Jacques Henri Lartigue

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Portraits

 

Jacques Henri Lartigue jeune

Jacques Henri Lartigue jeune

 

 

Yousuf Karsh. Portrait de Jacques Henri Lartigue (1981)

Yousuf Karsh. Portrait de Jacques Henri Lartigue (1981)

 

Biographie

 

1894-1986

L’enfant et la découverte de la photographie (1894-1915)

Jacques Lartigue est né à Courbevoie dans une famille fortunée. Son père, Henri Lartigue, a exercé des fonctions dirigeantes dans plusieurs domaines : banque, compagnie de chemin de fer, presse. Il a épousé Marie Haguet qui donnera naissance à deux fils : Maurice, le 2 août 1890 et Jacques le 13 juin 1894. Le milieu familial est très réceptif aux innovations techniques. Le grand-père de Jacques Lartigue, Charles, avait inventé un système de chemin de fer sur monorail.

Henri Lartigue s’intéresse à la photographie et prête son appareil à son fils dès son plus jeune âge. C’est ainsi que Jacques prend ses premières photos en 1900, à l’âge de six ans. En 1902, son père lui offre son premier appareil. L’enfant développe lui-même les photos et les met en page dans un album. Ces débuts scelleront le destin de Jacques Lartigue : il ne cessera plus de photographier et deviendra l’un des plus grands photographes du 20e siècle.

 

Henri Lartigue. Maurice et Jacques Lartigue (1901)

Henri Lartigue. Maurice et Jacques Lartigue (1901)

 

 

Jacques Henri Lartigue. Sa cousine Bichonnade, rue Cortambert, Paris (1905)

Jacques Henri Lartigue. Sa cousine Bichonnade, rue Cortambert, Paris (1905)

 

Les membres de sa famille, les vacances, les voyages en automobile fournissent à Jacques Lartigue ses premiers sujets. Le sport automobile et l’aviation attirent également Jacques et son frère Maurice, surnommé Zissou. Son aîné emmène Jacques sur les terrains d’aviation où les premiers aéroplanes effectuent des essais. Il peut ainsi, dès 1907-1908, photographier les débuts de l’aviation.

 

Jacques Henri Lartigue. Décollage du ZYX 24, Rouzat (1910)

Jacques Henri Lartigue. Décollage du ZYX 24, Rouzat (1910)

 

A partir de 1911, le jeune homme commence à vendre ses photos à des journaux. Mais son père lui ayant offert une caméra cinématographique Pathé, il tourne également de petits films dans les milieux sportifs, qu’il vend aux Actualités.

Les images permettent de saisir la fugacité de l’instant, mais l’écriture autorise l’analyse des émotions. Aussi, Jacques Lartigue éprouve-t-il dès l’enfance le besoin de rédiger un journal. Il le poursuivra toute sa vie.

 

Jacques Henri Lartigue. Mary Lancret, Avenue des Acacias, Paris (juin 1912)

Jacques Henri Lartigue. Mary Lancret, Avenue des Acacias, Paris (juin 1912)

 

 

La vie mondaine et la peinture (1915-1932)

L’aspect artistique de la photographie n’était pas perçu au début du 20e siècle. La peinture au contraire était un art reconnu. Jacques Lartigue décide donc d’en faire son activité professionnelle. Dans la décennie 1910-1920, il commence à dessiner et à peindre et, en 1915, il fréquente l’Académie Julian, école privée de peinture et de sculpture.

En 1919, il épouse Madeleine Messager (1896-1988), fille du compositeur André Messager, surnommée Bibi. Il l’avait rencontrée à Annecy, en 1917 où les deux familles étaient en vacances. Leur premier enfant, Dany, naît en 1921, puis viendra Véronique en 1924, qui mourra en bas-âge.

 

Jacques Henri Lartigue. Bibi, jardin du château de Rouzat (1921)

Jacques Henri Lartigue. Bibi, jardin du château de Rouzat (1921)

 

Dans les années 1920, Jacques Lartigue expose ses tableaux à Paris et dans le sud de la France. Le couple Jacques-Bibi mène une vie mondaine, sort tous les soirs et fréquente les milieux artistiques. C’est ainsi que le cinéaste Abel Gance (1889-1981) propose à Jacques Lartigue de travailler avec lui. La comédienne et artiste lyrique Yvonne Printemps (1894-1977) et Sacha Guitry (1885-1957), son époux, sont parrain et marraine de leur fille Véronique.

