Masaccio

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 Autoportrait

 Masaccio. Chapelle Brancacci, Autoportrait (1426-27)

  

Biographie

 

1401-1428 

Tommaso di Ser Giovanni di Mone Cassai est né à Castel San Giovanni in Altura (aujourd'hui San Giovanni Valdarno, près de Florence). Il sera appelé Masaccio, terme dépréciatif signifiant idiot, du fait de son détachement du réel : il était ailleurs. Georgio Vasari le précise dans Vies des meilleurs peintres, sculpteurs et architectes (1550) :

« Distrait, rêveur, comme un homme dont toutes les pensées et la volonté étaient tournées uniquement vers les choses de l'art, il s'occupait peu de lui-même et encore moins des autres. Comme il ne voulut jamais penser, en aucune manière, aux choses de ce monde, dont il ne se souciait pas plus que de son costume, il fallait qu'il fût réduit au plus extrême besoin pour réclamer quelque argent à ses débiteurs. Il se nommait Tommaso mais on le surnomma Masaccio, non pour sa méchanceté, car il était la bonté même, mais à cause de ses étrangetés ; d'ailleurs toujours prêt à rendre service à qui que ce fût. »

Il est issu d'un milieu aisé puisque son père, mort en 1406, alors que Masaccio avait cinq ans, était notaire. Sa mère se remarie alors avec un négociant en épices. En 1417, la famille s'installe à Florence qui est alors une ville prospère. Le jeune homme entre dans l'atelier de Bicci di Lorenzo (1373-1452) peintre rattaché au style gothique international. Il y reste jusqu'à 1422 et étudie en particulier les œuvres des deux grands novateurs florentins : le sculpteur Donatello (1386-1466) et l'architecte et peintre Brunelleschi (1377-1446).

 

Masaccio. Chapelle Brancacci, le baptême des néophytes (1426-27)Masaccio. Chapelle Brancacci, le baptême des néophytes (1426-27)

 

En 1422, Masaccio se voit confier la réalisation d'une fresque représentant la Consécration pour l'église Santa Maria del Carmine, mais cette fresque a été détruite par la suite. C'est à partir de 1424 que Masaccio collabore avec Masolino da Panicale (1383-1440) avec lequel il réalisera en particulier les fresques de la Chapelle Brancacci de l'église Santa Maria del Carmine. Ce travail se poursuivra jusqu'à la mort de Masaccio en 1428. Mais les fresques de la chapelle Brancacci n'occupaient pas constamment le peintre. En 1426, il réalise le Polyptyque de Pise dont le commanditaire était un notaire florentin et, entre 1425 et 1428, la fresque de la Trinité dans l'église Santa Maria Novella.

Masaccio meurt en 1428 au cours d'un voyage à Rome avec Masolino da Panicale, dont le but était de réaliser un polyptyque pour l'église Santa Maria Maggiore. On ignore la cause de sa mort. Citons à nouveau Vasari :

« On dit qu'en apprenant sa mort, Filippo Brunelleschi s'écria : « Nous avons fait une perte immense en Masaccio ! » et ressentit une profonde douleur, d'autant plus qu'il s'était appliqué longtemps à lui enseigner quantité de problèmes de perspective et d'architecture. Il fut enterré dans l'église del Carmine, l'an 1443, et comme pendant sa vie, ses concitoyens l'avaient peu apprécié, on ne prit pas soin de rappeler sa mémoire par quelque inscription sur son tombeau. »

 

Œuvre

 

La collaboration de Masaccio et de Masolino da Panicale, de vingt ans son aîné, pourrait laisser penser que Masolino fut le maître de Masaccio. Il n'en est rien. Masolino est un représentant du Gothique tardif, Masaccio l'un des grands novateurs de la première Renaissance italienne. On peut même penser que c'est le jeune Masaccio qui influença Masolino en lui imposant la perspective et le réalisme alors que sa formation l'orientait vers l'idéalisme tendre du Gothique international. Les véritables maîtres de Masaccio furent le sculpteur Donatello (1386-1466) et l'architecte et peintre Brunelleschi (1377-1446). D'une part Masaccio utilise la perspective initiée par Brunelleschi pour imprimer plus de réalisme à ses œuvres, d'autre part il quitte résolument l'approche naïve et idéalisée du Gothique pour saisir la réalité humaine avec ses postures, ses mimiques et sa dimension psychologique.

