Georges Seurat

 

Cliquer sur les images pour les agrandir.

Pour passer directement d'une image agrandie à l'autre, cliquer au centre droit ou gauche de l'image.

______________________________________________________________________

 

Portraits

 

Ernest Laurent. Portrait de Georges Seurat (1883)

Ernest Laurent. Portrait de Georges Seurat (1883)

Fusain sur papier, 38,9 × 29,2 cm, musée du Louvre, Paris.

 

 

Georges Seurat en1888

Georges Seurat en 1888. Photographie, auteur inconnu

 

Biographie

 

1859-1891

Enfance et formation (1859-1880)

Georges Seurat naît à Paris le 2 décembre 1859. Son père est huissier de justice. Sa tante maternelle a épousé un commerçant en tissus qui est aussi peintre amateur. C’est par ce biais que l’enfant aura ses premiers contacts avec la peinture. Son goût pour le dessin et son talent de dessinateur apparaissent dès l’enfance. A l’âge de seize ans, il commence à fréquenter l’école municipale de dessin du Xe arrondissement, dirigée par le sculpteur Justin Lequien (1796-1881). Il y rencontre Edmond Aman-Jean (1858-1936), qui deviendra peintre symboliste et critique d’art et restera son ami le plus proche.

En 1878, il est admis à l’École de Beaux-arts de Paris où il a comme professeur un élève d’Ingres, Henri Lehmann (1814-1882). Mais l’enseignement académique ne lui convient pas. Dès 1879, après avoir vu la quatrième exposition impressionniste, il quitte les Beaux-arts, loue un atelier avec Aman-Jean et Ernest Laurent (1860-1929), puis part faire service militaire à Brest. Pendant toute cette période, il dessine beaucoup. A Brest, il réalise de nombreux dessins du milieu maritime (bateaux, rivages, mer).

 

 

Georges Seurat. La Seine à Courbevoie (1885)

Georges Seurat. La Seine à Courbevoie (1885)

Huile sur toile, 81 × 65 cm, collection particulière.

 

 

Naissance du pointillisme (1880-1884)

Il revient à Paris courant 1880 et passe deux années à étudier le dessin en noir et blanc, mais continue également à peindre. Seurat avait été fortement influencé par la quatrième exposition impressionniste en 1879. Il adhère totalement à la thématique impressionniste, qui privilégie paysages et scènes de genre et abandonne les traditionnelles scènes mythologiques et religieuses, encore présentes à cette époque dans la peinture académique. Mais il veut introduire une approche radicalement différente, à prétention scientifique.

Seurat est un travailleur acharné doté d’un caractère très réservé. Il attache beaucoup d’importance à son apparence et porte des vêtements bourgeois très soignés qui contrastent avec le côté bohème de beaucoup de peintres impressionnistes. Degas le surnomme « le notaire ». Ce sont sans doute ces traits de personnalité qui l’amènent à étudier de façon approfondie les œuvres des physiciens consacrées à l’optique et aux phénomènes chromatiques. Il lit ainsi les études de James Maxwell (1831-1879) sur la perception des couleurs, celles d’Hermann von Helmholtz (1821-1894) sur l’optique physiologique (comment la rétine différencie les couleurs), le livre de l’américain Ogden Rood (1831-1902) sur la théorie des couleurs (Modern Chromatics) traduit en français en 1881, ainsi que l’ouvrage de Michel Chevreul (1786-1889) paru en 1839, De la loi du contraste simultané des couleurs et de l'assortiment des objets colorés.

Sur le plan de la composition, Seurat subit peu l’influence impressionniste mais s’intéresse à des artistes qui s’attachent à une construction traditionnelle du tableau comme Camille Corot, Jean-François Millet (1814-1875) et le peintre symboliste Puvis de Chavannes (1824-1898).