 

Jacques Henri Lartigue. Yvonne Printemps (août 1924)

Jacques Henri Lartigue. Yvonne Printemps (août 1924)

 

 

Jacques Henri Lartigue. Bibi, hôtel Eden-Roc, Cap d'Antibes (1925)

Jacques Henri Lartigue. Bibi, hôtel Eden-Roc, Cap d'Antibes (1925)

 

 

La famille Lartigue le 25 décembre 1925 à Paris : « Zissou, Odette, Maman, Dani, Maman, Bibi et moi »

La famille Lartigue le 25 décembre 1925 à Paris : « Zissou, Odette, Maman, Dani, Maman, Bibi et moi »

 

 

Jacques Henri Lartigue. Denise Grey et Bibi à bord du Dahu II, au large de Royan (juillet 1926)

Jacques Henri Lartigue. Denise Grey et Bibi à bord du Dahu II, au large de Royan (juillet 1926)

 

 

Jacques-Henri Lartigue. Marie-Rose, Bibi, Dany, Simone à la Plage d’Hendaye (août 1927)

Jacques-Henri Lartigue. Marie-Rose, Bibi, Dany, Simone à la Plage d’Hendaye (août 1927)

 

 

Jacques-Henri-Lartigue. Bibi, Mamie, Jean le chauffeur (1927)Jacques-Henri-Lartigue. Bibi, Mamie, Jean le chauffeur (1927)

 

En 1930, Jacques Lartigue rencontre Renée Perle (1904-1977), mannequin d’origine roumaine, dont il tombe sous le charme. Elle devient pendant deux ans sa compagne et son modèle. Madeleine Messager et Jacques Lartigue divorcent en 1931.

 

 

Jacques Henri Lartigue. Portrait de Renée Perle (1931)Jacques Henri Lartigue. Portrait de Renée Perle (1931)

 

 

Jacques Henri Lartigue. Portrait de Renée Perle (1931)Jacques Henri Lartigue. Portrait de Renée Perle (1931)

 

 

Jacques Henri Lartigue. Renée Perle (1930)

Jacques Henri Lartigue. Renée Perle (1930)

 

 

Les années difficiles (1932-1950)

La fortune de la famille Lartigue permettait à Bibi et Jacques de mener une vie luxueuse durant les années folles. Mais à partir de 1930, cette fortune est compromise. Afin de conserver sa liberté, Jacques Lartigue refuse d’occuper un emploi et vit modestement de sa peinture. Il a acquis une certaine réputation de peintre et expose en 1935 à la galerie Jouvène à Marseille des portraits de Van Dongen, Sacha Guitry, Marlène Dietrich, Georges Carpentier et Joan Crawford, qui remportent un grand succès. Il réalise aussi des travaux de décoration intérieure à Lausanne, La Baule et pour le casino de Cannes.

 

Jacques Henri Lartigue. Marlène Dietrich (1933)

Jacques Henri Lartigue. Marlène Dietrich (1933)

 

 

Jacques Henri Lartigue. Arbre en fleurs

Jacques Henri Lartigue. Arbre en fleurs. Huile sur panneau, 75 × 75 cm, collection particulière.

 

C’est au casino de Cannes que Jacques Lartigue rencontre Marcelle Paolucci, surnommée Coco. Son père était chef-électricien dans cet établissement. Il  épouse Coco le 12 mars 1934. A la déclaration de guerre en 1939, ayant déjà quitté Coco, il s’installe sur la Côte d’Azur où se sont réfugiées de nombreuses personnalités du Tout-Paris. Il rencontre Florette Orméa (1921-2000) à Monte-Carlo en 1942.

A la libération en 1944, Lartigue revient à Paris et prend de nombreuses photos des évènements. Il épouse Florette Orméa en 1945. Elle restera son épouse pendant les quarante années suivantes. Le couple vit à Paris et dans la petite commune de Piscop dans les Val d’Oise, située à une quinzaine de kilomètres de la capitale. La vie reste difficile car le couple doit vivre de la vente des tableaux de Jacques Lartigue.