Cette nouvelle approche de l'art peut être aisément perçue en comparant deux fresques de la Chapelle Brancacci sur le même thème (Adam et Eve), l'une de Masolino, l'autre de Masaccio (1426-27) :

Masaccio. Chapelle Brancacci, Adam & Eve chassés du paradis (1426-27)                                                        Masolino. Chapelle Brancacci, Adam et Eve (1426-27)

Masaccio. Adam et Eve chassés du paradis                            Masolino. Adam et Eve (1426-27)

 Masaccio traduit avec force la douleur, le désespoir. Les gestes et les postures des personnages sont ceux de la réalité humaine confrontée à une situation dramatique. Masolino propose au contraire une représentation conventionnelle avec des gestes se voulant élégants et des visages froids dénués d'expression. Masaccio bouscule le conformisme avec une audace et une justesse qui renouvellent la représentation d'une scène biblique bien connue.

Ajoutons que Masaccio connaissait l'œuvre de Giotto (1267-1337) qui constitue une évolution importante de la peinture du Moyen Âge par son souci de réalisme.

 

Masaccio et Masolino. Sainte Anne, la Vierge à l'Enfant et cinq anges (1424)

Masaccio & Masolino, Sainte Anne, la Vierge à l'Enfant et cinq anges (1424). Tempera sur bois, 175 × 103 cm, Galerie des Offices, Florence. Il s'agit de la première œuvre réalisée en collaboration avec Masolino. La Vierge et l'enfant ainsi que l'ange situé en haut à droite ont été peints par Masaccio, Sainte Anne et les autres anges par Masolino. La Vierge de Masaccio domine le tableau par son réalisme, sa présence physique (elle est en pleine lumière) alors que le visage de Sainte Anne (dans l'ombre) a moins de caractère.

 
Masaccio. La chapelle Brancacci (1426-1482)
Masaccio, Masolino et Lippi. Fresques de la chapelle Brancacci (1426-1482). Les fresques de la chapelle Brancaccci de l'église Santa Maria del Carmine de Florence ont été peintes par Masaccio et Masolino entre 1424 et 1427. Les deux artistes n'ayant pas achevé leur travail, Filippino Lippi (1457-1504) termina les fresques en 1481-82.
 
Masaccio. Chapelle Brancacci, le baptême des néophytes (1426-27)
Masaccio. Chapelle Brancacci, le baptême des néophytes (1426-27). Fresque, 255 × 162 cm, Cappella Brancacci, Santa Maria del Carmine, Florence. Le mot néophyte désignait une personne récemment entrée dans la religion chrétienne par la cérémonie du baptême. Sur la fresque, un homme se fait baptiser par Saint Pierre.
 
Masaccio. Chapelle Brancacci, le Tribut de Saint-Pierre (1426-27)
Masaccio. Chapelle Brancacci, le Tribut de Saint-Pierre (1426-27). Fresque, 255 × 598 cm, Cappella Brancacci, Santa Maria del Carmine, Florence. Mythologie chrétienne. Le tableau relate un miracle réalisé par Jésus-Christ et rapporté par l'Evangile selon Saint-Matthieu. Jésus et les apôtres arrivent à Capharnaüm, ville située au nord d'Israël. La ville percevait sur les étrangers y arrivant un impôt de deux drachmes (tribut). Jésus demande alors à l'un de ses disciples, Pierre, de pêcher un poisson dans la mer. Il trouvera une pièce dans la bouche du poisson. Les chrétiens donnent à l'épisode une signification plus ou moins claire (plutôt moins). La fresque lie les différentes étapes de la fable. Au centre, le collecteur d'impôt demande le tribut à Jésus qui indique la méthode à suivre à Pierre. A gauche, Pierre pêche. A droite, Pierre remet le tribut au collecteur.
 
Masaccio. Chapelle Brancacci, le Tribut de Saint-Pierre, détail (1426-27)
 
Masaccio. Chapelle Brancacci, médaillon (1426-27)
Masaccio. Chapelle Brancacci, médaillon (1426-27). Fresque, Cappella Brancacci, Santa Maria del Carmine, Florence. Deux médaillons de ce type ont été peints, celui-ci par Masaccio, l'autre (non représenté ici) par Masolino.
 
Masaccio. Chapelle Brancacci, Saint Pierre distribuant l'aumône et la Mort d'Ananie (1426-27)
Masaccio. Chapelle Brancacci, Saint Pierre distribuant l'aumône et la Mort d'Ananie (1426-27). Fresque, 230 × 162 cm, Cappella Brancacci, Santa Maria del Carmine, Florence. Mythologie chrétienne (Nouveau Testament). Ananie et sa femme Saphire sont membres de l'Église chrétienne primitive. Ces premiers chrétiens font vœu de mettre en commun l'ensemble de leurs biens. Mais Ananie avait conservé une partie de son patrimoine. Il est interrogé par Saint-Pierre, prétend avoir tout remis et est alors frappé de mort subite. Son épouse, considérée comme complice, subit le même sort. Cet épisode a fait l'objet de gloses multiples ne présentant plus aujourd'hui aucun intérêt. Remarquer que la scène biblique est représentée dans un décor contemporain du peintre.
 
