti une occasion particulière de s'exprimer : une vue d'arbres dans un jardin toscan, au-delà du mur ; des arbres fruitiers, des cyprès et un palmier isolé qui détonne quelque peu dans le paysage. À droite, un paon se perche sur un rebord de fenêtre, tandis que d'autres oiseaux volent dans l'air cristallin. La table est recouverte d'une nappe blanche brodée de bleu. Assiettes, carafes, verres, salières et couteaux sont soigneusement disposés devant chaque convive, de même que le pain et les cerises. » (Commentaire Web Gallery of Art)
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Saint Jérôme dans son étude (1480). Fresque, 184 × 119 cm, église Ognissanti, Florence. Cette fresque a été commandée par la famille Vespucci pour l'église Ognissanti de Florence. Jérôme de Stridon (vers 347-420), dit Saint Jérôme par l'Église catholique, est un moine, traducteur de la Bible, fondateur de l'Ordre Hiéronymite, docteur de l'Église et l'un des quatre pères de l'Église latine. Il est ici représenté dans son cabinet de travail, une petite cellule, avec un réalisme et un luxe de détail qui traduit l'influence de la peinture flamande sur Ghirlandaio.
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L'appel des premiers apôtres (1481). Fresque, 349 × 570 cm, chapelle Sixtine, Rome. Cette fresque de la chapelle Sixtine fait partie d'un vaste ensemble auquel ont collaboré plusieurs peintres dont Le Pérugin et Botticelli. Ghirlandaio était chargé du thème consacré à l'appel de saint Pierre et de saint André. Les deux apôtres, agenouillés au premier plan, répondent à l'appel du Christ qui les bénit. le Christ apparaît encore deux autres fois, sur la berge, à l'arrière-plan. Selon la Bible, il appelle les deux apôtres, qui sont des pêcheurs, en leur disant : « Suivez-moi, et je ferai de vous des pêcheurs d'hommes. ». Le groupe situé à droite est constitué de portraits de personnages appartenant à de grandes familles florentines. Ce chef-d'œuvre qui allie narration, émotion (visages du Christ et de Pierre et André), réalité contemporaine (portraits) et paysage grandiose dans un ensemble chromatique exceptionnel, est unique dans l'œuvre de Ghirlandaio.
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L'annonciation (1482). Fresque, cloître de la Collégiale de San Gimignano. Cette fresque rappelle par le style les Scènes de la vie de sainte Fina (1473-75). L'archange Gabriel annonce à la Vierge Marie la naissance prochaine du Christ (maternité divine de la Vierge selon le dogme chrétien).
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Portrait de Giovanna Tornabuoni (1486). Tempera sur bois, 76 × 50 cm, musée Thyssen-Bornemisza, Madrid. Giovanna Tornabuoni (1468-1488) est une Albizzi, puissante et ancienne famille florentine. Elle épouse en 1486 Lorenzo Tornabuoni, neveu de Laurent de Médicis. Elle meurt prématurément lors de la mise au monde du second enfant du couple. Ce portrait de profil, courant à l'époque, très idéalisé, a probablement été réalisé à partir d'une médaille ou d'un masque mortuaire. Le contraste avec le réalisme très flamand du Vieil homme et son petit-fils (1490) montre l'éclectisme de Ghirlandaio et l'étendue de ses capacités.
« Ce superbe panneau est un bel exemple de portrait florentin du XVe siècle. Les artistes de l'époque suivaient les préceptes classiques : les proportions du corps étaient idéalisées tandis que les visages, dépourvus d'expression, devaient exprimer le caractère. Dans ce portrait en buste, le modèle apparaît de profil, les bras pliés et les mains jointes. À l'arrière-plan, un ensemble d'objets personnels figure dans un cadre architectural sobre. Le cartellino de droite porte une partie d'une épigramme de Martial et la date de sa mort en chiffres romains. Le modèle a été identifié comme étant Giovanna Tornabuoni grâce à un médaillon de Niccolò Fiorentino qui la représente et porte son nom. Elle est également représentée en pied dans la fresque de la Visitation peinte par Ghirlandaio pour la chapelle Tornabuoni de l'église Santa Maria Novella (Florence). » (Commentaire musée Thyssen-Bornemisza)
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L'adoration des mages (1488). Tempera sur bois de 285 × 240 cm, Spedale degli Innocenti, Florence. Cette composition complexe comporte un très grand nombre de personnages rassemblés autour d'une structure architecturale à travers laquelle apparaît un paysage d'arrière-plan. Cet artifice de composition met remarquablement en relief le paysage et donne une singulière profondeur à l'ensemble. La dominante rouge des personnages contraste avec le brun et le vert du cadre architectural et paysager. Le thème est récurrent dans la peinture de l'époque. Selon le récit biblique, trois mages auraient suivi une étoile vers le lieu de naissance de Jésus-Christ. Arrivés près de Jésus, ils lui offrent l'or, l'encens et la myrrhe. Au premier plan de gauche à droite, agenouillés, saint Jean-Baptiste puis les trois mages.
L'adoration des mages, détail 1 (1488). Le peintre s'est représenté ici (troisième à partir de la gauche) regardant fixement l'observateur du tableau.
