Genèse de la décadence : quatre images du déclin de l'occident

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Sommaire

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Introduction

1. L’image socio-économique du déclin

2. L’image financière et budgétaire du déclin

3. L’image politico-éthique du déclin

4. L’image juridico-institutionnelle du déclin

5. Les déterminants politico-éthiques du déclin

Au-delà des civilisations : le beau récit de l’aventure humaine

 


 

Introduction de l’ouvrage

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Le déclin de l’occident est un thème très courant et abondamment traité aujourd’hui. Tout occidental perçoit intuitivement que la peur de l’avenir envahit notre société alors que la foi en l’avenir devient l’apanage de puissances émergentes. Le stigmate de la décadence est là : regarder vers les paradis perdus du passé et craindre les aventures de demain.

Le terme déclin peut être utilisé lorsqu’une société ou une civilisation voit son statut régresser par rapport à d’autres entités équivalentes. Il est donc relatif. De ce point de vue, on perçoit clairement un déclin du monde occidental face à l’émergence de nouvelles puissances économiques (Chine, Corée, Inde, Brésil par exemple) dont les performances sont attestées par des indicateurs quantitatifs objectifs (croissance du PIB, nombre de chercheurs, urbanisation, etc.). Ainsi la croissance du PIB chinois a été de plus de 9% par an de 1979 à 2004. En 2010, le taux de croissance a dépassé les 10%. Au Brésil, la croissance du PIB a été de 7,5% en 2010. Ces chiffres doivent être comparés avec ceux de l’Union européenne (croissance de 1,7% en 2010) ou des Etats-Unis (2,9% en 2010).

Nous assistons à un basculement du monde. Le dynamisme, la volonté d’innover, l’élan vers le futur sont beaucoup plus présents ailleurs qu’en occident. Le vaste mouvement de globalisation, qui trouve sa source profonde dans le premier langage universel qui soit apparu sur notre planète, celui des mathématiques et des sciences, s’accompagne donc d’un rééquilibrage au profit d’un certain nombre de pays émergents dont la liste n’est aujourd’hui que provisoire. Même si dans ce domaine, la prudence et les nuances s’imposent, on voit nettement apparaître une zone Asie-Pacifique (Chine, Corée, Inde) dont la maîtrise technologique croît rapidement, dont la croissance économique est très forte et dont la domination démographique est évidente.

Il n’y a aucune raison en effet pour que les scientifiques et les ingénieurs occidentaux soient éternellement meilleurs que leurs confrères chinois, indiens, latino-américains, africains. Il fallait bien qu’un jour d’autres civilisations s’approprient le langage de la science et de la technique pour le faire progresser, l’utiliser à leur profit, d’abord, mais à plus long terme bien sûr, au profit de l’humanité entière. Bref, la destruction créatrice schumpétérienne n’est pas un monopole occidental. L’émergence de puissances nouvelles s’accompagne d’un tropisme de décadence dans l’ensemble de l’occident : incertitudes sur l’avenir, questionnement existentiel, nostalgie et repli, le tout sur fond de difficultés socio-économiques croissantes et de démographie déclinante. Nos angoisses et nos divergences sur le nucléaire, les OGM, les ondes électromagnétiques, le réchauffement climatique sont celles des sociétés pusillanimes. Notre gestion financière publique, qui consiste à accumuler des dettes depuis des décennies à seule fin de tromper la population sur la réalité de la situation, est regardée de Chine avec distance et condescendance. D’autres s’occupent à conquérir le monde et à bâtir leur avenir quand nous discutons passionnément sur l’âge optimal de départ à la retraite : 60, 61 ou 62 ans ? Vaste problème, qui risque d’être résolu de façon brutale par la confrontation avec le réel si toutefois une crise économique et financière profonde apparaît.

Le déclin est systémique, il résulte d’interactions complexes entre de multiples facteurs. De façon très schématique on peut distinguer quatre types d’interactions ou images du déclin. L’image socio-économique concerne les interactions entre l’économique et le social : la perte de compétitivité de nos économies est génératrice de chômage, de précarité et d’exclusion. L’image budgétaire et financière concerne l’affaiblissement financier des Etats qui laissent leurs déficits publics s’amplifier et leur dette s’accumuler au-delà de toute raison. L’image politico-éthique a trait à la conquête du pouvoir qui se transforme en une lutte de clans rivaux faisant assaut de démagogie sur fond de scandales financiers ou d’affaires de mœurs. L’image juridico-institutionnelle concerne les structures administratives des Etats et l’élaboration du droit. On assiste à une complexification non maîtrisable des structures et à une inflation législative et règlementaire rendant les normes juridiques totalement opaques pour les non spécialistes.

L’approche qui a été choisie n’est donc pas celle qui est le plus souvent adoptée : une vaste fresque géopolitique et macro-économique mettant en évidence le recul occidental. Plus modestement, il s’agit de décrire sans complaisance les faiblesses internes de l’occident contemporain sans céder à l’optimisme de convenance qui est généralement de mise ; sans masquer non plus l’écrasante responsabilité et l’aveuglement des politiciens occidentaux.