En conjuguant recherches scientifiques, composition rigoureuse et renouvellement thématique, Seurat aboutit à une approche picturale extrêmement exigeante qualifiée couramment pointillisme, mais aussi divisionnisme et néo-impressionnisme.

Après de multiples essais en atelier, Georges Seurat réalise en 1883-1884 un premier tableau de grandes dimensions avec la technique pointilliste :

 

 

Georges Seurat. Une Baignade à Asnières (1884)

Georges Seurat. Une Baignade à Asnières (1884)

Huile sur toile, 201 × 300 cm, National Gallery, Londres.

 

 

Le tableau fut refusé au Salon officiel de peinture et de sculpture et exposé au Salon des Indépendants en 1884. Ce salon avait été créé par plusieurs centaines d’artistes refusés au Salon officiel, dont Seurat, Au contraire du Salon officiel, il ne comportait aucun jury et ne décernait aucun prix. Seurat continuera à y exposer jusqu’à sa mort. La critique est sévère et reproche en particulier l’aspect figé des personnages de La baignade à Asnières. Seul le critique d’art Félix Fénéon (1861-1944) s’enthousiasme pour le pointillisme qu’il qualifiera de néo-impressionnisme. Il est important de remarquer qu’en 1884 Seurat n’avait que 25 ans et avait déjà créé une technique picturale nouvelle.

 

Impressionnistes et néo-impressionnistes (1884-1891)

La première œuvre magistrale de Seurat conduira à la création d’un petit groupe de peintres néo-impressionnistes souhaitant utiliser la nouvelle technique. Le plus célèbre est Paul Signac (1863-1935) avec lequel Seurat restera en relation. Les autres peintres du groupe sont Henri Edmond Cross (1856-1910), Charles Angrand (1854-1926), Albert Dubois-Pillet (1846-1890), Maximilien Luce (1858-1941) et le belge Théo Van Rysselberghe (1862-1926).

Les impressionnistes réagirent négativement à l’apparition du pointillisme à l’exception de Camille Pissarro, qui réalisa par la suite quelques tableaux pointillistes. Pissarro fit admettre Seurat et Signac à la huitième et dernière exposition du groupe des impressionnistes en 1886 à Paris. De ce fait, Monet, Renoir et Sisley refusèrent d’y participer. Signac y présentait son œuvre maîtresse, chef-d’œuvre incontesté du pointillisme, Un dimanche après-midi sur l'île de la Grande Jatte. Les dissensions ne permirent plus de poursuivre les expositions impressionnistes qui s’arrêtèrent avec celle de 1886.

 

 

Georges Seurat. Un dimanche après-midi sur l'île de la Grande Jatte (1884-86)

Georges Seurat. Un dimanche après-midi sur l'île de la Grande Jatte (1884-86)

Huile sur toile, 208 × 308 cm, Art Institute, Chicago.

 

 

Seurat se consacrera désormais entièrement à son activité de peintre, particulièrement accaparante. La technique utilisée nécessite en effet un travail préparatoire important et la réalisation est extrêmement laborieuse. Il vit avec Madeleine Kolblock, mannequin qui est aussi son modèle et qui lui donnera un fils en 1891. Il fréquente très peu le milieu artistique. L’été, il séjourne sur la côte, en Normandie (Grandcamp, Honfleur, Port-en-Bessin), dans la baie de Somme (Le Crotoy), ou dans le Nord (Gravelines).

Le peintre réalise encore plusieurs tableaux de grandes dimensions jusqu’à sa mort en 1891. Il laisse inachevée sa dernière œuvre, Le Cirque, conservée au musée d’Orsay. Atteint d’une maladie infectieuse indéterminée (angine, pneumonie, diphtérie) pendant le Salon des Artistes Indépendants de 1891, il meurt le 29 mars. Il est inhumé à Paris au cimetière du Père-Lachaise. Son fils, né en février 1891, meurt probablement de la même affection deux semaines après son père.

 

 

Œuvre

Seurat est le père de la technique pointilliste, qu’il élabore après de nombreuses lectures scientifiques (voir biographie ci-dessus).

