Peinture et mosaïque romaines

 
 

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6e siècle avant J.-C – 5e siècle après J.-C.

L'Antiquité romaine représente une période de plus d'un millénaire qui commence avec la fondation de la ville de Rome au 8e siècle avant J.-C et pour se terminer en 476 lorsque le dernier empereur de l'Empire romain d'Occident est renversé. L'étendue géographique de l'Empire à son apogée (2e siècle après J.-C.) est considérable. En utilisant le découpage actuel en Etats-nations, l'Empire commence côté occidental en Angleterre, englobe la France, l'Espagne, l'Italie, l'Autriche, la Grèce, la Turquie, l'Iran, l'Égypte et tout le pourtour méditerranéen jusqu'au détroit de Gibraltar. Sur une aussi longue période et une étendue aussi vaste, la création artistique est nécessairement diversifiée. Avant d'illustrer l'art de la peinture et de la mosaïque romaine, il n'est pas inutile de rappeler les grandes étapes de cette longue histoire.

 

Empire romain en 150 après J.-C.Empire romain en 150 après J.-C.

 

Les grandes étapes de l'Antiquité romaine

 

1. La monarchie romaine (8e - 6e siècle avant J.-C.)

- Évolution

De 753 à 509 avant J.-C. Rome est une monarchie. La première date est traditionnellement retenue comme celle de la fondation de la ville de Rome. La seconde est celle de la chute du dernier roi de Rome, l'étrusque Tarquin le Superbe (535-509 avant J.-C.).

- Arts

Les premiers romains sont des paysans-soldats peu sensibles à la création artistique. Les Étrusques, à partir du 7e siècle avant J.-C., introduisent l'urbanisme, l'architecture (temples) et la sculpture.

 

Sarcophage des époux (v. 520-510 av. J.-C.)Sarcophage des époux (v. 520-510 av. J.-C.)

Terre cuite polychrome, 111 × 194 × 69 cm, musée du Louvre, Paris.

Ce monument funéraire étrusque provient de la nécropole de Banditaccia à Cerveteri (Italie)

 

2. La République romaine (6e - 1er siècle avant J.-C.)

- Évolution

En 509 avant J.-C., le comportement tyrannique de Tarquin le Superbe conduit l'élite romaine à le renverser. Le pouvoir passe alors du roi au Sénat qui ne représente cependant que les patriciens, c'est-à-dire une petite minorité. Les plébéiens (le peuple) ne participent pas à la désignation des gouvernants. La République romaine va durer presque cinq siècles. En 27 avant J.-C., le Sénat donne à Octave (63 avant J.-C. - 14 après J.-C.), fils adoptif de Jules César (100 - 44 avant J.-C.), le titre d'Auguste et lui accorde tous les pouvoirs. Commence alors l'Empire.

- Arts

A partir du 4e siècle avant J.-C. débute l'expansion territoriale romaine. Les contacts avec d'autres cultures ont une influence décisive. La culture hellénistique, en particulier, joue un rôle majeur. La peinture romaine prend naissance à ce moment.

« Ainsi, en Italie centrale et méridionale, on voit s'élaborer dès la fin du IVe siècle avant J.-C. un langage mixte entre traditions italiques (campanienne, étrusque et lucanienne) et effervescence grecque colportée par les cités de Naples ou de Tarente. C'est dans ce contexte que naît la peinture romaine. » (Michel E. Fuchs, Regards sur la peinture antique, Perspective, 2 | 2010)

Il ne reste presque rien de la production picturale antérieure au 2e siècle avant J.-C. Mais l'éruption du Vésuve en 79 a permis la conservation de nombreuses peintures murales de Pompéi et Herculanum pouvant parfois remonter au 2e siècle.

 

Tombe des Léopards, danseurs (5e s. avant J.-C.)

Tombe des Léopards, danseurs (5e s. avant J.-C.)

                 

Fresque de la villa des Mystères, Pompéi (v. 60 avant J.-C.)