Commentaires (10)

bruno COLIN
  • 1. bruno COLIN | 01/05/2012

Bravo, Monsieur, pour votre analyse, originale dans sa structure certes, même si elle est assez convenue dans le fond. Mais au fait : après avoir décortiqué et condamné, qu'avez-vous à proposer comme solutions ?
Avec mes salutations distinguées.
Bruno COLIN

rivagedeboheme
  • 2. rivagedeboheme (site web) | 02/05/2012

Merci pour votre commentaire. Je constate des dérives dont certaines étaient évitables. Est-ce que je condamne ? Sans doute un peu si vous le ressentez ainsi… Pour ce qui est des solutions, personne ne les connaît, sinon il n’y aurait pas de « déclin ». Il s’agit d’une transition historique entre l’Etat-nation et un mode globalisé, entre la domination occidentale et une probable uniformisation des niveaux de développement, et même entre l’homme du néolithique et un homme nouveau qui maîtrise son propre génome et les composants de la matière. Emportés par l’histoire, il nous faut beaucoup de pragmatisme et aussi peu que possible d’idéologie ou d’a priori religieux. Voilà l’objet d’un nouveau livre en cours de rédaction sur notre destin historique à long terme.

Tina Malet

Oui, nous sommes "emportés par l'histoire" et ne tirons aucune leçon du passé. Comment est-ce possible ? Autant l'homme pris à titre individuel peut se montrer "sage" au fil d'expériences parfois douloureuses, autant l'humanité dans son ensemble n'évolue guère. Nous sommes devenus certes des "homo technicus". Mais la technique n'est qu'un moyen et non une fin. Aurais-je un a-priori de spiritualité ? Mais pourquoi serai-ce un a-priori ?

rivagedeboheme
  • 4. rivagedeboheme (site web) | 19/09/2012

Je ne suis pas sûr de pouvoir me positionner clairement dans le vieux débat philosophique matérialisme-spiritualisme. A vrai dire, je pense (mais c’est une hypothèse) qu’il perd peu à peu de son intérêt. Collectivement, c’est, de toute évidence, notre savoir qui détermine notre devenir. Mais l’homme a besoin de croire. Si un matérialiste croit à l’intelligence, au progrès de l’humanité, à la raison, etc., un spiritualiste croit à un dieu, à l’âme, à la transcendance, etc. Certains hommes brillamment intelligents et particulièrement habiles ont utilisé récemment des formules comme « je crois aux forces de l’esprit » (François Mitterrand), qui ont l’avantage d’être acceptables par tous. Moi aussi, athée ou agnostique (aucune importance), je crois aux forces de l’esprit.
Quant au progrès, c’est un vaste sujet. Je publie prochainement chez Edilivre un petit ouvrage intitulé « Le destin des hommes ». Il y est question justement du très long terme historique et de notre capacité croissante à agir sur notre environnement et sur notre propre réalité biologique (appeler cela progrès ou pas est une question philosophique). Notre intelligence collective (patrimoine cognitif accumulé) ne cesse de croître et elle appartient à la communauté humaine dans son ensemble, pas à un Etat ni à une religion, ni à une idéologie. Cette intelligence collective, construite au fil des millénaires, nous permet aujourd’hui de sortir de l’enfance de l’humanité, du néolithique. Voilà la cause de notre désarroi : une transition majeure et difficile. Je crois (spiritualité ?) que cette intelligence globale nous conduit à l’unification progressive de la communauté humaine et à la victoire de la raison sur les passions à l’échelle collective. Mais, ma chère Tina, ce ne sont là, finalement, que conjectures. Nous avons tous nos a priori.

Tina Malet

Nous pouvons aller plus loin qu'un constat de nos a-prioris et affirmer que le monde et la réalité ne sont que des représentations subjectives.

rivagedeboheme
  • 6. rivagedeboheme (site web) | 24/09/2012

Nous pouvons aller plus loin. Mais tout n'est-il donc que subjectivité ? Les mathématiques, par exemple, ne sont-elles pas pure objectivité ?

Tina Malet

Dans le système "humain", bien entendu. Mais quelle réalité les fourmis accordent-elles aux mathématiques ?
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Voici pour étayer la réflexion sur le réel, la quatrième de couverture de La réalité de la réalité - Confusion, désinformation, communication
( Paul Watzlawick, traduit de l'américain par Edgar Roskis.")

" De la réalité chacun se fait son idée. Dans les discours scientifique et politique, dans les conversations de tous les jours, nous renvoyons en dernière instance au référent suprême : le réel. Mais où est donc ce réel ? Et surtout, existe-t-il réellement ? De toutes les illusions, la plus périlleuse consiste à penser qu'il n'existe qu'une seule réalité. En fait, ce qui existe, ce sont différentes versions de la réalité, dont certaines peuvent être contradictoires, et qui sont toutes l'effet de la communication et non le reflet de vérités objectives et éternelles. Ce
qu'on appelle réalité n'est donc, selon Paul Watzlawick, que la résultante des compromis, détours, et aveuglements réciproques, à travers quoi passe l'information : la somme des confusions, désinformations et communications qui surgissent entre êtres parlants. L'auteur donne ici, de sa " Pragmatique de la communication ", un vaste éventail d'illustrations : situations tirées d'oeuvres littéraires, mots d'esprit, vie politique internationale, traductions, jeux, devinettes, enquête criminelle, psychologie des masses, psychothérapie, espionnage et contre-espionnage, communications avec les animaux, communication
(éventuelle, celle-ci) avec des extra-terrestres.

Claude Weinberger
  • 8. Claude Weinberger | 07/04/2013

Le problème avec cette analyse est qu'elle n'explique pas le pourquoi. C'est juste une constatation que tout le monde sait déjà.

rivagedeboheme
  • 9. rivagedeboheme (site web) | 08/04/2013

Il s'agit effectivement de décrire les principaux aspects du déclin (quatre images). Cependant, la partie consacrée aux déterminants politico-éthiques propose des éléments de causalité.

donas
  • 10. donas | 18/09/2016

je pense que le déclin ne ménagera aucuns pays certains dont nous peut-être avant les autres ( les pays émergeants ); c'est l'humanité entière qui est visée.

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