Il s’agit de peindre en juxtaposant de très petites touches, voire même des points. A distance, seule l’harmonie de l’ensemble ressortira. Une autre contrainte concerne le choix des couleurs : seules les couleurs primaires (jaune, rouge, bleu) et secondaires (mélange de deux couleurs primaires : vert = bleu + jaune, orange = rouge + jaune, violet = rouge + bleu) sont autorisées. Pour le reste, le mélange des couleurs est optique : le spectateur, à distance, ne perçoit plus que les nuances ou les contrastes sans distinguer la couleur de chaque touche. Seurat appela sa technique le divisionnisme, mais le critique d’art Félix Fénéon (1861-1944) parla ensuite de pointillisme et de néo-impressionnisme. C’est le terme pointillisme qui a rencontré le plus d’écho et qui est le plus souvent utilisé.

Les premiers tableaux de Seurat ne sont pas encore totalement pointillistes. Il juxtapose de petites touches.

 

 

Georges Seurat. Le jardinier (1882-83)

Georges Seurat. Le jardinier (1882-83)

Huile sur bois, 15,9 × 24,8 cm, Metropolitan Museum of Art, New York.

 

 

Seurat est un dessinateur d’exception. Il parvient d’ailleurs à exposer des dessins au Salon de peinture et de sculpture alors que ses toiles pointillistes sont refusées. Le remarquable portrait ci-après fut exposé au Salon de 1879.

 

 

Georges Seurat. Portrait d'Edmond Aman-Jean (1882-83)

Georges Seurat. Portrait d'Edmond Aman-Jean (1882-83)

Crayon sur papier 62,2 × 47,5 cm, Metropolitan Museum of Art, New York.

 

 

Quelles sont les principales caractéristiques des peintures pointillistes de Seurat ?

  • La première apparaît immédiatement par contraste avec l’impressionnisme. Seurat dessine ses personnages, délimite rigoureusement les contours. L’aspect géométrique de l’œuvre résulte largement de la contrainte pointilliste, mais pas seulement. La plupart des figures apparaissent de profil, ce qui autorise une stylisation et détermine une idéalisation, très éloignée de toute caractéristique psychologique, rappelant les portraits de profil des peintres italiens du 15e siècle.
  • La composition respecte les critères du classicisme : perspective, équilibre, luminosité atténuée. L’ambition est également classique. Alors que les impressionnistes voulaient saisir un instant de réalité avec leur subjectivité, Seurat cherche l’intemporalité. Les classiques français idéalisaient la représentation en plaçant des figures mythologiques dans des paysages reconstitués. Les néoclassiques, à la fin du 18e et au début du 19e siècle revisiteront ce modèle. Si elles ne sont pas mythologiques, les figures que Seurat place dans ses paysages aspirent visiblement, par leur hiératisme, à s’élever au niveau du modèle général d’une époque.
  • Une troisième caractéristique résulte de la technique pointilliste. L’ensemble de la composition semble baigner dans une sorte de halo, résultante de l’association purement optique des points ou traits de couleur utilisés. Seurat divisait sa toile en carrés et attribuait un motif à chaque carré comme le faisaient les peintres égyptiens de l’Antiquité. La peinture de Seurat est le résultat d’une méthode très stricte. La rigueur de l’image produite, en particulier le statisme des figures, est déterminée par une exécution soumise à une pratique rigide. Les peintres de l’abstraction géométrique, au 20e siècle, par exemple Piet Mondrian, s’imposeront également des contraintes issues de considérations plus ou moins scientifiques et obtiendront de même des tableaux d’une rigidité toute doctrinale.