Fresque de la villa des Mystères, Pompéi (v. 60 avant J.-C.)

 

3. L'Empire romain (1er siècle avant J.-C. - 5e siècle après J.-C.)

- Évolution

Jusqu'au 3e siècle, l'Empire romain demeure un régime puissant et stable qui conquiert de nombreux territoires. Les historiens qualifient cette période de Haut Empire. Mais à partir du 3e siècle, des crises politiques répétées se produisent (prise du pouvoir par des militaires en particulier). Par ailleurs, le coût excessif de fonctionnement des services publics, en particulier de l'armée, conduit à l'affaiblissement économique de l'Empire. On parle de Bas Empire. En 330, l'empereur Constantin fonde une nouvelle capitale sur les bords du Bosphore : Constantinople. Par la suite, l'Empire sera divisé en Empire romain d'Orient et Empire romain d'Occident. Ce dernier décline progressivement. On fixe traditionnellement la date de sa fin à 476, lorsque le dernier empereur, Romulus Auguste (460 - v. 511) est capturé par Odoacre (433-493) et doit abdiquer. L'Empire romain d'Orient, quant à lui, durera jusqu'à 1453 sous l'appellation d'Empire byzantin.

- Arts

L'architecture est l'art dominant (amphithéâtres, arcs de triomphe, basiliques, aqueducs, thermes). La mosaïque connaît un grand succès pour décorer les espaces intérieurs, essentiellement les sols. La peinture évolue et plusieurs styles doivent être distingués. La naissance du christianisme entraînera, à la fin de l'Empire, un renouvellement de la thématique picturale vers les sujets religieux. En Orient, la peinture et la mosaïque byzantines prennent la succession de l'art romain. En Occident, la dislocation de l'Empire au 5e siècle conduit au Moyen Âge et à une emprise totale de l'Église catholique sur la production artistique (voir peinture romane roman et enluminures insulaires).

 

Portrait de Zénobia, Fayoum (2e s.)

Portrait de Zénobia, Fayoum (2e s.)

                     

Villa La Olmeda, mosaïque des chasseurs (1er - 4e s.)

Villa La Olmeda, mosaïque des chasseurs (1er - 4e s.)

 

 

La peinture romaine

 

L'Antiquité romaine nous a légué un grand nombre d'œuvres, surtout murales, car la principale source est constituée par la décoration des villas ensevelies sous les cendres du Vésuve lors de l'éruption de 79 après J.-C.. L'art du portrait avait également la faveur des patriciens romains, mais la fragilité du support bois n'a pas permis leur survivance. Il faut aller dans l'Égypte occupée par les romains pour découvrir, dans la région du Fayoum, les portraits à l'encaustique qui accompagnaient les morts dans les monuments funéraires.

 

Du 5e au 3e siècle avant J.-C.

Les monuments funéraires des grandes familles patriciennes conservent la trace de peintures anciennes. Certaines remontent à la période étrusque.

Tombe des Léopards, banquet (5e s. av. JC)

Tombe des Léopards, banquet (5e s. av. JC). Fresque, nécropole de Monterozzi, Tarquinia. La nécropole de Monterozzi, proche de la ville italienne de Tarquinia, comprend de nombreuses tombes étrusques. La tombe dite des Léopards (voir sur l'image les deux léopards) est décorée de fresques remarquablement conservées. Cette fresque représente un banquet funéraire avec des hommes et des femmes allongés sur des lits de banquet (triclinium) conformément à la pratique romaine.

Tombe des Léopards, danseurs (5e s. avant J.-C.)

Tombe des Léopards, danseurs (5e s. av. JC). Des danseurs étrusques s'accompagnent de la musique d'une double flûte et d'une cithare.


 
Tombe des Fabii. (300-250 av. JC)

Tombe des Fabii. (300-250 av. JC). Fresque, 87,5 × 45 cm, musée Capitolini, Rome. Cette fresque provient de la nécropole de l'Esquilin, l'une des sept collines de Rome. Elle représente une scène historique ou militaire difficile à interpréter du fait de la détérioration. La famille Fabii est une des grandes familles patriciennes de Rome.