Le premier festival de Cannes a lieu en 1946 et Jacques Lartigue y réalise de nombreuses photographies. Chaque année, désormais, il participera à l’évènement.

 

Jacques Henri Lartigue. Dany et son fils (1944)

Jacques Henri Lartigue. Dany et son fils (1944)

 

Le photographe internationalement reconnu (1950-1986)

La carrière de photographe de Jacques Lartigue démarre vraiment dans les années 1950. Sans renoncer au noir et blanc, dont il est un des grands esthètes, il utilise également la couleur car, dans ce domaine, la demande des revues et journaux est importante. Ses photographies sont publiées dans de nombreux magazines par exemple Point de Vue ou Images du Monde. Il réalise des portraits de Picasso et rencontre, en 1953, un jeune sénateur américain nommé John Kennedy chez l’industriel André Dubonnet (1897-1980). Les photos qu’il prend à cette occasion seront utilisées dix ans plus tard par le magazine Life après l’assassinat de Kennedy.

En 1955, une exposition de photographies de Brassaï, Doisneau, Man Ray et Lartigue est organisée à la galerie d’Orsay à Paris.

 

Jacques-Henri-Lartigue. Pablo Picasso, Cannes (1955)

Jacques-Henri-Lartigue. Pablo Picasso, Cannes (1955)

 

 

En 1960, Jacques et son épouse Florette achètent une maison à Opio près de Grasse et s’y installent. Jacques Lartigue y vivra jusqu’à sa mort.

 

Jacques Henri Lartigue. Florette à Cannes (1956)

Jacques Henri Lartigue. Florette à Cannes (1956)

 

 

Jacques Henri Lartigue. Florette à Piozzo (1960)

Jacques Henri Lartigue. Florette à Piozzo (1960)

 

 

Jacques Henri Lartigue. Florette à Megève (1965)

Jacques Henri Lartigue. Florette à Megève (1965)

 

La grande consécration internationale n’aura lieu que tardivement, en 1963. Au cours d’un voyage à New York avec son épouse, en 1962, Jacques Lartigue rencontre John Szarkowski (1925-2007), directeur du département de photographie du prestigieux Museum of Modern Art (MoMA). Outre son activité de conservateur de musée, Szarkowski est également photographe et il est enthousiasmé par les photographies de Lartigue. Il décide d’organiser une exposition qui a lieu à l’automne 1963 : The Photographs of Jacques Henri Lartigue. Un portfolio doit paraître dans le magazine Life.

Par le plus grand des hasards, ce portfolio est inséré dans le numéro de Life consacré à l’assassinat de John Kennedy, qui a eu lieu le 22 novembre 1963. Le tirage de ce numéro est colossal et consacre internationalement le génie photographique de Lartigue. C’est à cette occasion qu’il décide d’adjoindre le prénom de son père (Henri) au sien et de signer désormais Jacques Henri Lartigue.

A partir de 1964, le photographe américain Richard Avedon (1923-2004) réalise plusieurs album de photographies de Jacques Henri Lartigue : Les Photographies de J. H. Lartigue, Un Album de famille de la Belle Époque (1966) et Diary of a Century : Jacques Henri Lartigue (1970), traduit sous le titre Instants de ma vie (1973, Éditions du Chêne).

Valéry-Giscard d’Estaing, élu Président de la République française en 1974, demande à Lartigue de réaliser son portrait officiel. Le photographe renouvelle totalement le genre, qui restait cantonné au portrait compassé et solennel. Le portrait officiel du Président Giscard d’Estaing reste aujourd’hui encore d’une modernité qui n’a pas été dépassée.

 

Jacques-Henri-Lartigue. Le Président Valéry Giscard d'Estaing (1974)

Jacques-Henri-Lartigue. Le Président Valéry Giscard d'Estaing (1974)

 

Jacques Lartigue continue à travailler régulièrement pour des magazines. Il ne cessera jamais de photographier. En 1979, il signe l’acte de donation à l’État français de l’ensemble de son œuvre : photographies, plaques, négatifs, albums, agendas. Le tout était stocké chez lui, mais la célébrité internationale du grand artiste accroissait le risque. « J’avais peur des cambrioleurs et j’avais peur qu’après ma mort on disperse cette collection. »

Jacques Lartigue meurt à Nice le 12 septembre 1986 à l’âge de 92 ans.