Le néo-impressionnisme ou pointillisme apparaît historiquement comme l’une des évolutions de l’impressionnisme. Il influencera le fauvisme, le cubisme et le surréalisme. Il appartient donc aux innombrables tentatives de renouveler l’art de peindre qui se développent à partir de la fin du 19e siècle. Les immenses tableaux qui ont fait, à juste titre, entrer Seurat dans l’histoire de l’art, constituent des chefs-d’œuvre par leur originalité formelle et leur intemporalité. Mais une telle performance n’a jamais été renouvelée.

 

Georges Seurat. Angélique au rocher (d’après Ingres) (1878)

Georges Seurat. Angélique au rocher (d’après Ingres) (1878). Huile sur toile, 83 × 66,3 cm, Norton Simon Art Foundation, Pasadena. Seurat a 18 ans lorsqu’il copie une partie d’un tableau peint par Ingres en 1819 et intitulé Roger délivrant Angélique (musée du Louvre). Comme tous les artistes novateurs de la fin du 19e siècle, pour apprendre son métier Seurat a copié de nombreuses œuvres d’artistes qu’il admirait.

Georges Seurat. La forêt de Pontaubert (1881)

Georges Seurat. La forêt de Pontaubert (1881). Huile sur toile, 79,1 × 62,5 cm, Metropolitan Museum of Art, New York. « Seurat a passé deux mois à la fin de l'été et au début de l'automne 1881 à Pontaubert, un village au sud-est de Paris fréquenté autrefois par Daubigny, Corot et d'autres paysagistes de l’École de Barbizon. Sa visite lui a inspiré ce sous-bois ou clairière forestière, que Seurat a probablement achevé au cours de l’hiver dans l'atelier qu'il partageait avec son ami, le peintre Aman-Jean. Avec ses nuances de verts, ses effets de lumière subtils et scintillants, et son motif vertical de troncs d'arbres, cette œuvre préfigure le cadre verdoyant du monumental Une baignade à Asnières conservé à Londres (1884) et Un dimanche à La Grande Jatte conservé à Chicago (1884-86). » (Commentaire MET)

Georges Seurat. Le casseur de pierres (1882)

Georges Seurat. Le casseur de pierres (1882). Huile sur bois, 15,9 × 24,8 cm, The Philips Collection. Le casseur de pierres a été peint au Raincy, au nord-est de Paris. Seurat qualifiait de « croquetons » ces petites esquisses à l'huile sur panneau qu’il réalisait au début de sa carrière. Il s’agit en général de travailleurs manuels (moissonneurs, jardiniers, etc.), ce qui dénote l’influence du courant réaliste, et en particulier celle de Jean-François Millet.

Georges Seurat. Portrait d'Edmond Aman-Jean (1882-83)

Georges Seurat. Portrait d'Edmond Aman-Jean (1882-83). Crayon sur papier 62,2 × 47,5 cm, Metropolitan Museum of Art, New York. « L'étude de Seurat sur son ami l'artiste Aman-Jean (1860-1936) figure parmi les grands portraits du XIXe siècle. Aman-Jean et Seurat étaient tous deux étudiants à l'École Municipale de Dessin et à l'École des Beaux-Arts de Paris ; ils ont partagé un atelier en 1879. Ce dessin n'est pas une étude préparatoire à une peinture mais un travail définitif. Présenté au Salon de Paris en 1883, il fut la première œuvre à être exposée par l'artiste de vingt-trois ans. En utilisant un crayon Conté sur papier Michallet texturé de haute qualité, Seurat parvient à des dessins associant luminosité et harmonie tonale ; la composition classique et équilibrée d’un artiste se concentrant sur son travail confère à l'image un aspect intemporel. » (Commentaire MET)

Georges Seurat. Le jardinier (1882-83)