 

Les quatre styles de la peinture murale pompéienne (2e siècle avant J.-C - 1er siècle après J.-C.)

L'éruption du Vésuve en 79 a paradoxalement permis la conservation de peintures murales ornant les bâtiments enfouis sous les cendres à Pompéi, Herculanum, Stabies et Oplontis. L'historien de l'art allemand August Mau (1840-1909) s'était spécialisé dans l'étude de ces fresques pompéiennes. Il proposa une classification en quatre styles successifs qui reste aujourd'hui encore largement utilisée. La limite principale de la classification de Mau est qu'elle ne concerne qu'une zone géographique très restreinte, faisant ainsi abstraction de l'énorme production artistique du reste de l'Empire.

♦ Le premier style (environ 2e siècle avant J.-C. à -80)

Il s'agit d'un style non figuratif dit à incrustation car il cherche à imiter les plaques de marbre en utilisant un revêtement de stuc présentant des reliefs.

Villa Arianna à Stabies (2e s. av JC)

Villa Arianna à Stabies (2e s. av JC). Fresque. Ce style a une origine hellénistique et utilise le trompe-l'œil pour simuler des plaques de marbre posées sur le mur. Il s'agit techniquement d'un stuc polychrome à relief.
 

 
Maison des Griffons à Rome (100-80 av JC)

Maison des Griffons à Rome (100-80 av JC). Fresque. L'une des caractéristiques du premier style est la tripartition verticale et horizontale. Elle apparaît nettement ici. Verticalement : une plinthe très large, un panneau médian et une corniche. Horizontalement : trois parties séparées par des pilastres en trompe-l'œil.


 

Le deuxième style (environ –80 à –20)

La figuration apparaît et même, parfois, une véritable mise en scène mythologique comme à la Villa des Mystères à Pompéi. L'ornementation végétale est appréciée et de véritables compositions paysagères apparaissent, la plus célèbre étant celle de la Villa de Livia dont la fresque a été détachée et transférée au Musée National romain.

 
Villa des Mystères, Pompéi (v. 60 av JC)

Villa des Mystères, Pompéi (v. 60 av JC). Fresque. La villa des Mystères est située aux abords de Pompéi et non pas dans la ville. L'une des pièces est décorée d'une grande fresque murale qui semble, selon les spécialistes, relater un rituel de purification en relation avec le culte de Dionysos. Les scènes se succèdent tout autour de la pièce, sur un fond rouge. Les personnages sont représentés sur un sol formé d'une étroite bande de couleur verte. Dans la partie haute, une frise borde la fresque.


 
Villa des Mystères, Pompéi, détail (v. 60 av JC)

Villa des Mystères, Pompéi, détail (v. 60 av JC). Fresque.


 
Pêches et carafe d'eau, Herculanum (v. -50)

Pêches et carafe d'eau, Herculanum (v. 50 av JC). Fresque, Musée archéologique national, Naples. Au premier abord, on pourrait se croire en présence d'une nature morte post-Renaissance. Le rendu de l'eau dans la cruche est remarquable. Mais il manque un traitement satisfaisant de la lumière. D'où vient-elle ? Il n'est pas possible de le dire. Le talent du peintre donne malgré tout à l'ensemble une vérité saisissante.


Villa Livia, jardin (v. 30 av JC)

Villa Livia, jardin (v. 30 av JC). Fresque, Museo Nazionale Romano, Rome. Livia Drusilla (58 av JC-29 ap JC) est l'épouse de l'empereur Auguste (63 av JC-14 ap JC). Dans une grotte située sous la villa, le jardin idéal de l'Antiquité romaine a été peint sur tout le pourtour. Des arbres, des oiseaux, des buissons et des fleurs particulièrement réalistes parsèment une paroi ne possédant aucune ouverture sur l'extérieur.