Masaccio. La Trinité, Eglise Santa Maria Novella (1425-28)
Masaccio. La Trinité, Eglise Santa Maria Novella (1425-28). Fresque, 640 × 317 cm, Santa Maria Novella, Florence. Cette fresque de grandes dimensions a été peinte dans l'église Santa Maria Novella de Florence. L'effet de perspective saisissant, l'un des premier de l'histoire de la peinture, a été commenté en ces termes par Georgio Vasari dans ses Vies des meilleurs peintres, sculpteurs et architectes : « C'est une voûte en berceau, tracée en perspective, et divisée en caissons ornés de rosaces qui vont en diminuant, de sorte qu'on dirait que la voûte s'enfonce dans le mur. »
 
Masaccio. La Trinité, détail, Eglise Santa Maria Novella (1425-28)
Masaccio. La Trinité, détail, Eglise Santa Maria Novella (1425-28). La fameuse voûte qui « s'enfonce dans le mur »
 
Masaccio. Polyptyque de Pise, Adoration des mages (v. 1426) Masaccio. Polyptyque de Pise, Adoration des mages (v. 1426). Tempera sur bois, 21 × 61 cm, Staatliche Museen, Berlin. Selon la mythologie chrétienne, trois mages (astronomes) auraient suivi une étoile vers le lieu de naissance de Jésus-Christ. Arrivés près de Jésus, ils lui offrent l'or, l'encens et la myrrhe. Cet élément du polyptyque (19 éléments au total, tous ne nous sont pas parvenus) est très large et de faible hauteur. Masaccio concentre donc la scène principale au centre et réserve les extrémités pour les animaux.
 
Masaccio. Polyptyque de Pise, crucifixion (v. 1426)
Masaccio. Polyptyque de Pise, crucifixion (v. 1426). Tempera sur bois, 83 × 63 cm, Museo Nazionale di Capodimonte, Naples. Le Christ en croix est entouré de La Vierge Marie, sa mère, et de l'apôtre Jean. Marie-Madeleine est agenouillée. Il s'agit de la partie la plus haute du polyptyque. Cette image n'était donc pas destinée à être vue de face mais d'en bas, d'où la déformation volontaire du corps du Christ (pas de cou, déhanchement). Avec un regard en contre-plongée, tout reprend sa place (anamorphose perspective).
 
Masaccio. Polyptyque de Pise, crucifixion de Saint-Pierre (v. 1426)
Masaccio. Polyptyque de Pise, crucifixion de Saint-Pierre (v. 1426). Tempera sur bois, 22 × 31 cm, Staatliche Museen, Berlin. Mythologie chrétienne. L'apôtre Pierre fut arrêté par les romains car il prêchait le christianisme. Il fut condamné par le préfet Agrippa à être crucifié, sort réservé aux étrangers. Il demanda à être crucifié la tête en bas par humilité.
 
Masaccio. Saint Jérome et Saint Jean-Baptiste (1428)
Masaccio. Saint Jérome et Saint Jean-Baptiste (1428). Tempera sur bois, 125 × 59 cm, National Gallery, Londres. Il s'agit d'un élément d'un polyptyque peint pour l'église Santa Maria Maggiore de Rome en 1428 par Masaccio et Masolino. Masaccio ne peut terminer le travail puisqu'il meurt  cette année-là. Jérôme de Stridon (vers 347-420), dit Saint Jérôme par l'Église catholique, est un moine, traducteur de la Bible, fondateur de l'Ordre Hiéronymite, docteur de l'Église et l'un des quatre pères de l'Église latine. Jean le Baptiste ou Saint Jean-Baptiste est le prophète qui, selon la tradition chrétienne, aurait annoncé la naissance du Christ.

  

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Masaccio et Masolino

Masaccio

Commentaires (3)

Clément
  • 1. Clément | 19/01/2014

ces tableaux sont très beau j'aime beaucoup massacio

rivagedeboheme
  • 2. rivagedeboheme (site web) | 19/01/2014

Merci pour votre commentaire qui vient d'être publié :
http://www.rivagedeboheme.fr/pages/arts/peinture-15-16e-siecles/masaccio.html

cmoilaplusbelle
  • 3. cmoilaplusbelle | 23/04/2015

ouf j'avais un expo ça ma sauvé la vie merci!

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