Georges Seurat. Le jardinier (1882-83). Huile sur bois, 15,9 × 24,8 cm, Metropolitan Museum of Art, New York. « Bien que Seurat soit surtout connu pour ses scènes de la vie urbaine, beaucoup de ses peintures de 1881-84 représentent des paysans et des paysages. Il a d'abord privilégié une palette de couleurs terre rappelant le travail des premiers peintres de la campagne, comme Jean-François Millet. Cependant, les couleurs vives de ce tableau reflètent l'intérêt croissant de Seurat pour les techniques impressionnistes et sa lecture de traités sur la couleur, en particulier les Modern Chromatics d’Ogden Rood (publié en anglais en 1879 et en français en 1881). » (Commentaire MET)

Georges Seurat. Une Baignade à Asnières (1884)

Georges Seurat. Une Baignade à Asnières (1884). Huile sur toile, 201 × 300 cm, National Gallery, Londres. « Asnières est une banlieue industrielle au nord-ouest de Paris, sur la Seine. Le tableau représente un groupe de jeunes ouvriers se détendant au bord de la rivière.

Ce fut la première des grandes compositions de Seurat. Il réalisa plusieurs études individuelles des figures, au crayon Conté, en utilisant des modèles. Il prit également de petits croquis à l'huile sur le site, qu'il utilisa ensuite comme une aide à la conception de la composition et un modèle pour les effets de lumière et l’ambiance générale. Quelques 14 croquis à l’huile et 10 dessins survivent aujourd’hui. La composition finale, peinte en atelier, repose sur l’ensemble de ces matériaux préparatoires.

Bien que le tableau n'ait pas été exécuté avec la technique pointilliste, que Seurat n'avait pas encore finalisée, l'artiste retravailla plus tard certaines zones de l’image en utilisant des points de couleurs contrastantes pour créer un effet vibrant et lumineux. Par exemple, des points orange et bleus ont été ajoutés au chapeau du garçon.

La simplicité des figures et l'utilisation de formes régulières nettement délimitées par la lumière rappellent les peintures du peintre de la Renaissance Piero della Francesca. Pour les figures de profil, Seurat peut aussi avoir été influencé par l'art égyptien ancien. » (Commentaire National Gallery)

Georges Seurat. La Seine à Courbevoie (1885)

Georges Seurat. La Seine à Courbevoie (1885). Huile sur toile, 81 × 65 cm, collection particulière. Le peintre utilise sa technique pour traiter un thème totalement impressionniste : les bords de l’eau et les reflets de la lumière sur le fleuve. La technique pointilliste est ici beaucoup plus marquée que dans La baignade à Asnières.

Georges Seurat. Un dimanche après-midi sur l'île de la Grande Jatte (1884-86)

Georges Seurat. Un dimanche après-midi sur l'île de la Grande Jatte (1884-86). Huile sur toile, 208 × 308 cm, Art Institute, Chicago. « Dans ce tableau, le plus connu et le plus grand de Georges Seurat, l’artiste représente des citadins se reposant dans un parc suburbain sur une île de la Seine appelée La Grande Jatte. L'artiste a retravaillé sa peinture à plusieurs reprises à partir de 1884, avec des touches horizontales de couleurs complémentaires. Plus tard, il a ajouté de petits points, également dans des couleurs complémentaires, qui apparaissent comme des formes délimitées et lumineuses lorsqu'ils sont vus de loin.

L'utilisation par Seurat de cette technique très systématique et « scientifique », appelée par la suite pointillisme, a distingué son art de l'approche plus intuitive de la peinture utilisée par les impressionnistes. Bien que Seurat ait adopté les thèmes de la vie contemporaine choisis par des artistes tels que Claude Monet et Pierre-Auguste Renoir, il est allé au-delà de leur ambition de capturer les caractéristiques spécifiques et instantanées de la lumière dans la nature. Seurat a cherché à évoquer la permanence en s’inspirant de l'art du passé, en particulier la sculpture égyptienne et grecque et même les fresques de la Renaissance italienne.