 
Villa Livia, détail (v. 30 av JC)

Villa Livia, détail (v. 30 av JC). Fresque, Museo Nazionale Romano, Rome. Détail d'un grenadier.


 

 

Le troisième style (environ –20 à 50)

En réaction au style précédent, les artistes et leurs commanditaires recherchent plus de simplicité. On revient à de grands panneaux décoratifs aux couleurs vives que peuvent agrémenter de petits tableautins. Le style évolue vers plus de complexité au cours du 1er siècle.

Villa d'Agrippa à Boscotrecase (v. 11 av JC)

Villa d'Agrippa à Boscotrecase (v. 11 av JC). Fresque, Musée archéologique national, Naples. Cette villa appartenait à Agrippa Postumus qui avait épousé la fille de l'empereur Auguste. A ses débuts, le troisième style est axé sur la simplification et l'utilisation de grandes plages de couleurs : noir, rouge, blanc cassé.
 

 
Villa d'Agrippa à Boscotrecase, détail (v. 11 av JC)
Villa d'Agrippa à Boscotrecase, détail (v. 11 av JC). Fresque, Musée archéologique national, Naples. Des décors paysagers ou mythologiques parsèment les panneaux monocolores. C'est ce qu'il reste du deuxième style. Cette scène évoque le caractère idyllique de la vie à la campagne. Autour d'un sanctuaire, humains, animaux et végétaux cohabitent dans la plus parfaite sérénité. Les patriciens romains vivaient une partie de l'année dans leurs grands domaines fonciers.
 

 
Maison de Marcus Lucretius Fronto à Pompéi (v. 50-60 ap JC)

Maison de Marcus Lucretius Fronto à Pompéi (v. 50-60 ap JC).  Fresque. Le troisième style s'est peu à peu complexifié aboutissant à une surcharge qui était d'ailleurs critiquée à l'époque.


 

Le quatrième style (50 à 79)

Ce style est une synthèse des deux précédents.

Maison des Vetti à Pompéi (60-70)

Maison des Vetti à Pompéi (60-70).  Fresque. On voit clairement qu'il s'agit d'une évolution mineure du style précédent. Les scènes mythologiques ou naturalistes sont plus nombreuses. Nous sommes en présence d'effets de mode et non d'innovations artistiques.
 

 
Maison des Vetti à Pompéi, amours (60-70)
Maison des Vetti à Pompéi, amours (60-70).  Fresque. La fresque de la maison des Vetti est célèbre pour sa frise constituée d'une succession de petits amours.
 

 
Maison des Vetti à Pompéi, châtiment d'Ixion (60-70)

Maison des Vetti à Pompéi, châtiment d'Ixion (60-70). Fresque. Ci-contre un exemple de décoration mythologique. Il s'agit d'un épisode de la mythologie grecque. A la suite d'interminables péripéties, coutumières de la mythologie antique, Ixion, roi des Lapithes, est condamné par Zeus à être attaché avec des serpents à une roue enflammée. La roue doit tourner éternellement... Sur la fresque, de gauche à droite, Ixion sur sa roue, Vulcain, Mercure (Hermès chez les grecs) avec le caducée, Néphélé en contrebas, Junon sur son trône et Iris à ses côtés.


 

 
 

Les portraits du Fayoum (1er au 3e siècle après J.-C.)

Plus de mille portraits datant des trois premiers siècles après J.-C., et très bien conservés, ont été découverts progressivement, à partir de la fin du 18e siècle, dans le Fayoum. Le Fayoum est une région d'Égypte située à 130 km au sud-ouest du Caire. Une agriculture florissante s'y était développée dans l'Antiquité, transformant la région en l'un des principaux greniers à blé du pourtour méditerranéen. Rattaché à l'Empire romain, le Fayoum attirait aux premiers siècles de notre ère des populations diverses. La coutume égyptienne de l'embaumement des morts subsistait et avait été adoptée par des grecs ou des romains vivant dans la région. Mais le masque funéraire égyptien avait été remplacé par un portrait du défunt réalisé sur un mince panneau de bois ou une toile de lin et glissé entre les bandelettes de la momie.