L'adoration des mages, détail 2 (1488). L'arrière-plan est un paysage imaginaire inspiré du 15e siècle. Il n'a rien de commun avec ce que pouvait être le paysage et l'architecture en Judée à la naissance du Christ.
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Fresques de la chapelle Tornabuoni (1485-90), abside de la basilique Santa Maria Novella, Florence.
Chapelle Tornabuoni (1485-90). Il s'agit de la chapelle centrale de l'abside de la basilique Santa Maria Novella à Florence. Ghirlandaio y a peint de vastes fresques sur les murs et la voûte, représentant des épisodes de la vie de la Vierge et de saints. A gauche, vie de la Vierge. Au fond, vies de Dominique, Pierre et Jean. A droite, vie de Jean-Baptiste. Sur la voûte, les quatre évangélistes.

Chapelle Tornabuoni. La naissance de la Vierge (1485-90). Fresque, largeur 450 cm, basilique Santa Maria Novella, Florence. Nous retrouvons le style de Ghirlandaio, tel qu'il s'était exprimé en 1473-75 dans les Scènes de la vie de sainte Fina. La composition est ici plus complexe et l'espace architectural permet de jouer à merveille avec la perspective, grande préoccupation du peintre. La lumière s'introduit dans la scène par une fenêtre à gauche, mais les personnages au premier plan semblent malgré tout éclairés de face. La naissance de la Vierge est un thème prétexte. L'architecture, les vêtements et les personnages sont contemporains. La fille du donateur, Ludovica Tornabuoni (debout au centre), vient rendre visite avec quatre personnes de sa suite.

Chapelle Tornabuoni. Présentation de la Vierge au temple (1485-90). Nous sommes encore dans un décor florentin de l'époque. La Vierge monte les marches, un livre à la main. Un prêtre l'accueille en haut de l'escalier. En bas, ses parents, Joachim et Anne (avec une auréole).
Chapelle Tornabuoni. La naissance de saint Jean-Baptiste (1485-90). Jean le Baptiste ou Saint Jean-Baptiste est le prophète qui, selon la tradition chrétienne, aurait annoncé la naissance du Christ. Selon le récit biblique, sa mère est Elisabeth, cousine de la Vierge, et son père Zacharie. Elisabeth est assise sur le lit dans une pose pleine de dignité mais manquant totalement de naturel. En contrebas du lit, une nourrice allaite Jean-Baptiste. La convention artistique reste toujours la même : la scène se déroule dans un décor florentin du 15e siècle avec les usages de l'aristocratie de l'époque (nourrice allaitant).
ChapelleTornabuoni. Portrait du donateur (1485-90). Le donateur des fresques est Giovanni Tornabuoni, un riche marchand et banquier florentin, parent des Médicis et ayant dirigé la banque de la famille à Rome. Son fils Lorenzo épouse en 1486 Giovanna degli Albizzi, dont Ghirlandaio a fait un portrait.
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Francesco Sassetti et son fils Teodoro II (v. 1490). Tempera sur bois, 76 × 53 cm, Metropolitan Museum of Art, New York. « Ce portrait dynastique représente le banquier florentin Francesco Sassetti et son jeune fils Teodoro, né en 1479. Teodoro fut prénommé ainsi en hommage à son frère aîné, décédé la même année. La pose du garçon reflète la préférence pour la représentation de profil des femmes et des enfants , afin d'accentuer leur sainteté et leur pureté, tandis que le regard frontal et contemplatif de son père souligne la sagesse (et les soucis) de l'âge. Sassetti gérait les banques des Médicis à Avignon, Genève et Lyon, et fut conseiller de Pierre de Médicis et de Laurent le Magnifique. À l'arrière-plan, on aperçoit un oratoire construit par Sassetti à Genève. » (Commentaire MET)
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Le vieil homme et son petit-fils (1490). Tempera sur bois, 62 × 46 cm, Musée du Louvre, Paris. Le visage du vieil homme est traité avec un réalisme minutieux inspiré de la peinture flamande. Son nez est atteint par la rhinophyma, une aggravation de l'acné rosacée provoquant une déformation du nez.
Le contraste avec l'idéalisation du visage de l'enfant est saisissant. La fenêtre permet d'éclairer la scène. Les flamands utilisaient volontiers cet artifice de composition et Filippo Lippi l'avait adopté un demi-siècle plus tôt. Ce portrait est riche de signification (tendresse réciproque, questionnement de l'enfant, tristesse du vieillard). D'une manière très générale, il s'agit d'une allégorie opposant et liant la vieillesse et la jeunesse : celui qui va mourir regarde avec tendresse le commencement de la vie.
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La Nativité (1492). Tempera sur bois, 85 × 63 cm, Fitzwilliam Museum, Cambridge. Thème récurrent de la naissance de Jésus-Christ. Marie (mère), Joseph (époux de Marie) et quelques personnages saints ainsi que des anges sont en général représentés. Mais Ghirlandaio a cherché à épurer. Le charme de ce tableau, l'un des derniers du peintre, est dans la simplicité : seuls l'enfant et ses parents sont présents avec l'âne et le bœuf. Les couleurs, les jeux d'ombre de lumière sur les personnages sont remarquables. Le paysage en arrière-plan est destiné à donner de la profondeur à la scène.
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