 

Œuvre

 

L’œuvre de Jacques Henri Lartigue est considérable puisqu’elle comporte plus de 100 000 photographies, 1 500 peintures et un journal de 7 000 pages. C’est cependant par son œuvre photographique qu’il marque l’histoire de l’art. Ses photographies renvoient l’image du bonheur de vivre, associée à celle de la beauté féminine.

 

Jacques-Henri-Lartigue. « Zissou et moi en coureur automobile, rue Cortambert » (1903)

Jacques-Henri-Lartigue. « Zissou et moi en coureur automobile, rue Cortambert » (1903)

 

 

Jacques Henri Lartigue. Hippodrome d’Auteuil (1911)

Jacques Henri Lartigue. Hippodrome d’Auteuil (1911)

 

 

Jacques Henri Lartigue. Avenue du Bois-de-Boulogne (1911)

Jacques Henri Lartigue. Avenue du Bois-de-Boulogne (1911)

 

 

Jacques Henri Lartigue. Grand Prix ACF, Dieppe (1912)

Jacques Henri Lartigue. Grand Prix ACF, Dieppe (1912)

 

Dès l’enfance Lartigue saisit des scènes familiales, puis viennent les figures féminines, les évènements sportifs, les loisirs de la plage. Mais il ne s’immisce jamais dans les tragédies du 20e siècle. Son œuvre photographique représente la face heureuse de l’époque, souvent masquée par les guerres mondiales et les génocides. C’est pourquoi elle nous touche spontanément en révélant des instants de bonheur dans un monde qui semblait courir à sa perte entre 1900 et 1945.

 

Jacques Henri Lartigue. Jacques et Dany, Paris (1926)

Jacques Henri Lartigue. Jacques et Dany, Paris (1926)

 

 

Jacques-Henri-Lartigue. Les Garçonnes, Bibi, Olga Day, (Avril 1928)

Jacques-Henri-Lartigue. Les Garçonnes, Bibi, Olga Day, (Avril 1928)

 

 

Jacques-Henri-Lartigue. Gerda, Hendaye (1937)

Jacques-Henri-Lartigue. Gerda, Hendaye (1937)

 

Cette autobiographie en images est complétée par un journal qu’il rédigea toute sa vie durant. Les photographies comportent deux dominantes : la légèreté et la spontanéité. La légèreté résulte de la thématique : les loisirs d’une bourgeoisie cultivée et bohème qui s’intéresse à l’art, aux spectacles, mais aussi aux sports en vogue comme l’automobile et aux technologies émergentes comme l’aviation. La spontanéité constitue un choix esthétique. Il s’agit pour l’artiste de choisir des instants d’authenticité, mais toujours avec un regard approbateur. Il n’y a pas de dépréciation, d’aspect critique dans les photographies de Lartigue, mais toujours une empathie pour ce monde qui était le sien, ce qui n’empêche pas une pointe d’humour.

 

Jacques Henri Lartigue. Lolo, Bibi, culture physique (1922)

Jacques Henri Lartigue. Lolo, Bibi, culture physique (1922)

 

Les femmes sont élégantes, la famille est soudée, les automobiles sont des jouets pour adultes et les avions de merveilleuses machines volantes. La vie semble constituée d’une succession d’épisodes ludiques.

 

Jacques Henri Lartigue. Yvonne et Bibi, Royan (1926)

Jacques Henri Lartigue. Yvonne et Bibi, Royan (1926)

 

 

Jacques Henri Lartigue. Renée Perle (1930)

Jacques Henri Lartigue. Renée Perle (1930)

 

 

Jacques Henri Lartigue. Florette à Vence (1954)

Jacques Henri Lartigue. Florette à Vence (1954)

 

La peinture rococo, au 18e siècle, présentait l’aristocratie sous un jour frivole. Lartigue photographie la frivolité d’une certaine  bourgeoisie du début du 20e siècle. Elle n’est pas réductible à cela, mais le photographe a choisi cette approche parce que son mode de vie le lui permettait. Lartigue évoque ainsi un paradis perdu.

 

Pour de nombreuses informations sur la vie et l’œuvre de Jacques Henri Lartigue :

SITE DE LA DONATION JACQUES HENRI LARTIGUE

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