[…] Seurat a effectué les dernières modifications à La Grande Jatte en 1889. Il a réajusté la toile afin d'ajouter une bordure peinte de points rouges, orange et bleus qui fournit une transition visuelle entre l'intérieur de la peinture et son cadre blanc spécialement conçu. » (Commentaire Art Institute Chicago)

Voir aussi l’étude détaillée de ce tableau

Georges Seurat. Le soir, Honfleur (1886)

Georges Seurat. Le soir, Honfleur (1886). Huile sur toile, 94 × 78 cm, The Museum of Modern Art, New York. « Seurat passe l'été 1886 dans la ville côtière française de Honfleur afin de "se laver de la lumière de l’atelier ", a-t-il dit. Il a minutieusement appliqué au moins vingt-cinq couleurs ici, sous la forme de milliers de points soigneusement placés sur la toile. De longues bandes de nuages ​​font écho à l'horizon et aux brise-lames sur la plage. Le vaste ciel et la mer tranquille se rejoignent sur la ligne d'horizon, apportant une impression lumineuse d’espace ; pourtant, vus de près, ils possèdent aussi une densité visuelle particulière. Seurat a ajouté le cadre en bois plus tard, en le peignant à la main avec la même technique pour ajouter une plus grande luminosité et suggérer l'extension de l'image au-delà de ses limites. » (Commentaire MoMa)

Georges Seurat. Etude pour les poseuses (1886-87)

Georges Seurat. Etude pour les poseuses (1886-87). Crayon sur papier, 29,7 × 22,5 cm, Metropolitan Museum of Art, New York. « Ce dessin témoigne de la maîtrise du crayon Conté par Seurat, un médium qui lui a permis d'obtenir de riches textures veloutées et des contours délicatement flous, qui ont fait sa célébrité. La pose rigide et presque maladroite du modèle identifie clairement le dessin comme une étude préparatoire pour une figure du célèbre tableau de Seurat, Les Poseuses (Fondation Barnes, Philadelphie). » (Commentaire MET)

Georges Seurat. Les poseuses (1886-88)

Georges Seurat. Les poseuses (1886-88). Huile sur toile, 200 × 249,9 cm, Barnes Foundation, Philadelphie. Seurat entendait répondre aux critiques lui reprochant la froideur de ses précédents tableaux. Il choisit donc le nu et plus exactement un modèle posant dans l’atelier du peintre. Celui-ci est représenté trois fois dans des poses différentes. A l’arrière-plan apparaît une partie de La Grande Jatte.

Seurat. Les Poseuses (1888)

Georges Seurat. Les poseuses (1888). Huile sur toile, 39 × 49 cm, collection particulière. Il s’agit d’une réplique du tableau précédent, de petites dimensions et stylistiquement beaucoup plus pointilliste.

Georges Seurat. La parade de cirque (1887-88)

Georges Seurat. La parade de cirque (1887-88). Huile sur toile, 100 × 150 cm, Metropolitan Museum of Art, New York. « Au Salon des Indépendants en 1888, Seurat veut démontrer la polyvalence de sa technique en exposant La parade de cirque, une scène nocturne en plein air sous lumière artificielle, et Les poseuses, une scène diurne (Fondation Barnes, Philadelphie). Il s’agit de la première peinture nocturne de Seurat et de la première à montrer un divertissement populaire. Elle représente le défilé, ou parade, du Cirque Corvi à la Foire annuelle aux pains d’épices, qui se tenait dans l’est parisien, autour de la place de la Nation, au printemps 1887. Des étals ont été disposés à l'extérieur de la tente du cirque pour inciter les passants à acheter des billets. Les spectateurs à l'extrême droite sont alignés sur les escaliers menant au guichet. » (Commentaire MET)

NB : La foire aux pains d’épices est l’ancêtre de la foire du Trône.

Georges Seurat. Port-en-Bessin (1888)

Georges Seurat. Port-en-Bessin (1888). Huile sur toile, 66 × 83 cm, Institute of Arts, Minneapolis. Seurat passait parfois l’été dans la station balnéaire et port de pêche normand de Port-en-Bessin.