 

Momie à portrait d'Eudaïmôn (2e s.)Momie à portrait d'Eudaïmôn (2e s.)

Peinture à l'encaustique sur bois, Musée du Louvre, Paris.

Une inscription en grec apparaît sur la momie : «  Bonne chance Eudaïmôn ».

 

Les portraits funéraires étaient en général peints du vivant du modèle en utilisant un nombre limité de couleurs : or, noir, rouge et deux ocres. Deux techniques sont utilisées : la tempera ou peinture à la détrempe (pigments mélangés à une colle soluble dans l'eau) et la peinture à l'encaustique (pigments mélangés à de la cire d'abeille fondue et de l'huile de lin, le mélange étant appliqué à chaud).

L'excellent état de ces portraits s'explique. Étant fixés sur les corps momifiés des défunts, les portraits étaient protégés par un monument funéraire et n'étaient plus accessibles. Le climat sec de l'Égypte favorise la conservation. Enfin, la technique de l'encaustique est très résistante si l'hygrométrie ambiante est faible mais elle résiste mal à l'humidité.

Les portraits découverts sont pour la plupart ceux de colons romains, par exemple des centurions et leur famille envoyés en Égypte ou encore des marchands. Ces romains bénéficiaient d'un niveau de vie élevé par rapport à la population indigène et pouvaient s'offrir une coûteuse momification à leur décès. Leurs noms sont parfois connus par des inscriptions funéraires, d'où les intitulés de certains portraits figurant ci-après.

Ajoutons enfin que l'emprise des monothéismes sur l'art va faire disparaître le portrait pour au moins un millénaire à partir du 5e siècle. Les portraits féminins en particulier seront totalement proscrits par le dogme catholique. Mais il en va de même du côté de l'Islam ou du Judaïsme. La Renaissance, en renouant avec l'Antiquité, permettra peu à peu à l'art occidental de s'émanciper des préjugés religieux.

 
Portrait de jeune homme. Fayoum (2e siècle)

Portrait de jeune homme, Fayoum (2e s.). Encaustique sur bois, 33 × 18,3 cm, Metropolitan Museum of Art, New York. Ce portrait d'un jeune garçon, très réaliste, suppose un savoir-faire de haut niveau. Les reflets de la lumière sur le visage n'ont pas été négligés.


 
Portrait de jeune femme, Fayoum (2e s.)

Portrait de jeune femme, Fayoum (2e s.). Encaustique sur bois, 42 × 23 cm, Musée du Caire. Le portrait devait être ressemblant et représenter fidèlement la personnalité du défunt. De celui-ci émane une grande mélancolie. Les pendentifs aux oreilles, le collier en émeraude et la coiffure soigneusement peinte attestent du savoir-faire de l'artiste.


 
Portrait de femme dite L'Européenne, Fayoum (2e s.)

Portrait de femme dite L'Européenne, Fayoum (2e s.). Encaustique sur bois, 42 × 24 cm, Musée du Louvre, Paris. « Le visage juvénile se détache sur un fond gris bleuté. Vu presque de face, son ovale parfait est mis en valeur par l'implantation régulière des cheveux tirés en l'arrière et le demi-cercle de la natte où est fichée une épingle à tête d'or... Les yeux tournés vers la droite, la jeune femme ne regarde pas directement le spectateur. Ce détail, peu commun pour les portraits de momies, contribue certainement à la fascination que ce visage exerce. » (Notice musée du Louvre)


 
Portrait d'un homme avec un grain de beauté, Fayoum (2e s.)

Portrait d'un homme avec un grain de beauté, Fayoum (2e s.). Encaustique sur bois, 39,4 × 19,3 cm, Metropolitan Museum of Art, New York. Le regard du modèle constitue un élément important pour refléter sa personnalité, d'où les yeux démesurément agrandis dans de nombreux portraits. Le grain de beauté sur le nez n'a pas été oublié par le peintre : la fidélité s'imposait.


 
Portrait d'Isidora, Fayoum (2e s.)

Portrait d'Isidora, Fayoum (2e s.). Encaustique sur bois, 33,6 × 17,2 cm, J. Paul Getty Museum, Los Angeles. Le nom de la défunte figure sur la momie. Il s'agit d'une patricienne romaine de haut rang comme le montre la coiffure très soignée et les somptueux bijoux dont elle est parée : collier or et émeraudes, boucles d'oreilles or et perles, couronne en feuille d'or dans les cheveux. L'artiste maîtrise bien les effets d'ombre et de lumière sur le visage.


 
Portrait de Zénobia, Fayoum (2e s.)

Portrait de Zénobia, Fayoum (2e s.). Tempera sur bois, 33,5 × 20,5 cm, Musée archéologique de Florence. Le titre du tableau ne provient pas d'une inscription funéraire mais de la ressemblance de cette femme avec l'épouse de l'égyptologue italien Ippolito Rosellini (1800-1843), qui ramena le tableau d'Égypte en 1829. Ce visage très expressif et plein de finesse d'une patricienne romaine a été réalisé à la détrempe, d'où son état de conservation inférieur. L'expressivité du portrait montre que l'artiste a été choisi parmi les meilleurs de l'époque.


 

Les mosaïques romaines

 

La mosaïque consiste à appliquer des milliers de petits morceaux de matériaux divers, préalablement découpés, sur une surface de plâtre ou de ciment. Ces petits éléments sont appelés tesselles ou smalts. L'image à réaliser est d'abord dessinée sur le support. Les tesselles peuvent être très diversifiées : pierre, marbre, brique, verre, émaux, or, pierres précieuses.

Les romains utilisent beaucoup la mosaïque pour la décoration intérieure des maisons ou des divers édifices publics ou religieux. Il s'agit essentiellement d'une mosaïque de pavement, les murs étant décorés de fresques. Les thèmes représentés sont très diversifiés. La mythologie a bien entendu une place de choix mais la symbolique des saisons ou des signes du zodiaque, les scènes de genre et les natures mortes sont également présentes. La mosaïque résistant bien au temps, nous possédons de très nombreux exemples de mosaïques romaines, certaines ayant été déplacées vers des musées. La plus importante collection se trouve au Musée national du Bardo à Tunis.

Voici un petit aperçu par l'image des principaux thèmes des mosaïques romaines.

 

Les mosaïques non figuratives

Villa La Olmeda, mosaïque non figurative (1er- 4e s.)

Villa La Olmeda, mosaïque non figurative (1er- 4e s.). La villa La Olmeda, située à Pedrosa de la Vega en Espagne, a été construite entre le 1er et le 4e siècle. De somptueuses mosaïques couvrent environ 1400 m2 de sol. Elles comportent des motifs figuratifs (voir ci-après) ou purement géométriques, avec parfois une inspiration végétale, comme on le voit ici avec les éléments ressemblant à un feuillage.
 

 
Mosaïque aux svastikas (2e s.)

Mosaïque aux svastikas (2e s.). 11,80 × 7,30 mètres, Musée gallo-romain de Fourvière, Lyon. Composée de décors géométriques très diversifiés par les formes et les couleurs, cette mosaïque fait aussi apparaître le svastika, très ancien symbole déjà utilisé au néolithique. Il figure ici le mouvement du soleil.


 

La mythologie

Apollon (2e s.)

Apollon (2e s.). Musée national du Bardo, Tunis. Mosaïque. Apollon est le dieu de la musique et des arts. Il est réputé pour sa beauté et séduit beaucoup de nymphes et de mortelles. Il ne dédaigne pas non plus les mortels.
 

 
Noces de Dionysos et d'Ariane (3e s.)