Georges Seurat. Jeune femme se poudrant (1888-1890)

Georges Seurat. Jeune femme se poudrant (1888-1890). Huile sur toile, 96 × 80 cm, Courtauld Gallery, Londres. Le modèle est la compagne de l’artiste, Madeleine Kolblock.

Georges Seurat. Le Chahut (1889-90)

Georges Seurat. Le Chahut (1889-90). Huile sur toile, 170 × 141 cm, Musée Kröller-Müller, Otterlo, Pays-Bas. Le chahut ou chahut-cancan est une danse apparue dans la première moitié du 19e siècle. Elle évolua vers le French cancan qui fit le succès du Moulin Rouge à la fin du siècle. Les mouvements du corps sont très accentués et comportent saut et grand écart. Les danseuses portent des jupes courtes et un corsage échancré. Dans le contexte moral de l’époque, cette danse apparaissait comme impudique. Seurat évoque le cancan dans une composition en diagonale opposant quelques musiciens d’orchestre en bas à gauche aux danseurs et danseuses en haut à droite. De toute évidence, le peintre veut utiliser sa technique pour traiter le mouvement. Le statisme de ses figures lui avait été reproché dans La baignade à Asnières et La Grande Jatte. L’intention ironique apparaît dans le contraste entre la gestuelle débridée des danseuses et leurs mimiques faciales hautaines. La bordure bleu foncé, en arche dans la partie supérieure, fait partie du tableau. Le tableau fut exposé pour la première fois au Salon des artistes indépendants en 1890.

Georges Seurat. Le cirque (1891)

Georges Seurat. Le cirque (1891). Huile sur toile, 186 × 152 cm, Musée d’Orsay, Paris. « Faisant suite à Parade et Chahut, Le cirque est le troisième volet d'une série consacrée par Seurat aux attractions populaires de la ville moderne, aux spectacles nocturnes.

Le thème du cirque fut fréquemment traité dans les années 1880, en particulier chez Renoir, Degas et Toulouse-Lautrec. Mais Le cirque se présente comme l'une des plus impressionnantes applications des recherches divisionnistes. Seurat y interprète en effet les théories de Charles Henry sur les effets psychologiques de la ligne et de la couleur ainsi que celles des lois du mélange optique de couleurs formulées par Chevreul et Rood.

Un critique notait au moment de l'exposition du tableau au Salon des Indépendants en 1891 : " Tout dans Le cirque est combiné d'après l'harmonie par analogie, la conciliation des contraires, en vue de sensations gaies : ascendance des lignes, contrastes successifs des tons, dominante orangée très écrite qu'accentue un cadre en opposition de tons et de teintes avec l'ensemble...".

Deux espaces se juxtaposent : celui de la piste et des artistes, tout en courbes, en arabesques stylisées et en spirales, en tension dynamique, voire en déséquilibre ; et celui des gradins et du public, rigide, orthogonal, immobile, d'une rigoureuse géométrie. L'ordre des couleurs obéit aussi à des règles précises : la couleur primordiale, celle de la lumière pure, le blanc, domine la toile. La palette accorde ensuite les trois teintes fondamentales, le rouge, le jaune et le bleu, modulées en petits traits méthodiques qui font écho au rythme des lignes. Seurat isole enfin son tableau par une bordure sombre peinte directement sur la toile ainsi que par un cadre plat traité avec le même ton bleu, et qui fait partie intégrante de l'œuvre.

Avec ce tableau inachevé – le peintre est emporté par une angine diphtérique quelques jours après l'ouverture du Salon –, Seurat ambitionne une symbiose entre création artistique et analyse scientifique, rejoignant ainsi l'une des grandes préoccupations du XIXe siècle. » (Commentaire musée d’Orsay)

 

Google Art Project

Pour visionner d'autres œuvres sur GOOGLE ARTS & CULTURE, cliquer sur le nom du peintre : 

GEORGES SEURAT

Ajouter un commentaire