Noces de Dionysos et d'Ariane (3e s.). Mosaïque. Musée national du Bardo, Tunis. En haut, Dionysos (Bacchus pour les romains) et Ariane. Dionysos est le dieu antique du vin et de la vigne. Ariane est la fille de Minos et de Pasiphaé. Elle aide le héros Thésée à sortir du labyrinthe. Bien qu'éprise de Thésée, elle suit Dionysos sur l'île de Lemnos et a plusieurs enfants de lui. En bas, le satyre Silène, père adoptif et précepteur du Dionysos, qu'il accompagne souvent.


 

Les symboles

 
Les quatre saisons de Canabae (2e s.)

Les quatre saisons de Canabae (2e s.). Mosaïque, Musée gallo-romain de Fourvière, Lyon. Canabae était à l'époque romaine un quartier de l'actuelle ville française de Lyon (Lugdunum). Le mot canabae signifie pour les romains de l'Antiquité un ensemble de constructions à caractère commercial situées à proximité des camps de la légion et destinées à ravitailler les militaires. Des négociants enrichis avaient construit de belles villas décorées de mosaïques à proximité de leurs activités commerciales. Sur cette mosaïque subsistent seulement deux saisons, dont l'hiver, représenté par une femme portant un voile retenu par des roseaux. Au centre,  Bacchus chevauche une panthère noire.


 
Les signes du zodiaque (3e s.)

Les signes du zodiaque (3e s.). Mosaïque, Musée national du Bardo, Tunis. Cette mosaïque hexagonale représente dans sa partie centrale les dieux qui figurent les jours de la semaine. Mercure est au centre. Un animal est associé à chaque dieu. Sur le pourtour ont été placés les douze signes du zodiaque.


 
Les quatre saisons, casa de Baco, Complutum (4e s.)

Les quatre saisons, casa de Baco, Complutum (4e s.). Mosaïque. Complutum est une ancienne cité romaine qui était située à l'emplacement actuel d'Alcalà de Henares en Espagne. La lecture se fait par rotation antihoraire en partant du haut à droite : printemps, été, automne, hiver. Cette mosaïque décorait le sol de l'une des habitations, la maison de Baco.


 

La chasse

Villa La Olmeda, mosaïque des chasseurs (1er - 4e s.)

Villa La Olmeda, mosaïque figurative (1er- 4e s.). La villa La Olmeda, située à Pedrosa de la Vega en Espagne, a été construite entre le 1er et le 4e siècle. De somptueuses mosaïques couvrent environ 1400 m2 de sol. Cette partie de la mosaïque représente des scènes de chasse.
 

 
Villa La Olmeda, mosaïque des chasseurs, détail 1 (1er- 4e s.)

Villa La Olmeda, mosaïque figurative, détail 1 (1er- 4e s.). Un chasseur romain est aux prises avec un léopard.


 
Villa La Olmeda, mosaïque figurative, détail 2 (1er- 4e s.)

Villa La Olmeda, mosaïque figurative, détail 2 (1er- 4e s.). Ce détail d'un visage permet de voir l'implantation des tesselles. Elles sont de plus petite dimension sur le visage et les cheveux que sur le fond afin de permettre une représentation fine des détails.


 

Les natures mortes

 
Grappe de raisin (2e s.)

Grappe de raisin (2e s.). Mosaïque, Musée national du Bardo, Tunis.


 
Bouteille et coupe (3e s.)

Bouteille et coupe (3e s.). Mosaïque, Musée national du Bardo, Tunis. Les objets du quotidien peuvent être représentés. Ils le sont ici avec une grande finesse.


 

Les activités humaines

 
Dame de Carthage (5e s.)

Dame de Carthage (5e s.). Mosaïque, Musée national du Bardo, Tunis. Séance de coiffure pour une patricienne de Carthage aidée par deux servantes dont l'une tient un miroir. La vraisemblance n'est pas recherchée : en réalité, il est impossible de voir le visage de face dans le miroir.


 
Le négoce (2e s.)

Le négoce (2e s.). Mosaïque, Musée national du Bardo, Tunis. Pesée de marchandises et navire de transport. La dimension des personnages représentés est proportionnelle à leur statut social.


 

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